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Hausse des prix du carburant : les sept péchés capitaux du gouvernement

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La tendance est à la hausse depuis des semaines. Et le prix du carburant ne cesse de grimper, frappant durement le pouvoir d’achat de nombreux Marocains, dans une situation moins sacrée souvent synonyme de grosses dépenses en produits de consommation. Une augmentation qui révèle également une série de lacunes de la part de l’Exécutif et qui résume un Policy paper consacré à cette question, préparé conjointement par l’Observatoire du travail gouvernemental (Otrago) et le Centre Al Hayat pour le développement de la société civile.

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Le document de politique met en évidence la réponse rapide du gouvernement pour soutenir le secteur des transports. Elle a ainsi évité la hausse des prix à la consommation qui aurait entraîné une augmentation des coûts de transport, contribuant ainsi à préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Un autre point positif est l’injection de fonds supplémentaires au Fonds d’indemnisation pour maintenir intact le prix du gaz butane. Des mesures qui restent cependant trop timides.

Le document de politique note également l’absence de communication claire et de détails de la part du gouvernement concernant l’augmentation du prix du carburant. Il évoque une politique de “faits accomplis” pour justifier les augmentations, en les liant uniquement au contexte international. “La libéralisation des prix des carburants, sans prévoyance ni planification préalable, sans mécanismes de libre concurrence et sans aucun effort d’investissement dans les infrastructures de stockage, notamment avec la vente injustifiée de “La Samir” a soumis le pays aux fluctuations du marché international” , indique ce document.

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Un autre inconvénient est l’exclusion pour l’instant de toute mesure de protection des consommateurs. Cela pourrait passer par la taxation des carburants, sachant que 40% du prix des carburants sont constitués de la taxe intérieure de consommation et de la taxe sur la valeur ajoutée.

Il a également pointé le manque d’enthousiasme du gouvernement à discuter de la crise du carburant au Parlement et à s’ouvrir aux partis politiques dans la recherche de solutions. On verra cependant, mardi 12 avril, que le chef du gouvernement Aziz Akhannouch s’exprimera, lundi 18 avril, sur la question des carburants, dans le cadre de la séance mensuelle réservée au contrôle de l’Exécutif, au Chambre des députés.

Le document de politique souligne également l’absence de réglementation de la concurrence dans le secteur et le manque de clarté de l’exécutif concernant les orientations futures. « Le gouvernement n’a pris aucune mesure pour soutenir les propriétaires des stations-service et les aider à continuer à approvisionner le marché. Ils sont le maillon le plus faible du cycle de vente et de distribution de carburant », indique également le document. En conséquence, ils menacent de faire grève.

Dans un communiqué diffusé ce lundi 11 avril 2022, la Fédération Nationale des Propriétaires, Commerçants et Gestionnaires de Stations-Services du Maroc (FNPCGS) interroge le Ministère de la Transition Energétique, compte tenu de la hausse constatée des prix des carburants chez les fournisseurs, et due à l’incapacité de ses membres à faire face à l’augmentation des charges pendant plusieurs mois. Au cœur de la raison, une exonération de la cotisation minimale, dont le montant est calculé en fonction du chiffre d’affaires. “L’augmentation vertigineuse de la facturation due à la hausse des prix des carburants ne reflète en rien la réalité des prestations des propriétaires des stations-service, puisque les marges réalisées sont fixées indépendamment du prix de vente aux consommateurs”, dénoncent-ils .

Pour amortir la crise, les auteurs du Policy Paper recommandent de continuer à accompagner les professionnels du transport, de faciliter l’accès des propriétaires de stations-service au financement bancaire et, surtout, de revoir les taxes appliquées aux carburants pour une durée de deux ou trois mois, en attendant de meilleures jours. Sujet à suivre.

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