Enfance, musique, amour : Hoshi se confie à son Zénith de Toulouse

l’essentiel
Son deuxième album, “Sommeil Levante”, est complété par un album complet intitulé “Etoile flippante”. Hoshi présentera l’ensemble à son premier Zénith de Toulouse, finalement prévu le mardi 12 avril.

Mathilde Gerner, alias Hoshi, n’a que 25 ans mais s’est déjà taillé une solide place dans la chanson française. Après le triomphe de son premier album, le bien nommé “Basta croyez-le”, en 2018, l’artiste a manqué de chance avec le second, “Rising Sleep”, sorti en 2020, en pleine pandémie. Malgré le confinement, malgré une tournée plusieurs fois repoussée, l’album s’est bien défendu, au fil des semaines, atteignant les 50 000 exemplaires vendus (ce qui en fait un disque d’or). Il se décline en version collector avec un 2e CD, « Etoile flippante », qui compte pas moins de 13 titres inédits et 4 réenregistrés avec quatuor à cordes.

Comment avez-vous conçu votre spectacle pour les Zéniths ?

C’est la première fois que je chante dans de telles salles. C’est gros, mais je vais réussir à rester le plus près possible. J’ai besoin de voir les yeux des gens. Visuellement, j’utiliserai les codes asiatiques de mes pochettes d’albums, notamment les dessins illustrant “Rising Sleep”, et il y aura beaucoup de vidéo.

Pourquoi avez-vous sorti, un an plus tard, une édition collector qui correspond en fait à un double album ?

Mon disque est sorti quand tout a fermé. Pendant le confinement, j’écrivais pour lutter contre l’ennui. Je n’avais pas envie de creuser, de choisir entre les nouvelles chansons pour le traditionnel petit complément d’une édition bis. Je me sentais sans limites. J’avais peur de devoir attendre trop longtemps pour sortir un autre album, alors j’ai mis tout ce que j’ai pu !

Beaucoup de vos chansons expriment une idée violente de l’amour, faite de déceptions, de disputes, de séparations…

Je suis une personne très mélancolique et je trouve du plaisir à exprimer cela. J’aime trouver le positif dans le négatif, montrant toute l’ambiguïté de l’amour. Si je devais dire que tout va bien dans mes chansons, je ne ferais pas ce travail. Le bonheur en musique ce n’est pas mon truc !

Vous faites partie des jeunes chanteurs qui prennent position, notamment en matière de liberté sexuelle. Vous sentez-vous comme le porte-parole d’un combat ?

Je ne me suis jamais défendu ainsi, bien que “Censura de amor” (contre l’homophobie, ndlr), notamment dans sa version télévisée, en 2020, aux Victoires de la musique, ait mis le ton. Ce que je vois dans les concerts, c’est que cette chanson fait du bien à beaucoup de gens, ce qui me rend heureux.

Vos chansons mènent souvent à la danse…

Sur la première tournée, j’étais un peu frustré de ce côté-là. Là je me laisse aller pour que les nouvelles chansons me donnent envie de bouger. J’ai pu donner quelques concerts intimistes avant les Zénith. Il bouge dix fois plus qu’avant ; je me sens trop bien. Nous serons cinq sur scène, dont un musicien.

Comment, Hoshi, ne pratiquez-vous pas la parité ?

D’une certaine manière, c’est parce que mon batteur n’est pas binaire. Nous serons donc moitié-moitié !

Une de vos chansons s’intitule “La vie ne fait pas de cadeaux”. Penses-tu toujours comme ça depuis le succès ?

Je me dis souvent : oh la la, la vie ne fait pas de cadeaux. C’est alors que vous ne réalisez pas à quel point il est puissant. J’ai récemment perdu le grand-père qui m’a élevé. Il incarnait la lumière ; il m’a appris tout ce que je sais. Il connaissait bien l’histoire de France… et celle des autres pays. La géographie aussi. Il m’a appris la musique, il m’a offert de nombreux vinyles depuis l’âge de 5 ans. Ecouter Brel quand on est gamin, c’est un choc ! Faire des jeux de mots avec Brassens, c’est pas mal non plus. J’ai aussi découvert les classiques (Chopin, Beethoven, etc.) grâce à mon grand-père. C’est lui qui m’a donné envie de jouer du piano.

Le duo avec Benjamin Biolay est l’une des surprises de “Etoile flippante”. Qu’est-ce que tu aimes chez lui ?

Il avait un couplet vide dans la chanson “Pleurs de fumoir”. Je voulais vraiment l’inviter à m’aider. C’était la première fois qu’il contactait quelqu’un qu’il ne connaissait pas du tout. Nous nous sommes rencontrés au studio dix jours plus tard. En plein confinement on a pu travailler dans un moment hors du temps : tout s’est arrêté et on a créé quelque chose. C’était joli.

Hoshi en concert le mardi 12 avril à 20h00 au Zénith de Toulouse. Tarifs : de 34 à 45 euros. Tel. 05 62 73 44 70 (www.bleucitron.net).
Double album « Rising Sleep / Freaking Star » (Jo & Co).

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