LA DIRECTION DE BANCO AL MAGHREB PROCEDE A UNE ANALYSE APPROFONDIE DE L’ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL : BILAN, REDRESSEMENT ET DEFIS

HIBAPRESS-RABAT-BAM

Le Conseil d’administration de Bank Al-Maghrib a procédé à une analyse approfondie de l’environnement international marqué par les événements liés à la guerre en Ukraine à un moment où la reprise économique mondiale faisait déjà face à plusieurs défis, notamment l’augmentation du coût des matières premières, la persistance des perturbations dans les chaînes de production et d’approvisionnement mondiales et les fortes pressions inflationnistes.

-Cette évolution n’est pas sans conséquences pour l’économie nationale qui fait également face à des conditions climatiques particulièrement défavorables caractérisées par un important déficit pluviométrique qui a atteint 57,2% le 10 mars par rapport à la campagne précédente.

– Le Conseil a noté le niveau extrêmement élevé d’incertitude entourant les projections
états macroéconomiques préparés par le personnel de la Banque. Ceux-ci comprennent notamment :

– une baisse significative de la VA agricole ;
– Une certaine consolidation des activités non agricoles, favorisée par l’avancée significative de la campagne de vaccination, l’assouplissement des restrictions sanitaires, ainsi que le maintien des mesures de relance monétaire et de soutien sectoriel ;
– une forte accélération de l’inflation en 2022 ; et une relative résilience des soldes extérieurs et des finances publiques.

DÉCISION DE POLITIQUE MONÉTAIRE

– Dans un tel contexte, et :
– compte tenu du retour attendu de l’inflation à des niveaux modérés en 2023 ; et
continuer à soutenir l’activité économique et atténuer l’impact environnemental
international défavorable :

Le Conseil a décidé de maintenir l’orientation accommodante de la politique monétaire et de maintenir le taux d’intérêt officiel inchangé à 1,50 %.
– Enfin, compte tenu des fortes incertitudes qui entourent les développements géopolitiques liés à la guerre en Ukraine et ses implications au niveau national et international, Bank Al-Maghrib continuera à assurer un suivi attentif de l’évolution de la situation économique et financière et régulièrement mettre à jour leurs prévisions et leurs analyses.

Avec le lancement de la vague Omicron, de nombreux pays ont commencé à assouplir les restrictions et certains ont changé leur approche, optant pour une politique de “vivre avec le virus”.

Dans le même temps, le nombre de doses administrées a dépassé les 11 milliards, mais reste très inégal selon les pays. Environ 64 % de la population mondiale a reçu au moins une dose de vaccin et seulement 14 % de la population des pays à faible revenu.

Ces dernières semaines, il y a eu une augmentation significative de la pollution dans de nombreux pays d’Asie et d’Europe.

ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL (1/5)

Risques élevés pour la reprise économique liés à la guerre en Ukraine. Après le rebond de 2021, l’économie mondiale devrait connaître un net ralentissement en 2022 dans un contexte défavorable et incertain.

• Aux États-Unis, la croissance devrait ralentir à 3,4 % en 2022, de 5,7 % en 2021, puis à 2,1 % en 2023, reflétant également la dissipation de l’impact de la relance budgétaire en réponse à la pandémie.

• Plus exposée aux répercussions du conflit en Ukraine, l’économie de la zone euro devrait connaître un ralentissement de sa croissance passant de 5,2% en 2021 à 3,5% en 2022 et 1,7% en 2023.

• Dans les grands pays émergents, la croissance devrait ralentir en Chine de 8,5% en 2021 à 5,4% en 2022, avant de remonter à 6% en 2023. A noter que les autorités se sont fixé un objectif de croissance de 5,5%.

L’Inde enregistrerait une croissance de 8,8 % cette année et de 6,4 % en 2023. En Russie, même si la situation économique avant le conflit était bonne, l’économie souffrirait fortement des sanctions internationales et devrait retomber en récession.

ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL (2/5)

Nouvelle amélioration de la situation sur les marchés du travail. Sur les marchés du travail, et après la baisse de 2021, le taux de chômage maintient sa tendance baissière dans les principaux pays avancés.

Dans la zone euro, il devrait baisser à 6,7 % en 2022, après 7,7 % l’année précédente, puis à 6,3 % en 2023, des niveaux jamais atteints auparavant.

