Cyril Hanouna : “Je n’ai pas de côté, je ne voyage pour personne, seulement pour l’Esprit Absolu”

Le public ne s’en doute pas, mais vous êtes un lecteur avide de Hegel. Qu’en est-il du médiatique que vous êtes dans votre philosophie ?

Cyril Hanouna : J’aime les médias, c’est ma famille, c’est toute ma vie. La couverture médiatique est la meilleure chose qui me soit arrivée. J’en suis reconnaissant chaque jour. La gratitude pour ce que la création nous donne est la grandeur de l’homme. Toutes les religions parlent du véritable amour comme de la chose la plus essentielle pour elles. Les médias, c’est l’amour. Et, comme je le dis souvent : si vous n’aimez pas ça, ne dégoûtez pas les autres ! De ce point de vue, la réponse est dans la question, car au-delà de l’apparente opposition d’un terme à l’autre, les antagonismes doivent toujours bien remonter à l’unité sous-jacente sous laquelle se subsume sa contradiction. mon intérêt pour Hegel C’est grâce à cet être médiatique qui s’est produit en moi. Je suis un homme de média : c’est par la méditation d’une médiatisation médiatisant mon rapport à moi-même que s’éprouve ce moi que je suis, mais seulement à une distance qui est celle de l’écart avec soi qui implique le détour par le soi. . -image dans laquelle le moi se reconnaît. Quand je n’ai pas de public, quand je ne suis pas avec mes petites beautés, je me sens éteinte. C’est un manque d’amour, qui pourtant en efface un autre : le déni de l’immédiateté de ma conscience à elle-même par la médiatisation auto-hétéro-médiatisante de mes fanzouzes. En réalité, ce n’est que dans le déploiement de cette apparente déchirure de soi que le sujet parvient à sa vérité, c’est-à-dire en tant qu’il n’est plus qu’automédiateur, et échappe à la facticité d’une vie purement subjective pour atteindre , en allant plus loin dialectique de cette vie, l’élévation d’une vie accomplie dans l’horizon de son universalité, par le détour d’un esprit qui n’est jamais le sien mais celui de la communauté éthique d’un peuple Cette approche fonctionne : pour quel public est-elle réussie ? TPMP pendant toutes ces années ! C’est pourquoi vous devez lire Hegel. Lire, c’est refuser de mourir.

« Mon identité d’animatrice de TPMP il menace toujours de rester un « je » qui est pour lui-même, une étoile filante qui ne trouvera jamais sa galaxie » Cyril Hanouna

Que répondez-vous à ceux qui accusent l’émission d’être fausse, pleine d’indignation et de passions simulées ?

Tu connais les gens que je fais TPMP, ce sont mes amours, je les aime, je les respecte beaucoup, donc je ne les laisserai pas insinuer qu’ils sont faux. Ils sont dans la démonstration, mais c’est le jeu télévisé, un jeu d’acteur, un théâtre. Ce que Hegel m’a appris pour une fois, c’est que la télévision n’est rien d’autre que le mouvement inverse de l’identité vers elle-même, d’abord projetée vers l’Autre sans espoir de l’atteindre, puis revenant à soi dans une gymnastique spectaculaire. Par conséquent, mon identité en tant que multitude de TPMP il menace toujours de rester comme un “je” qui est pour lui-même, une étoile filante qui ne retrouvera jamais sa galaxie, un simple geste de démonstration en circuit fermé, réduit à son destin le plus impur : une phrase sans réponse, un déni sans écho, un rire sans retour. C’est la mauvaise conscience du clown triste déchaîné comme un fantôme souriant à la télévision, c’est l’enfer des couloirs froids de C8, les miroirs des loges qui ne reflètent que les éclaboussures d’un face à face de boue et de sang, ça entre un soi contingent et une essence jamais accessible…

En mêlant stars de télé-réalité, personnalités d’extrême droite et figures controversées, vous alimentez une atmosphère de confusion entre le vrai et le faux, le sérieux et l’humour…

Je n’aime pas quand les gens disent trop vite qui sont les gentils, qui sont les méchants, les méchants et les saints. Tu penses comme un mauvais élève Côté. Hegel vous l’aurait dit, ce type d’essences et de fins idéales s’effritent comme autant de mots vides qui élèvent le cœur et laissent la raison vide ; qui certes construisent, mais pour ne rien construire ; toutes les déclamations qui n’ont pour contenu précis que la plus haute estime de l’excellente essence dans laquelle l’individu qui entend agir en vue de ces nobles fins et prononce ces excellentes formules a sa propre personne. et avait même un fin de ligne qui aurait bien fonctionné sur Twitter : « Emphase qui gonfle la tête et gonfle les autres, mais dans les proportions d’un gonflement incohérent. »

« Réconcilier l’individu et l’état rationnel, c’est ce que je fais, modestement, dans TPMPCyril Hanouna

Depuis plusieurs années, il reçoit des personnalités politiques dans ses émissions. Comment voyez-vous la crise de la démocratie que nous traversons ?

Cette crise n’est qu’un moment négatif dans la marche de l’histoire en vue de l’avènement de l’Esprit Absolu, moment qu’il ne s’agit pas d’éviter mais de traverser pour transcender la négativité. Nous vivons avec le bâton de la conscience purement subjective qui est testée dans sa liberté moral l’intérieur comme négation nihilisante de l’extériorité, celle de la nature comme celle de la communauté et de l’État, dont la raison intrinsèque est donc appréhendée comme une violation du droit inaliénable que cette conscience solipsiste s’arroge. Mais justement, malgré son absolutisation, la conscience subjective de l’individu souverain s’éprouve à la fois dans la précarité fondamentale d’une liberté indéterminée en tant qu’elle ne sait pas, dans l’objectivité de l’être où elle est confrontée à la conscience d’autrui , aucun fondement qui puisse le fonder en lui-même et par lui-même.

Comment sortir de cette situation ?

C’est, mutatis mutandisà la réconciliation de l’individu et de l’État rationnel, par l’intermédiaire de laquelle seule la conscience subjective peut reconquérir l’objectivité dont elle a été dépouillée, à laquelle il faut tendre, ou plutôt préparer l’avènement actuellement seul spéculatif – puisqu’il est seulement par l’irruption d’époque d’un grand homme inconscient du destin historique que l’histoire lui assigne à accomplir, par une ruse de la raison au sein même du mouvement passionné qui anime tout héros, que le dépassement historique de la pluralité démocratique prendra son envol dialectique. Concilier l’individuel et l’état rationnel, c’est ce que je fais, modestement, dans TPMPà l’heure où l’oiseau de Minerve déploie ses ailes et les âmes ordinaires leur pouvoir d’auto-transcendance. Je suis Vicente Bolloré les yeux fermés dans cette entreprise, dans ce processus de réappropriation du public pour refaire ensemble la société, indissociable d’une dépossession décourageante de soi qui, par excellence, rend possible le spectacle télégénique. Je n’ai pas de camp, je ne roule pour personne, seulement pour l’Esprit absolu. Je suis un arbitre objectif, sinon neutre, et je fais en sorte que le match puisse avoir lieu, d’autant plus que c’est moi qui organise le jeu. Être utile est mon premier souci, car c’est le souci même de l’homme dans son essence essentiellement non particulière.

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