Inflation : les salaires doivent-ils évoluer avec la hausse des prix ?

L'inflation est en passe de rester un phénomène durable.  Et si on réindexait les salaires ?  (Crédits : © tadamichi - stock.adobe.com)

L’inflation est en passe de rester un phénomène durable. Et si on réindexait les salaires ? (Crédits : © tadamichi – stock.adobe.com)

Déclenchée par la crise du coronavirus et renforcée par la guerre en Ukraine, l’inflation est revenue en France. Faut-il indexer les salaires sur cette variation de prix ? La question est valable.

Par Money Vox,

Depuis l’an dernier, l’inflation galopait : en février 2022, l’Insee annonçait une hausse des prix de 3,6 % en un an. Or, les salaires ne suivent pas cette tendance, entraînant mécaniquement une perte de pouvoir d’achat pour les ménages. En effet, l’indexation des salaires sur l’inflation n’est plus à l’ordre du jour depuis 1983 en France. Cependant, d’autres pays appliquent encore cette opération. Doit-on y retourner ? Le point sur les avantages et les inconvénients d’une telle mesure.

La prise en compte de l’inflation préserverait le pouvoir d’achat des salariés

Après la crise sanitaire du coronavirus, la guerre en Ukraine a encore renforcé la tendance à la hausse des prix. L’Indice des prix à la consommation, ou IPC, en est le reflet fidèle : en février 2022, l’Insee enregistrait un taux de +3,6 % en un an. Ce qui n’évolue pas, ou peu, au contraire, ce sont les salaires. Avec des prix plus élevés, mais des salaires quasi stables, les Français sont pénalisés dans leur quotidien et perdent du pouvoir d’achat. Dans ce contexte, une mesure est revenue en vigueur avec la

La campagne présidentielle

: l’indexation des salaires au niveau de l’inflation.

Plusieurs candidats à l’Elysée présents au premier tour étaient favorables à une telle mesure. Este fue particularmente el caso de Philippe Poutou, Nicolas Dupont-Aignan y Nathalie Arthaud, quien planteó el tema en su programa, diciendo que “los salarios, las pensiones y las asignaciones tenían que aumentar al ritmo de los aumentos medidos por repostar y llenar su chariot”. ». Et même si ces candidats ne seront pas présents au second tour de l’élection présidentielle, cette idée reste dans l’air du temps et au centre des débats. De plus, certains pays l’appliquent déjà. C’est le cas de La Belgique pour les salaires, loyers et indemnités, avec des modalités différentes Chez nos voisins, le Luxembourg utilise également un mécanisme d’indexation partielle des salaires sur l’inflation.

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Croissance des salaires et inflation : un cercle vicieux ?

L’indexation des salaires sur l’inflation n’est pas une idée nouvelle : jusqu’en 1983, ce système existait en France. Mais cela posait un problème important : la hausse des salaires entraînait une hausse plus importante des prix pratiqués par les entreprises et, donc, un renforcement du niveau de l’inflation. Charles Dennery, économiste à la Direction générale du Trésor, l’explique ainsi : « si en temps de crise les salaires sont indexés sur la hausse des prix, cela veut dire que cela augmentera les coûts de production des entreprises d’à peu près autant, que nous devons à nouveau augmenter les prix, alors il y a une boucle prix-salaires qui nous empêche d’arrêter l’inflation avec ce mécanisme ». En d’autres termes : cette mesure finirait par être contre-productive et rendrait impossible le contrôle de la hausse des prix.

Pour Charles Dennery, il existe d’autres solutions pour compenser la baisse du pouvoir d’achat des ménages, notamment celles que le gouvernement actuel a déjà prises : gel des prix de l’énergie, baisse des prix des carburants, distribution d’une prime d’inflation, etc. Cependant, il ne s’agit que de mesures de soutien temporaires, qui n’ont pas vocation à être permanentes. L’objectif est simplement de permettre aux ménages d’absorber une surtension et de s’adapter à ce nouveau rythme de vie. Pour l’économiste de la direction générale du Trésor, “il va falloir expliquer aux gens qu’il faut se serrer la ceinture”. Cependant, tous les experts ne sont pas d’accord avec cette analyse. Pour Liêm Hoang-Ngoc, économiste et ancien eurodéputé, “l’indexation des salaires sur les prix est le minimum nécessaire pour enrayer l’érosion du pouvoir d’achat des ménages”, et cela devrait commencer par une mesure prise par l’Etat pour ses fonctionnaires en afin d’être un exemple à suivre pour les entreprises du secteur privé.

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