Huawei : Meng Wanzhou de retour sous les projecteurs, 6 mois après son retour en Chine

“Ravi de vous voir”: Six mois après son retour triomphant du Canada, la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a fait sa première grande apparition médiatique en Chine lundi depuis sa libération.

L’arrestation fin 2018 à Vancouver de la fille du fondateur du géant chinois des télécommunications a marqué le début d’une crise diplomatique majeure entre Pékin et Ottawa, avec l’arrestation parallèle en Chine de deux Canadiens.

Après près de trois ans de procédure, Meng Wanzhou a finalement été libérée fin septembre 2021 et renvoyée en Chine.

A part une brève déclaration à son arrivée sur le sol chinois, Mme Meng n’a jamais parlé en public depuis lors.

Lundi, depuis le siège de Huawei à Shenzhen (sud), le directeur financier a commenté les résultats annuels de l’entreprise, placée sur la liste noire américaine par l’administration Trump.

Malgré les sanctions, le géant des télécommunications a annoncé un bénéfice record pour 2021, 76% de plus que l’année précédente à 113,7 milliards de yuans (16,2 milliards d’euros).

Cependant, le chiffre d’affaires est en baisse de 28,5%, à 636,8 milliards de yuans (91,2 milliards d’euros).

Malgré la pression de Washington, “notre capacité à réaliser des bénéfices et à générer des flux de trésorerie augmente”, a déclaré Meng Wanzhou.

Désormais, “nous sommes mieux à même de faire face à l’incertitude”, a-t-il déclaré à une poignée de journalistes, réunis dans une salle rappelant la splendeur d’un palais européen.

– ‘Incertitude’ –

Huawei n’a pas communiqué de détails sur le nombre de téléphones portables vendus l’année dernière.

Mais ses ventes de produits dits « grand public », qui incluent notamment les smartphones, ont connu une baisse de près de 50 % en 2021.

La marque était autrefois l’un des trois premiers fabricants de smartphones au monde, avec le coréen Samsung et l’américain Apple.

Et il a brièvement occupé la première place, soutenu par la demande et les ventes chinoises sur les marchés émergents, avant d’être frappé par les sanctions américaines.

Vêtue d’une robe noire avec une broche papillon, Mme Meng n’a pas mentionné explicitement ses déboires au Canada. Mais elle s’est dite “ravie” d’être à nouveau présente dans les résultats du groupe, “quatre ans après” sa dernière participation.

Le 1er décembre 2018, lors d’une escale à l’aéroport de Vancouver, le directeur financier de Huawei a été arrêté à la demande des autorités américaines.

Meng Wanzhou a été accusée d’avoir menti pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran. Un crime passible de plus de 30 ans de prison aux Etats-Unis, vers lesquels elle a été menacée d’extradition.

Quelques jours après son arrestation, la Chine a à son tour arrêté deux Canadiens et les a accusés d’espionnage, un geste alors perçu comme des représailles.

– ‘Fausses déclarations’ –

Il s’agit de Michael Kovrig, ancien diplomate en poste à Pékin, et du consultant et homme d’affaires Michael Spavor, spécialiste de la Corée du Nord.

Contrairement aux “deux Michaels”, qui ont subi de dures conditions de détention, Meng Wanzhou a pu rester en résidence surveillée dans l’une de ses villas à Vancouver, sous bracelet électronique.

Après des années de détention qualifiées de “diplomatie des otages”, tous ont finalement pu rentrer dans leur pays en septembre 2021.

Ce résultat a été rendu possible par le gouvernement américain, qui a proposé à la justice de « reporter » le procès contre Meng Wanzhou à fin 2022.

Selon la justice américaine, Mme Meng reconnaît avec cet accord avoir fait de “fausses déclarations” et “caché la vérité” sur les activités de Huawei en Iran.

Suite à cette décision, la justice canadienne a clos la procédure d’extradition contre Mme Meng en septembre, lui permettant de recouvrer sa liberté.

Si l’accord juridique des autorités américaines avec Meng Wanzhou n’est pas contesté ou résilié d’ici le 1er décembre 2022, les charges retenues contre elle seront définitivement abandonnées.

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