Aux États-Unis, la situation devrait nettement s’améliorer, le taux de chômage passant de 5,4 % en 2021 à 3,9 % en 2022 et 3,8 % en 2023. Taux de chômage (en %)
Sources : FMI (oct. 2021), Eurostat, BLS, GPMN (scénario de conflit ukrainien établi le 3 mars 2022) 2019 2020 2021 déc.-21 janv.-22 févr.-22

Prévisions 2022 2023

États-Unis 3,7 8,1 5,4 3,9 4,0 3,8 3,9 3,8
Zone euro 7,6 7,9 7,7 7,0 6,8 – 6,7 6,3
France 8,4 8,0 7,9 7,2 7,0 – 8,3 8,0
Allemagne 3,1 3,7 3,5 3,2 3,1 – 3,6 3,5
Italie 10,0 9,3 9,5 9,0 8,8 – 11,6 11,4
Espagne 14,1 15,5 14,8 13,0 12,7 – 14,8 14,1

La tendance à la hausse des prix des produits énergétiques, liée à la reprise de la demande et aux inquiétudes sur l’évolution de l’offre, a connu une accélération significative depuis le déclenchement du conflit en Ukraine et l’imposition de fortes sanctions contre la Russie.

Le prix du Brent s’est établi en moyenne à 95,8 dollars le baril (USD/bbl) en février et a atteint un maximum de près de 140 USD le 6 mars. Compte tenu des prévisions des institutions internationales, il devrait se situer à 106,8 USD/bbl en moyenne tout au long de 2022, pour revenir à 96,5 USD/bbl en 2023.

Après une forte hausse en 2021, les prix des phosphates et dérivés devraient encore augmenter durant le reste de 2022, en ligne avec la hausse des prix des produits agricoles et des intrants pour l’industrie des engrais. Ainsi, les prix du phosphate brut et du DAP atteindraient respectivement 159,9 USD/t et 780,1 USD/t en 2022 puis s’établiraient à 144,8 USD/t et 706,2 USD/t en 2023.

De même, les prix alimentaires devraient rester élevés avec une hausse de 30 % en 2022, dans un contexte de ruptures d’approvisionnement majeures, avant de baisser de 9,5 % en 2022.
2023.
Source : GPMN (Scénario de conflit ukrainien, mars 2022).
Source : prévisions BAM basées sur les prévisions GPMN.
Prix ​​de la roche phosphorique et FDA (USD/t)

ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL (4/5)

Forte accélération de l’inflation en 2022
Les hausses importantes des prix des produits énergétiques et alimentaires devraient continuer d’alimenter les pressions inflationnistes.

Aux États-Unis, l’inflation a atteint 7,9 % en février, son plus haut niveau depuis 40 ans. Il devrait s’établir à 7,2 % en 2022, après 4,7 % en 2021, avant de ralentir à 4,2 % en 2023.

Dans la zone euro, la BCE prévoit une accélération de l’inflation à 5,1 % en 2022, après 2,6 % en 2021, avant de ralentir à 2,1 % en 2023. Face à de fortes pressions inflationnistes, de nombreuses banques centrales ont commencé à durcir leurs politiques monétaires. , avec une réduction des programmes d’achats d’actifs et/ou une hausse des taux directeurs, malgré la vulnérabilité de la reprise post-pandémique.

Lors de sa réunion du Conseil du 10 mars, la BCE a laissé les taux inchangés et a déclaré que tout ajustement des taux serait effectué progressivement après la fin des achats nets dans le cadre de l’APP. Il a indiqué que les achats d’obligations dans le cadre du programme d’achat d’urgence en cas de pandémie seront achevés d’ici la fin mars 2022 et a annoncé qu’il finaliserait les achats d’actifs dans le cadre de l’APP plus rapidement que prévu. En outre, elle a décidé de prolonger les opérations de repo pour les banques centrales jusqu’au 15 janvier 2023.

La Fed a décidé à l’issue de sa réunion des 15 et 16 mars de relever la fourchette cible du taux des fonds fédéraux de 25 points de base pour [0,25% ; 0,50%] et a indiqué qu’il prévoyait que d’autres augmentations seraient appropriées. Il prévoit également de commencer à réduire ses avoirs en bons du Trésor et en titres de créance adossés à des créances hypothécaires lors des prochaines réunions.

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