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La BCE toujours dans le flou sur la hausse des taux malgré une inflation record

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, sera également interrogée devant la presse à compter de 8 h 30, heure du Québec. (Photo : Getty Images)

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Francfort – La Banque centrale européenne (BCE) a confirmé jeudi la poursuite de la normalisation de sa politique anticrise, mais sans être plus explicite sur une première hausse des taux malgré l’emballement de l’inflation, restant préoccupée par le risque de récession.

A l’issue du conseil d’administration, sur lequel les observateurs ne s’attendaient pas à une décision transcendantale, l’institut a réitéré son signal de mars en faveur de la stabilité des prix, annonçant que les achats nets d’actifs, réalisés dans le cadre du PPP, prendront fin . . au “troisième trimestre”.

Et la première hausse des taux devrait toujours intervenir “quelque temps plus tard”, sans plus de détails. La BCE les a maintenus à leur niveau historiquement bas jeudi.

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L’institution de Francfort est aujourd’hui la plus attendue des grandes banques centrales, alors que la guerre en Ukraine a fortement gonflé les prix avec des effets qui pourraient s’installer dans la durée.

Ailleurs, les taux d’intérêt ont commencé à augmenter, avec la dernière annonce jeudi de la Banque centrale coréenne, au nom de la lutte contre la forte inflation.

Décidée de longue date, la première hausse de la banque centrale américaine (Fed), d’un quart de point de pourcentage (0,25 %) en mars, sera suivie de plusieurs autres.

La BCE hésite à serrer la vis alors qu’elle est sous pression en raison du niveau record des prix en mars, l’inflation dans la zone euro est proche de 8% sur un an, soit près de quatre fois l’objectif de 2% pointé par les gardiens de l’euro.

“Colombes” contre “Faucons”

Mais rien n’est simple, car l’horizon économique s’est considérablement assombri avec l’invasion russe de l’Ukraine.

De nombreux pays de la zone euro pourraient connaître une baisse de leur PIB au cours des prochains trimestres.

De plus, il existe des confinements stricts en Chine, comme à Shanghai, visant à empêcher la propagation du COVID-19. Cela perturbe à nouveau le commerce maritime, à un moment où les pressions sur les chaînes d’approvisionnement semblaient s’atténuer.

En principe, une banque centrale “ne devrait pas réagir à un tel choc d’offre si ses effets sont perçus comme transitoires”, explique Bruno Cavalier, économiste chez Oddo.

Mais sur ce point, la BCE est restée divisée jeudi, selon la déclaration sur les décisions de politique monétaire suggérant que des décisions seront prises lors de la prochaine réunion en juin au plus tôt.

Dans le camp des “colombes” favorables au maintien d’une politique monétaire accommodante, l’Italien Fabio Panetta, membre du directoire, a récemment fait valoir que de telles hausses de prix, liées à des coûts énergétiques et alimentaires élevés, échappaient largement au contrôle des BCE et qu’une réaction trop rapide pourrait nuire à l’activité et à l’emploi.

Les faucons, partisans d’une approche stricte et prenant lentement le dessus dans le débat, voient le risque d’une inflation s’installer dans la durée avec le risque d’une pression supplémentaire sur les hausses de salaires.

L’enjeu est donc de faire réagir à temps la politique monétaire, faute de quoi l’institution perdrait en crédibilité.

rendements souverains

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, sera également interrogée devant la presse à partir de 8 h 30, heure de Québec, sur les éventuels outils à déployer face au risque de « fragmentation de la zone euro », comme l’évoquait récemment l’économiste en chef de la BCE, Philip Lane.

Ce début de fragmentation, au sein d’un espace composé de 19 pays aux économies très disparates, s’est récemment manifesté par la hausse des rendements des obligations d’État.

C’est le signe que les marchés s’apprêtent à devenir illiquides après sept ans d’achats de dette par la BCE, puis à voir les taux remonter pour la première fois depuis 2011.

Si l’institution de Francfort continue de reporter le calendrier de hausse des taux, c’est parce qu'”elle a probablement besoin de plus de clarté sur les perspectives de croissance, d’inflation et de rendements obligataires avant de prendre des décisions importantes” et “concrètes” plutôt en juin, selon Holger Schmieding. économiste à Berenberg.


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