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Comment la dépression post-partum peut affecter le système immunitaire

L’ESSENTIEL

  • Après l’accouchement, de nombreuses femmes éprouvent une tristesse incontrôlable ou des pleurs qui disparaissent rapidement, appelés baby blues.
  • Elle doit être différenciée de la dépression post-partum qui nécessite une prise en charge rapide et adaptée de la mère.

Entre 10 et 15% des jeunes mamans souffrent de dépression post-partum en France, selon un rapport de la Commission des 1000 premiers jours publié en septembre 2020. La période post-partum va de l’accouchement à environ six semaines après et à ce moment, certaines femmes peuvent souffrir de dépression, de dépression post-partum. Les symptômes sont généralement une fatigue intense, des difficultés à gérer le stress, des pleurs incontrôlables, de l’irritabilité, une dévalorisation de soi, une incapacité à apprécier la parentalité, des idées noires, etc. Ces signes doivent alerter car cette maladie peut avoir des conséquences graves. En effet, selon un rapport de l’Enquête Nationale Confidentielle sur les Décès Maternels (Encmm) pour la période 2013-2015, Le suicide est la deuxième cause de mortalité maternelle en France.

Une maladie encore peu connue au niveau biologique

Nous n’avons pas compris la dépression post-partum», explique Jerry Guintivano, l’un des auteurs d’une étude sur les mécanismes biologiques de cette maladie qui vient d’être publiée dans la revue Psychiatrie moléculaire. Une grande partie de la recherche biologique se concentre sur les gènes et les hormones, nous sommes avancés (au niveau scientifique) sur certains médicaments spécifiques pour la dépression post-partum, mais il est important d’élargir les voies thérapeutiques pour la traiter car toutes les manifestations de la dépression post-partum ne sont pas les mêmes”.

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L’importance des cellules B

Pour mieux comprendre les mécanismes biologiques de cette maladie, les auteurs ont analysé des échantillons de sang de 1 500 femmes, dont 482 souffraient de dépression post-partum. Ils ont également étudié l’ARN et l’ADN de ces femmes, deux facteurs qui n’avaient jamais été pris en compte dans les études précédentes. Ainsi, ils ont découvert que la différence entre les femmes souffrant de dépression post-partum et celles qui n’en avaient pas était les lymphocytes B. globules blancs qui jouent un rôle important dans le système immunitaire. Ils aident l’organisme à se défendre contre les attaques infectieuses en produisant des anticorps.

Changements hormonaux dans le système immunitaire.

Le système immunitaire joue un rôle très important et délicat pendant la grossesseexplique Jerry Guintivano, l’un des auteurs. Il doit prévenir la propagation d’un rhume, mais aussi affiner pour ne pas identifier le fœtus comme un corps étranger et l’attaquer. Ensuite, dans la période post-partum, toutes les hormones sont réinitialisées à la période précédant la grossesse.”. Autrement dit, le système immunitaire d’une femme est mis à rude épreuve lorsqu’elle est enceinte car il doit s’adapter, ce qui implique des changements hormonaux majeurs.

continuer à enquêter

Selon les conclusions des chercheurs, lors de la puerpéralité les lymphocytes B des femmes qui souffrent de dépression et de celles qui n’en souffrent pas seraient donc très différents de ceux des patientes qui n’en souffrent pas. “Ce n’est vraiment que la première étape d’une longue série de recherches qui doivent maintenant être faites.Jerry Guintivano continue. Nous ne savons toujours pas pourquoi les lymphocytes B changent. Reflètent-ils un autre changement dans le corps causé par la dépression post-partum ou ce qui en est la cause ? Quelle est la raison du changement dans les lymphocytes B ?”. Les chercheurs espèrent trouver la réponse à ces questions dans de futures études.

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