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Arrêtons de dire “avortement”, et autres 8 mesures concrètes à adopter d’urgence

En France, 200 000 femmes connaissent chaque année une interruption naturelle de grossesse. Encore trop tabou, cette épreuve fait l’objet d’un forum et d’une pétition. A l’expression liberté !

l’avortement affecte une grossesse sur quatre au premier trimestre. 200 000 femmes vivent cette épreuve chaque année en France. Une femme sur dix risque de subir une fausse couche naturelle au cours de sa vie. Ces chiffres sont très importants, et pourtant ce sujet reste tabou.

Un groupe de personnes appelé “L’avortement, une vraie expérience”, souhaite la liberté d’expression et veiller à ce que les interruptions naturelles de grossesse soient mieux accompagnées. Ils viennent de publier une chronique sur Le monde et une pétition à signer.

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C’est l’auteure Judith Aquien qui est à l’origine de cette tribune écrite par des spécialistes du sujet tels que Fanny de Font-Réaulx, sandra lorenzo ou Mathilde Lemisle. Elle avait signé le livre passionnant. trois mois de silence.

arrêtons de dire

Huit étapes concrètes

Si vous n’avez pas vécu de fausse couche, vous connaissez forcément quelqu’un qui en a vécu une voire plusieurs.

Mais dans les discussions, dans les médias, le sujet est encore très tabou. Cependant, les conséquences pour les personnes qui les vivent peuvent être très difficiles à comprendre. A la fois physique et psychologiqueceux-ci sont souvent vécus en silence, en secret.

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Pour venir en aide à ces personnes, le collectif « Capa Fausse, véritable expérience » propose huit étapes concrètes être lancé, rediffusé par Le monde :

« 1. L’établissement deune campagne nationale d’information multimédia sur l’interruption naturelle de la grossesse.

deux. L’établissement deun arrêt de travail 100% rémunéré d’au moins trois jours pour les femmes ayant eu une interruption naturelle de grossesse et leur conjoint (comme en Nouvelle-Zélande).

3. L’augmentation budgétaire dédiée aux hôpitaux pour permettre une meilleure prise en charge des interruptions naturelles de grossesse, première cause de consultation aux urgences gynécologiques. L’augmentation des effectifs et la création de places exclusives dans les maternités (pour mettre fin aux auscultations à côté des salles d’accouchement avec des bébés qui pleurent en arrière-plan).

Quatre. L’établissement de formation des sages-femmes et des gynécologues-obstétriciensavec la participation de patientes expertes (comme c’est le cas au Canada depuis trente ans), afin de permettre une meilleure prise en charge médicale des femmes qui viennent de subir une interruption naturelle de grossesse.

5. L’intégration dans les programmes de SVT et dans les cours d’éducation sexuelle, dès le lycée, del’enseignement de l’interruption naturelle de grossesse, ses causes biologiques et ses manifestations concrètes et corporelles.

6. La fourniture deune brochure sur les interruptions naturelles de grossesse dans toutes les maternités, les centres de protection de la mère et de l’enfant (PMI) et les cliniques de médecine générale, de sage-femme et de gynécologie, pour les femmes, leurs conjoints et les membres de leur famille. Brochure qui comprend des éléments explicatifs, mais aussi la mention d’associations, de groupes de discussion, de psychologues spécialisés qui peuvent vous aider.

7. Offrir la possibilité desuivi psychologique remboursé aux femmes en interruption naturelle de grossesse et à leur conjoint, pour les aider à traverser cette épreuve et envisager sereinement une future grossesse.

8. La création de’un numéro vert, plateforme d’écoute qui informe et oriente vers le soutien et les systèmes de soutien. »

A la lecture de ces mesures, on se demande pourquoi ce n’est pas déjà le cas.

Quant à l’arrêt de travail de trois jours, c’était l’un des 17 mesures pour mieux prendre soin et prendre en compte les trois premiers mois de grossesse, ainsi que les fausses couches, présenté par la députée Paula Forteza devant l’Assemblée en novembre 2021. Tous avaient été rejetés. C’est pourquoi il est important de revenir à l’accusation.

Un changement de vocabulaire et une conscience collective

La terminologie est importante. Le terme “faux” donne l’impression qu’il n’est pas réel, mais la souffrance associée à une interruption non désirée de grossesse l’est.

arrêtons de dire

De plus, extérieurement ça ne se voit pas, mais les personnes qui font face à cet événement le vivent dans leur corps, physiquement, c’est une vraie expérience. Dans Le mondele collectif explique le poids des mots :

« Finissons avec l’expression ‘avorter’ qui vous fait vous sentir coupable et invisible. Parce que rien n’est faux, et tout est vrai.

Parce que nous ne “commettons pas des avortements”, mais plutôt nous les subissons. Et que les mots pèsent sur nos esprits, dictent nos pensées et influencent nos actions. Parlons “d’interruption naturelle de grossesse”. Parce que c’est de cela qu’il s’agit et de ce que nous vivons dans notre corps. »

Pour que ces mesures parviennent aux pouvoirs publics, et pourquoi pas au débat sur l’élection présidentielle, il est important pour signer la pétition. C’est ici!

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Image en une : © Mathilde Lemiesle

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