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ENTREVUE. Covid-19 : il y a plus de 1,5 million de contaminations chaque jour en France, selon Antoine Flahault

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En France, alors que les autorités pensaient que le pic de contagion était passé, les infections se sont stabilisées à un niveau particulièrement élevé. Le professeur Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de l’Université de Genève, analyse la situation sanitaire en France.

En France, selon les informations partagées par Santé Publique France, la contamination au Covid-19 reste à un niveau particulièrement élevé (près de 135 000 nouveaux cas chaque jour). Cependant, il est difficile d’évaluer la situation car l’utilisation des tests de dépistage a diminué dans le pays. Le professeur Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale de l’Université de Genève, s’inquiète de l’insouciance des autorités.

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Comment voyez-vous l’évolution de la situation sanitaire en France ?

Il est très difficile de porter un regard éclairé sur la situation sanitaire en France car le pays ne dispose pas d’outil de veille sanitaire fiable tant le nombre de tests s’est effondré dans le pays. Le nombre de contaminations est basé sur la bonne volonté des personnes à tester (sauf peut-être dans les hôpitaux où nous continuons à tester systématiquement). Le nombre de tests PCR et antigéniques a considérablement baissé par rapport à janvier dernier et les autotests positifs ne conduisent pas à la PCR et ne sont donc pas enregistrés dans la surveillance sanitaire. Avec un tel niveau d’imprécision, il est devenu impossible d’interpréter les tendances à la hausse, à la stagnation ou à la baisse de l’incidence du Covid-19.

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On estime qu’il n’y aurait pas 135 000 cas de Covid-19 chaque jour en France, mais environ un million et demi d’infections, dont une grande proportion de personnes asymptomatiques ou présentant très peu de symptômes.

Pourtant, la pollution ne semble plus diminuer en France… Est-ce inquiétant ?

La vérité est que même avec 135 000 infections quotidiennes déclarées, dont nous répétons que le niveau est fortement sous-estimé, nous sommes confrontés à un plateau d’infections déjà très élevé et donc à une circulation intense du virus sur le territoire européen.

Quelles pourraient être les conséquences d’une telle augmentation ?

On a vu dans d’autres pays où la population était fortement vaccinée, comme la Corée du Sud ou la Nouvelle-Zélande, que la très forte vague liée à Omicron BA.2 s’accompagnait arithmétiquement d’une augmentation des hospitalisations et des décès à des niveaux élevés mais maîtrisés. On peut donc s’attendre au même type d’évolution en Europe de l’Ouest, qui a également une couverture vaccinale très élevée, notamment en ce qui concerne ses personnes âgées et vulnérables.

Professeur Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève.

Professeur Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de l’Université de Genève.
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Ce qui est inquiétant, mais l’avenir proche nous éclairera sur cette question, c’est de savoir si la fin du port du masque en intérieur dans de nombreux pays d’Europe de l’Ouest et en France (hors transports en commun) s’accompagnera d’une pollution à des niveaux de contagiosité plus élevés. des doses virales qui provoquent des formes plus sévères et plus fréquentes de Covid prolongé.

Comment expliquer cette légère hausse ?

Nos actions et nos comportements peuvent influencer la propagation du virus, mais nos paroles seules ne suffisent pas. Si le virus se propageait, il faudrait d’abord le connaître, puis comprendre son danger et enfin contrecarrer son évolution. Aujourd’hui, dans une grande partie de l’Europe, il a été décidé que la pandémie était terminée, nous ne sommes donc même plus inquiets de savoir ce qui se passe avec le virus, et donc de comprendre ses caractéristiques en termes de circulation, de virulence et de réponse aux vaccins.

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Un épais brouillard se forme autour de la pandémie. c’est ce qui est inquiétant parce que nous devenons aveugles à son évolution et nous n’avons plus d’analyses éclairées de la situation épidémiologique.

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