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Du Lac du Der à Edimbourg, avec un fossile de la Marne, pour étudier les secrets des dinosaures rescapés de l’extinction

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L’étude vient d’être publiée dans la revue La science, un hebdomadaire américain de renommée mondiale. Elle tend à montrer que les mammifères de la préhistoire ont survécu à la catastrophe, à l’origine de l’extinction des dinosaures, grâce à une capacité d’adaptation dérivée, non d’un accroissement salvateur d’intelligence, comme on aurait pu le croire, mais d’un gain rapide de la masse corporelle, facteur déterminant qui leur a permis de pallier la survenue de troubles environnementaux majeurs. « Le cerveau ne m’a pas suivi. Elle est même relativement plus modeste si l’on en juge par le rapport qu’elle entretient avec la masse corporelle.explique la paléontologue Ornella Bertrand, chercheuse principale sur ce sujet. « Jusqu’à présent, on pensait que le cerveau évoluait dans une relation à peu près identique au reste du corps. La disparition des dinosaures autorisait toutes les hypothèses de diversification possible. C’est la science, une réévaluation éternelle du savoir. »

Aujourd’hui, cette découverte par l’Université d’Edimbourg elle-même -basée en partie sur l’analyse d’un fossile trouvé près de Reims- modifie la perspective de la transformation des êtres vivants aux yeux de ceux qui ont passé leur enfance à Éclaron, une charmante petite ville au bord du lac du Der, avant de poursuivre ses études au collège La Noue et à l’institut Saint-Exupéry à Saint-Dizier, puis à Nancy, Montpellier, aux États-Unis et au Canada. Par ailleurs, beaucoup la connaissent à Vitry-le-François pour avoir côtoyé sa mère, Véronique Baudouin, à la tête du centre de formation du même nom et à la présidence de l’association d’insertion Au Fil des Chemins. “Ce type d’études montre que nous avons encore beaucoup à apprendre sur l’évolution du cerveau chez les animaux et sur la façon dont ils forment de nouveaux écosystèmes”Le Dr Ornella Bertrand vulgarise. « Il serait intéressant de savoir ce qui se serait passé si les dinosaures avaient survécu. L’homme serait-il ce qu’il est aujourd’hui ? J’aime la paléontologie dans sa façon de questionner l’environnement et de nous dire que, finalement, nous ne sommes pas si spéciaux. Nous voyons que le développement du cerveau n’est pas gratuit. Il y a un prix important à payer, celui du sommeil, celui de la nourriture. C’est du travail, ce n’est pas un cadeau qui nous est fait parce que nous le méritons. Nous ne sommes pas différents des autres.
Chaque mammifère a simplement suivi un parcours différent, les besoins d’adaptation au milieu n’étant pas les mêmes pour tous. »

Le fossile mis au jour à Berru, près de Reims, n’est autre

que celle d’un mammifère

paléocène carnivore

Au total, trente-quatre fossiles ont été utilisés pour ses recherches, et ils ont été passés au peigne fin par tomodensitométrie, c’est-à-dire un examen radiologique qui capture des images en trois dimensions. Ainsi, un large échantillon de mammifères a pu être scanné, provenant de divers groupes d’animaux dont les homologues actuels sont difficiles à trouver. Or l’endocrâne d’une petite ville proche de Reims, Berru, et qui est aujourd’hui conservé au Muséum royal des Sciences naturelles de Bruxelles, n’est autre que celui d’un mammifère carnivore du Paléocène : l’Arctocyoncousin des cochons, moutons et autres ongulés des temps récents. “La technologie a rendu possible cette recherche qui n’aurait probablement pas été possible il y a dix ans”, reconnaît Ornella Bertrand, avant d’admettre : « J’aimerais que les fouilles reprennent là-bas. Il doit y avoir d’autres spécimens. »

Trentenaire, passionnée, elle s’est toujours lancée tête baissée dans “ce travail de détective”et espère, un jour, pouvoir le suivre en France.

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