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Guerre en Ukraine : la Société Générale va se retirer de Russie

Six semaines après le début de l’invasion de l’Ukraine, la Société Générale a annoncé lundi qu’elle mettrait fin à ses activités en Russie en cédant la totalité de sa participation dans Rosbank à un oligarque russe.

Très impliquée dans le pays, la banque française était exposée à hauteur de 18,6 milliards d’euros, dont 15,4 milliards d’euros pour Rosbank, un poids lourd bancaire russe dont elle était l’actionnaire majoritaire.

Vers 15h00 GMT à la Bourse de Paris, l’action Société Générale progressait de plus de 5,85% sur un gain de 0,13%.

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“Après plusieurs semaines de travail intense”, le groupe a annoncé ce lundi matin dans un communiqué avoir signé “un accord” avec le fonds d’investissement russe Interros Capital “en vue de [lui] vendre la totalité de sa participation » dans Rosbank, ainsi que ses filiales d’assurance en Russie, une vente qui aura un impact négatif de 3,1 milliards d’euros sur ses comptes.

Interros, qui est également l’ancien actionnaire de Rosbank, est l’un des plus gros fonds du pays. Elle possède des actifs dans l’industrie lourde et la métallurgie, notamment dans la société Nornickel et dans le secteur pharmaceutique (Petrovax).

Elle a été fondée par Vladimir Potanine, 61 ans, l’un des oligarques les plus puissants et les plus connus de Russie. Proche de Vladimir Poutine, il était en 2021 la deuxième personnalité la plus riche de Russie avec une fortune estimée à 27 milliards de dollars, selon le magazine Forbes.

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“C’est peut-être discutable de revendre à ce type d’acheteurs, mais en même temps il n’y avait pas grand monde pour se précipiter”, a déclaré à l’AFP un expert du secteur sous couvert d’anonymat, décrivant “des conditions de vente très compliquées” et “limitées aux acheteurs”. .” candidats sur le site.

La Société Générale a eu des discussions avec d’autres candidats à la reprise, a indiqué à l’AFP une source proche du groupe.

Dans un communiqué séparé, Interros a déclaré lundi que “les termes de l’accord ont été approuvés par la commission gouvernementale pour le contrôle des investissements étrangers en Fédération de Russie”. Elle indique que la conclusion de l’opération devrait intervenir d’ici quelques semaines, après “avoir reçu toutes les autorisations nécessaires des instances de régulation”.

– Impact “gérable” –

“Interros a l’intention de faire le maximum d’efforts pour développer Rosbank”, et son “objectif le plus important est de préserver la stabilité de Rosbank, ainsi que de créer de nouvelles opportunités pour ses clients et partenaires”, a déclaré Vladimir Potanine dans le communiqué de presse. .

Dans un communiqué sur Telegram, Rosbank s’est pour sa part dit “confiant” sur la stabilité du groupe grâce à son “expérience” et au recours continu à “l’expertise internationale”. Elle revendique également une “grande résistance” aux turbulences économiques grâce à une “politique de risque réfléchie” et un “portefeuille de crédits équilibré et une base de liquidité diversifiée”.

Dans les comptes de la Société Générale, cette cession, si elle se réalisait, “devrait donner lieu” à un impact négatif de 3,1 milliards d’euros, soit 2 milliards d’euros de “dépréciation de la valeur nette comptable des activités cédées”, et 1 100 millions d'”éléments exceptionnels “, précise la banque française.

“Avec cet accord, le groupe se retirerait de manière efficace et ordonnée de Russie tout en assurant la continuité de ses employés et de ses clients”, indique le communiqué.

Début mars, le groupe bancaire s’est dit “tout à fait capable” de résister à une éventuelle perte de contrôle de Rosbank. Son PDG, Frédéric Oudéa, avait insisté sur une gestion indépendante de la filiale.

Cette annonce de retrait a été qualifiée de “positive” par les analystes de RBC, qui ont également souligné l’impact “gérable” de l’opération pour la banque.

Dans le même temps, sa filiale de leasing automobile ALD a annoncé qu’elle ne conclurait pas de “nouvelles transactions commerciales” en Russie, au Kazakhstan et en Biélorussie, tant que les contrats de leasing en cours ne prendront pas fin.

La Société Générale a souhaité “confirmer l’intégralité de sa politique de distribution” pour son exercice 2021, notamment le dividende de 1,65 euro par action -qui sera soumis au vote de l’assemblée générale des actionnaires le 17 mai-, ainsi que sa part programme de rachat annoncé pour un montant approximatif de 915 millions d’euros.

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