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Camps de Tindouf : le Polisario face à une grave rébellion, dans un contexte de dissensions tribales

L’incarcération de quatre jeunes Sahraouis, dimanche dernier, 20 mars 2022, par les forces du Polisario, puis leur libération alors qu’ils présentaient encore de graves signes de torture, ont provoqué un violent accès de colère dans les camps de Lahmada.

Un vent violent de rébellion, alimenté par des dissensions entre factions au sein d’une même tribu que le Polisario gouverne sans partage, à savoir les Reguibat, souffle actuellement sur les camps sahraouis de Lahmada, dans l’extrême sud-ouest de l’Algérie.

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Ce vendredi 25 mars, à l’aube, des hommes de la faction Oulad Moussa (Reguibat) ont attaqué le poste de contrôle du Polisario installé à la sortie du camp dit « Smara » en direction de Rabouni (Dairat Mhiriz). Tous les gardes qui s’y trouvaient ont été ligotés et agressés par le groupe d’assaillants en colère, qui ont également mis le feu à leur véhicule de « service ». Cette attaque intervient en représailles aux actes de torture dont ont été victimes de jeunes sahraouis dans les locaux de la “police du Polisario”.

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photo de la voiture brûlée du polisario

Une voiture de police du Polisario incendiée ce vendredi 25 mars par des Sahraouis en colère des camps de Tindouf.

© Copyright : DR

Les quatre jeunes Sahraouis en question, appartenant à la faction Oulad Moussa, ont été arrêtés dimanche dernier par des policiers de la même tribu Reguibat, mais appartenant à la faction Lebouihate.

Par ailleurs, un incident tribal similaire s’était produit une semaine plus tôt, lorsqu’une quarantaine de personnes appartenant aux factions Oulad Moussa et Swaed (une autre faction Reguibat), avaient attaqué un commissariat du Polisario et libéré deux jeunes hommes, « kidnappés » le jour même par les Lebouihate. . clan.

Mais ce qui a mis le feu aux poudres ce vendredi 25 mars, ce sont les traces apparentes de torture sur les corps de ces jeunes, qui auraient eux aussi été filmés de manière dégradante par les sbires du Polisario.

C’est sous la forte pression de leur clan tribal que le Polisario a été contraint de libérer, dans l’après-midi du jeudi 24 mars, les quatre jeunes Sahraouis, les frères Najem et Cheikh oulad Aynina, Mohamed ould El Faqir et Mohamed Ould Deida. Ces derniers ont immédiatement accusé les policiers de Lebouihate de les avoir torturés.

Or, cette dernière faction tribale est connue pour monopoliser les services dits secrets du Polisario et est régulièrement accusée d’exactions et de violences policières dans les camps. Cette mission répressive lui a été confiée par son “cousin” tribal Brahim Ghali, également Reguibat de la faction Oulad Taleb, dans le cadre de la répartition des tâches en faveur de sa tribu. Mais cette mayonnaise n’a finalement pas pris.

Car, dans la mentalité des jeunes Sahraouis des camps de Lahmada, déjà rongés par l’oisiveté et stressés par un avenir complètement obstrué, le cinéma Polisario, avec sa “RASD”, sa police, sa gendarmerie, son tribalisme…, pas seulement cela n’arrive pas, mais il est régulièrement ridiculisé, voire violemment contesté pour des actes de défiance à l’intérieur des camps. C’est vrai, et même si Brahim Ghali pensait avoir trouvé un paquet de légitimité en se pavanant à Bruxelles, lors du récent sommet UE-UA à la mi-février de l’année dernière, des centaines de jeunes des camps de Tindouf ont attaqué les “institutions” du Polisario à Rabouni , depuis régulièrement la cible d’incendies, tandis que les dépôts de carburant et autres entrepôts ou réservoirs d’eau appartenant aux milices du Polisario sont très souvent détruits et pillés.

Une lassitude générale résumée par un média du Polisario à travers la description du climat explosif qui règne actuellement dans les camps de Lahmada, où la scolarisation des enfants est à l’arrêt pour cause de non-paiement des salaires des enseignants depuis septembre dernier, des centres de santé qu’ils n’avaient même pas le strict minimum et les habitants des camps étaient livrés au vol à main armée, aux enlèvements, aux extorqueurs, aux trafiquants de drogue et aux trafiquants d’armes…

Pendant ce temps, le Polisario et l’Algérie tentent de cacher leurs déboires diplomatiques amers à travers le confinement des camps, la répression policière et leurs 500 communiqués militaires mensongers sur la guerre fictive contre le Maroc.

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