ADVERTISEMENT

“J’ai eu la chance d’avoir un psychiatre incroyable”

INTERVIEW – L’actrice fait partie du casting de la nouvelle saison de la série réalisée par le duo Toledano-Nakache qui débute dans Arte le 7 avril. Mais les saisons 1 et 2 sont disponibles aujourd’hui dans leur intégralité sur Arte.tv.

en thérapie revient dans une saison 2 couronnée par son succès : environ 50 millions de vues sur Arte.tv. Dayana (Frédéric Pierrot), fidèle à son poste malgré les démêlés avec la justice, reçoit de nouveaux patients, incarné par Jacques Weber, Suzanne Lindon, Eye Haïdara et Aliocha Delmotte. Avec, derrière la caméra, des cinéastes de renom : Emmanuelle Bercot, agnes jaouiArnaud Desplechin… La série continue d’être à la fois émouvante et rassurante, de par l’empathie que dégage Frédéric Pierrot, sa façon de s’ancrer dans la conscience collective avec la crise sanitaire en toile de fond, sa capacité, surtout, à interpeller tout le monde dans son intimité, ses défauts…

charlotte gainsbourgqui avait joué son propre rôle dans Dix pour-cents, rejoint le casting de la sérieEric Toledano et Olivier Nakache avec qui il était en tournée Samba. Mais c’est Emmanuel Finkiel qui réalise les épisodes dans lesquels elle incarne Claire, la psychiatre phare de Dayan. Il se donne longuement et avec beaucoup de sincérité pour magazine de télévision.

ADVERTISEMENT

REVUE TÉLÉVISÉE. – Comment avez-vous abordé votre premier rôle récurrent ?
Charlotte GAINSBOURG. –
Le tournage a été compliqué par la crise sanitaire. Il était constamment interrompu. Mais je n’ai jamais tourné aussi vite ni avec autant de dialogues. Il y a eu un débordement de lettres, j’adore ! Nous avions le scénario très peu de temps avant le tournage et il était donc difficile de se sentir bien préparé. Mais il y avait un exercice de répétition sur le plateau que j’ai utilisé pour apprendre ma partition. Alors ce qui m’a fait peur au début, assis là à écouter et à parler, s’est transformé en un véritable exercice. J’étais libre de faire de longues séquences, jusqu’à vingt minutes, ou des chapitres, puis de couper. C’est très intime. Il y avait une relation spéciale avec la caméra et vous n’aviez jamais à quitter des yeux l’autre personnage. Tout cela le rendait très intense.

Emmanuel Finkiel dit que vous avez créé un personnage qui n’était pas prévu sur le papier au départ…
Au début, j’étais déçu et inquiet car je me disais que ce ne seraient que des moments d’écoute sur lesquels Philippe Dayan pourrait se fier et travailler. Les scénaristes ont ensuite essayé de s’assurer qu’il avait quelque chose à jouer, que ce n’était pas seulement une oreille et qu’il avait aussi une histoire. Cela rendait le défi plus intéressant. Et j’avais le souci – sachant que j’allais jouer un psychiatre de référence – de ne pas être crédible, de véhiculer une fragilité avec laquelle je joue maintes fois, et que ce ne serait pas un portrait assez juste. Il y a toutes ces théories que je prétendais connaître en bon pro, mais elles étaient totalement fausses ! Contrairement à Frédéric Pierrot, passionné par le sujet, la psychanalyse ne m’intéressait pas plus que ça, même si je l’utilise depuis l’âge de 18 ans.

Pourquoi ce besoin ?
Une succession de difficultés, d’angoisses, la mort de mon père en très bas âge… Un parcours de vie un peu comme tout le monde, mais que je n’ai pas très bien géré. J’ai eu la chance d’avoir un psychiatre incroyable! C’était plus un soutien qu’un travail sur moi-même. Je n’ai jamais fait d’analyse.

ADVERTISEMENT

Dans la série, vous posez la question du deuil du père… Cela n’a-t-il pas été trop difficile pour vous ?
Non pas du tout. Je ne me suis pas senti concerné par son traumatisme. Il n’y avait rien de thérapeutique pour moi dans ce rôle. Certains rôles peuvent être des rôles plus extrêmes qui vous font vivre ou découvrir des choses. Ce fut le cas pour Antichristoipar Lars von Trier. Elle avait eu un accident vasculaire cérébral quelques mois auparavant et était morte de peur. Être impliqué dans ce tournage où je faisais tout dans l’excès, de l’hystérie aux larmes, aux cris, aux scènes de sexe, à la nudité, m’a permis d’arrêter d’avoir peur et de penser à ma petite santé, c’était tellement vivant et excitant.

De izquierda a derecha y de arriba a abajo: Suzanne Lindon, Jacques Weber, Eye Haïdara, Charlotte Gainsbourg, Frédéric Pierrot y Aliocha Delmotte <i>.</i>“/><figcaption class=

De gauche à droite et de haut en bas : Suzanne Lindon, Jacques Weber, Eye Haïdara, Charlotte Gainsbourg, Frédéric Pierrot et Aliocha Delmotte
.Manuel Motier

Vous qui semblez si réservé, comment vivez-vous le fait d’appartenir à une famille aussi exposée ?
Je ne le vois pas très bien, mais je m’y habitue. Ce n’est pas un hasard s’il se rend à New York depuis six ans. Ma soeur venait de mourir. Je n’en pouvais plus… C’était la seule solution pour moi. Là, j’ai découvert ce que c’était que de vivre dans l’anonymat, d’avoir une relation normale avec les autres.

Qu’est-ce qui a changé pour vous ?
Pour la première fois, j’ai compris que je n’étais pas si timide. Quand ils ne me connaissent pas, je parle aux gens, je parle aux chauffeurs de taxi, aux mères à l’école… Ma réserve vient du fait qu’ils me reconnaissent. Je sais que j’ai beaucoup de chance. Mon père me l’a fait comprendre un peu.

Cette notoriété vous a-t-elle pesé ?
Une fois, quand j’étais plus jeune, j’étais de mauvaise humeur parce que quelqu’un m’avait demandé un autographe et mon père Il m’a dit très sérieusement : “Tu verras, le jour où ça ne t’arrivera plus, tu le regretteras !” Il avait raison, c’est un grand plaisir d’être reconnu, apprécié. Mais toujours devoir parler de mes parents, être poli, souriant, par respect pour l’amour que les gens ont pour eux, c’est compliqué…

Cet « exil » vous a-t-il aidé à y réfléchir ?
Oui. A New York, j’ai aussi compris que je devais résoudre la question de la maison de mon père : soit la vendre, soit ouvrir un musée. C’est un geste pour le public mais aussi pour mes enfants : si je claque la porte demain, ils n’auront pas à se poser la question !

Comment allez-vous « partager » cette maison ?
Dans un premier temps je vais essayer d’offrir ce que je connais moi-même, la maison dans laquelle il a vécu, mais de mon point de vue d’enfant et d’adolescent. Cette vision va ensuite évoluer… La visite ne durera qu’une trentaine de minutes car il ne peut s’agir que de petits groupes. J’aimerais que les gens choisissent ce qui leur convient le mieux, avec leur musique ou en silence. Y me gustaría que luego participaran mi madre, Bambou y otros, que prestaran sus voces para contar recuerdos… Hemos encontrado un segundo lugar, casi opuesto, para ofrecer un recorrido más clásico y completo sobre la vida de mi padre, con un cafetería , un magasin. Nous espérons ouvrir au printemps, sinon à l’automne.

» Suivez toute l’actualité de magazine de télévision assurance Facebook et Twitter .

Leave a Comment