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Décès de Sidney Altman, né à Montréal, co-lauréat du prix Nobel de chimie

Le scientifique canado-américain Sidney Altman, co-lauréat du prix Nobel de chimie 1989 pour ses découvertes sur l’ARN, qui est au cœur de deux vaccins contre COVID-19[feminine, décédé le 5 avril. Il aurait fêté ses 83 ans dans un mois.

La communauté scientifique est en deuil, et particulièrement à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) et au Département de biochimie et médecine moléculaire de l’Université de Montréal, qui a récemment accueilli cet éminent chercheur à titre de professeur résident et de professeur invité.

Né en 1939 dans le quartier montréalais de Notre-Dame-de-Grâce de parents est-européens, Sidney Altman fait ses études universitaires aux États-Unis, d’abord au Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston, où il complète un baccalauréat . en physique, puis à l’Université du Colorado, où il a obtenu un doctorat en biologie moléculaire

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Il effectuera ensuite un premier stage postdoctoral à l’université de Harvard, puis un second à l’université de Cambridge, en Angleterre, au sein du groupe de Francis Crick, co-découvreur de la structure de l’ADN. “C’est là qu’il a eu ses premières connaissances sur les fonctions possibles de l’ARN”, l’acide ribonucléique, souligne D.r Jean-François Côté, président et directeur scientifique par intérim de l’IRCM.

Un ami proche de M. Altman, l’ancien directeur de l’IRCM Michel Chrétien raconte qu’il a ensuite tenté « d’obtenir un poste dans une université canadienne, mais qu’il n’a pas pu le trouver ».

Il a finalement été embauché par l’université de Yale, dans le Connecticut, où il est resté jusqu’à sa mort, “offrant de poursuivre la recherche sur l’ARN, ce qui était assez audacieux car jusque-là les gens croyaient que” l’ARN messager (ARNm) n’était qu’une copie de l’ADN et que cela molécule ne valait pas la peine d’être étudiée », explique le Dr.r Côté. “Et c’est pourquoi c’était un grand défi d’obtenir le financement initial”, souligne-t-il.

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contre le dogme

Rappelons que lors de la production d’une protéine, la séquence d’ADN qui la code est d’abord copiée sous forme d’ARN messager (ARNm). De petites molécules d’ARN de transfert (ARNt) sont également générées, correspondant aux triades de nucléotides (constituants de base de l’ADN). Ces petits ARNt sont ensuite utilisés pour décoder l’ARNm et transmettre cette information à la cellule afin qu’elle puisse synthétiser la protéine en question.

Le Dr Altman savait que ces petits ARNt étaient produits sous une forme inactive et qu’une petite partie de leur séquence devait être clivée par une enzyme pour que ces molécules deviennent fonctionnelles. « Le dogme à l’époque était que toutes les enzymes étaient des protéines. Pour 10 ans, [Sidney Altman] a cherché la protéine qui clivait l’ARNt et s’est finalement rendu compte que ce n’était pas une protéine, mais l’ARN lui-même qui réalisait cette activité exzymatique », explique le Dr.r Chrétien.

« Il a eu beaucoup de mal à faire accepter cette découverte, car elle allait à l’encontre des dogmes. Mais il avait des preuves chimiques convaincantes, qui ont été confirmées par Thomas Cech, un autre Américain qui travaillait sur le même problème, mais avec une approche différente. Cette preuve était telle qu’elle a permis à Altman et Cech d’obtenir le prix Nobel de chimie en 1989 », se souvient-il.

« Cette découverte était également révolutionnaire [parce qu’en mettant en évidence le rôle primordial de ces ARN catalytiques dans la synthèse des protéines]remis en cause l’hypothèse proposée pour expliquer l’origine de la vie”, insiste M.r Chrétien.

Montréalais dans l’âme

Ce dernier est également très attristé par le décès de son grand ami. « Son attachement à Montréal nous a tout de suite rapprochés. Et nous partageons aussi des idées scientifiques, car je travaille depuis 1967 sur des protéines qui ont aussi besoin d’un clivage enzymatique pour s’activer ! »

« La découverte du Dr Altman a suscité un réel intérêt pour l’étude de l’ARN, qui est maintenant utilisé dans le développement de vaccins et de thérapeutiques. En voyant tous les effets secondaires de la recherche sur l’ARN au cours des 30 dernières années, vous réalisez qu’il était vraiment un visionnaire », déclare le Dr.r Côté, également triste d’avoir perdu ce collègue exceptionnel.

En tant que professeur résident à l’IRCM, Sidney Altman a apporté sa vaste expérience au groupe de recherche sur l’ARN de l’Institut l’automne dernier, explique le Dr.r Côté. « Il donnait un cours par Zoom aux étudiants de l’Université de Montréal, il était actif dans nos demandes de bourses et il devait venir travailler avec nous à Montréal quelques mois par année, mais malheureusement la maladie l’a emporté. »

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