avis 2 Rapide 2 Effrayant

Je dois aller (trop) vite

Peut-être que son statut de dernier blockbuster pré-Covid a joué en sa faveur, mais le premier Sonique a un incroyable capital de sympathie avec certains spectateurs et avec l’auteur de ces lignes (bien que le film a été atomisé dans nos colonnes). Derrière l’évidente tristesse de sa production design faite de cirage et de villes grisâtres, le long-métrage a pourtant la dimension d’un buddy movie humble et honnête, au point que sa fin parvient à créer une véritable émotion autour de la nouvelle famille retrouvée par notre préféré. hérisson. .

Pas de chance, Paramount n’a pas tardé à mettre une suite rapide avec, pour seule mise, l’éternelle plus grosse, la meilleure, la plus bruyante typique de ce type de projet. Depuis, sonique 2 déçoit dès ses premiers instants, où il nous fait comprendre que notre épineux Usain Bolt va se séparer de son partenaire Tom Wachowski (toujours interprété par James Marsden), parti au mariage de sa belle-sœur.

Si la note d’intentions laisse déjà à désirer, elle aurait pu fonctionner si elle avait été confiée à quelqu’un d’autre que le balai Jeff Fowler, déjà en charge du premier volet. Pendant l’intro horrible du film, où Sonic joue le super-héros du pauvre alors qu’il attaque des voleurs de convoi dans les rues sombres de Seattle, la boiterie abyssale du montage laisse entrevoir le pire de ce que les images ont à offrir.

sonique 2 : image sonoreSéga-lère

hérisson épicé

Heureusement, cette énième séquence d’action urbaine et nocturne (décidément le fléau des blockbusters sans imagination d’aujourd’hui) laisse rapidement place à une dimension globe-trotteuse quelque peu exotique. Avec sa caméra en balade en Sibérie avant de rendre hommage à un niveau culte du jeu vidéo, sonique 2 enfin il semble exploiter (au minimum) les possibilités de son univers.

Le problème, c’est que c’est la seule ambition claire du film, dont la production précipitée a été pensée avec le même cynisme que les DTV que Disney a poursuivies dans le passé pour suivre ses plus grands succès. Cette paresse est évidente la qualité très fluctuante des effets visuelscouvert de textures moches et d’aliasing indigne d’un blockbuster de ce genre.

Sonic 2 : Image de la queueAttention, l’un des rares plans CGI bien rendus du film !

Cet aveu d’échec est d’autant plus aberrant que l’histoire ajoute deux personnages de synthèse à l’équation, à tel point qu’on en vient à se demander si sonique 2 il ne cherche pas à rendre hommage aux pires heures du personnage lors de sa transition des jeux 2D aux jeux 3D. Façon de mettre en scène involontairement le coma vidéoludique du héros, tout donne la triste impression d’être sous respirateur artificiel. Il ne reste que Jim Carrey, de retour en tant que dessinateur Dr. Robotnik, qui aime libérer toute son énergie ludique dans des scènes comiques très étranges.

Sonic 2: photo, Jim CarreyHeureusement, le masque est là

Ça ne sert à rien de courir, il faut partir à l’heure

Mais le pire avec sonique 2il est à noter au fur et à mesure que le film avance qu’il tombe dans un normativisme désincarné, qui cherche à courir après les formules du moment. Pour être encore plus précis, l’icône Sega ne cherche plus à jouer côté Nintendo, mais côté Marvel. On sait que le succès du MCU fait l’envie des gens depuis des années, mais ici le film de Jeff Fowler bat tous les records.

Entre un stupide Knuckles et un élève de CP comme Drax dans gardiens de la Galaxieet une rivalité à la mode comme dans Guerre civile, sonique 2 confirme que les codes Marvel sont devenus l’alpha et l’oméga d’une culture pop qui n’offre plus d’alternative. Même le hérisson bleu compare son adversaire au Soldat de l’Hiver, incluant dans sa diégèse l’hégémonie d’un système transformé en simple algorithme. Fowler se retrouve ainsi à recycler les drôles d’idées scéniques du concours, à l’instar de ces points géographiques présentés dans des textes qui occupent tout l’écran, comme dans les montages pachydermiques des frères Russo.

Sonic 2 : Image de KnucklesUn film pieds et poings liés ?

A partir de là, le film court à sa perte et déploie en vain son énergie. sans jamais envisager de surprises (jusqu’à sa scène post-crédits avec le grill à des kilomètres). Bien sûr, le grand acte final basé sur un robot attise le plaisir rétrograde, mais il est trop tard. sonique 2 il a lâché l’affaire depuis longtemps et se contente d’organiser son fan service pour exciter les nostalgiques.

Encore une fois, Paramount convient mieux au talent de Marvel, qui réside moins dans la cohérence créative que dans sa méthode de conservation de ses éléments mythologiques. Pour un film consacré au hérisson le plus rapide du monde, il faut croire qu’un film dont le plaisir s’apparente à celui de l’éjaculation précoce est assez cohérent.

Sonic 2 : Affiche

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