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Des dizaines de civils fuyant l’est de l’Ukraine tués dans une attaque ferroviaire

Au moins 35 personnes ont été tuées vendredi dans une attaque au missile dans une gare du Donbass où des civils se précipitaient pour fuir l’est de l’Ukraine, cible des forces russes, un massacre “inhumain” dénoncé par le président Volodymyr Zelensky.

L’attaque sanglante survient alors que l’indignation internationale était déjà forte à la suite d’images d’atrocités dont l’armée russe a été accusée dans les villes qu’elle s’est retirées autour de la capitale, Kiev, où de hauts responsables européens devaient montrer leur soutien à l’Ukraine face à la crise. invasion russe. C’est la gare de Kramatorsk, la “capitale” du Donbass sous contrôle ukrainien, qui a été la cible de l’attaque. Les secours ont fait état d’au moins 35 morts et 100 blessés et des journalistes de l’AFP sur place ont aperçu au moins une trentaine de corps dans des sacs mortuaires devant la gare, utilisés pour l’évacuation de la population civile de la région.

Des valises abandonnées jonchaient les quais et les abords de la gare et les trottoirs étaient tachés de sang et sur l’esplanade devant la gare les restes d’un missile étaient encore visibles, sur lequel on pouvait lire en russe “Pour les enfants”. “Je cherche mon mari, il était là, je ne le localise pas”, a déclaré à l’AFP une femme tremblante et sanglotante, hésitant à s’approcher des corps, son téléphone collé à son oreille. Le président Zelensky a dénoncé le “mal illimité” déchaîné par la Russie et les méthodes “inhumaines”. « Sans la force et le courage de nous affronter sur le champ de bataille, ils anéantissent cyniquement la population civile.

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C’est un mal qui n’a pas de limite. Et s’il n’est pas puni, il ne s’arrêtera jamais”, a-t-il écrit sur Telegram. Le ministre des Affaires étrangères de l’UE, Josep Borrell, en route pour Kiev avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a “fermement condamné” une “attaque aveugle”.

Un argument déjà utilisé pour démentir les accusations d’atrocités et de crimes de guerre, notamment à Boutcha, à 30 km au nord-ouest de Kiev, bombardée puis occupée pendant un mois par des soldats russes, et où des dizaines de cadavres habillés en civil, dont certains avec les mains liées dans le dos, ils ont été découverts après leur départ.

Le ministère russe de la Défense avait indiqué vendredi que l’armée russe avait détruit “des armes et du matériel militaire aux stations de Pokrovsk, Sloviansk et Barvinkove” avec des missiles de haute précision, tous situés non loin de Kramatorsk.

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Après avoir retiré ses troupes de la région de Kiev et du nord de l’Ukraine, la Russie a fait de la conquête du Donbass, dont une partie est contrôlée depuis 2014 par des séparatistes pro-russes, son objectif prioritaire. Multipliez vos attaques au sud et à l’est. Les autorités ukrainiennes tentent d’évacuer les civils.

Les évacuations par train, qui avaient été interrompues en raison de la destruction d’une partie de la voie ferrée, avaient repris dans la nuit de jeudi à vendredi, selon le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï, qui applaudissait depuis plusieurs jours les habitants à partir. pour ne pas “se condamner à mort”. “Trois trains d’évacuation transportant des habitants de la région de Lougansk et de Donetsk ont ​​pu partir vers l’ouest. La voie a été réparée”, a-t-il déclaré tôt vendredi, avant l’attaque de la gare de Kramastorsk.

Suite à la vague d’indignation qui a suivi la diffusion des images de Boutcha notamment, la Russie a été suspendue jeudi par un vote du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et est tombée sous le coup de nouvelles sanctions économiques internationales. Le président des États-Unis, Joe Biden, qui avait adopté la veille un nouveau train de sanctions économiques “dévastatrices”, a qualifié d'”insulte à l’humanité” les “indices de viols, tortures, exécutions”, et assuré que “les mensonges de la Russie ne résistent pas aux preuves indiscutables de ce qui se passe en Ukraine.

Les pays du G7 ont suivi les traces des sanctions, y compris l’interdiction de tout nouvel investissement dans les secteurs clés de la Russie. Vendredi, le Royaume-Uni a annoncé qu’il sanctionnait les deux filles du président russe Vladimir Poutine et celle du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour l’invasion de l’Ukraine, affirmant qu’il voulait s’attaquer au “style de vie somptueux du cercle restreint du Kremlin”. Et l’Union européenne a également adopté jeudi soir un nouvel ensemble de mesures punitives, dont un embargo sur le charbon russe.

C’est la première fois que les Européens frappent le secteur énergétique russe, dont ils dépendent fortement. L’UE importe 45 % de son charbon de Russie, pour une valeur de 4 milliards d’euros par an. Cet embargo entrera en vigueur début août. Le Japon a également annoncé qu’il interdirait l’importation de charbon russe.

Bruxelles prévoit d’interdire les exportations vers la Russie jusqu’à 10 000 millions d’euros, de nouvelles sanctions contre les banques russes et la fermeture des ports européens aux navires russes. Dans le même temps, l’UE est prête à débloquer 500 millions d’euros supplémentaires pour financer l’armement de l’Ukraine. Kiev demande la fourniture “immédiate” d’armes, avant qu’il ne soit trop tard pour faire face à une nouvelle offensive russe à l’Est. L’Otan a promis jeudi par la voix de son secrétaire général, Jens Stoltenberg, “un soutien significatif”.

De nombreux observateurs pensent que le président russe Vladimir Poutine veut désespérément s’emparer du Donbass avant le défilé militaire du 9 mai marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale, la célébration la plus importante de la Russie. Les répercussions indirectes du conflit continuent également de se faire sentir dans le monde entier.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a déclaré vendredi que les prix mondiaux des denrées alimentaires avaient atteint leurs “niveaux les plus élevés jamais enregistrés” en mars en raison de la guerre en Ukraine qui perturbe les marchés des céréales et des huiles végétales. Une annonce qui fait craindre une crise alimentaire mondiale et les possibles troubles socio-politiques qui pourraient en résulter dans certains pays.

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