la fin d’une campagne volatile et insaisissable

HISTOIRE – Comme si les inquiétudes des Français étaient ailleurs… Au terme d’une campagne frustrante, les sondeurs craignent une forte abstention.

Ainsi s’achève la campagne pour le premier tour des élections présidentielles. Long pour certains -366 jours pour Marine Le Pen-, court pour d’autres -37 jours pour Emmanuel Macron -, laisse un sentiment d’incomplétude à de nombreux observateurs. Malgré un quinquennat bouleversé par des événements marquants et structurants (“gilets jaunes”, confinements, assassinat islamiste de Samuel Paty, etc.) et une recomposition politique permanente (succès du macronisme naissant, succès des écologistes aux élections locales, résistance de la droite dans leurs fiefs locaux…), se termine par une forme de débat public lent. Ni effervescence ni enthousiasme dans les discussions. Et la promesse, selon les sondeurs, d’une possible abstention record dimanche.

Après un rebond démocratique lors des élections européennes de 2019, le pays n’échappe pas à l’apathie qui s’est manifestée au premier tour des municipales de 2020. La veille, le pays calfatait face au Covid-19. Derrière le huis clos des appartements, certains croient pourtant à une effervescence politique. Des forums aux tweets, chacun cherche à imaginer le nouveau monde qui s’imposera à nous une fois le virus parti. Nous travaillons sur presque tout. L’économie à torsion souveraine et le retour de l’État-providence. Attention aux autres avec la santé, la vieillesse et l’écologie alors que les nouvelles formes de démocratie (convention citoyenne pour le climat) nettoient du même coup le plâtre. Les modes de travail sont repensés avec le télétravail et l’on s’interroge sur l’apparition d’un nouveau fossé entre les salariés “de première ligne” et les cols blancs.

De ces esquisses de débats, que reste-t-il à la veille d’aller aux urnes pour l’élection suprême ? Le « retour à la normalité » chaotique (successions de vagues de Covid-19), l’apparition soudaine de l’inflation et la guerre en Ukraine a empêché l’élection présidentielle de rester gravée dans les esprits. Il est vrai que les campagnes auxquelles participe un président en exercice ne suscitent pas le même enthousiasme que les autres.

La volatilité est caractéristique de cette campagne insaisissable

L’automne dernier, le millésime 2022 s’annonçait encore captivant. L’arrivée soudaine deeric zemour et sa montée sans précédent dans les enquêtes d’opinion laisse alors penser que la nouveauté s’invite à nouveau dans les urnes, cinq ans après l’élection d’Emmanuel Macron. La droite, que l’on croyait définitivement anéantie par le président sortant, désigne son candidat avant Noël. Le début de l’intérêt autour Valérie Pécresse laisse entendre que le duel Macron-Le Pen n’est peut-être pas si évident. A gauche, on s’interroge sur l’avenir de Yannick Jadot, renversée par une primaire écologiste mobilisatrice alors que le climat est devenu un enjeu important lors des précédentes élections. C’est le début des courbes qui se croisent et se recroisent dans des sondages qui n’ont jamais été aussi nombreux. Un bref instant projetée au second tour, Valérie Pécresse dévisse. un temps pondéré, Jean-Luc Mélenchon s’envoler. La volatilité est l’une des caractéristiques de cette campagne insaisissable.

Les grands enjeux du scrutin peinent à se structurer. Un jour identité nationale et immigration. Le pouvoir d’achat ensuite, grâce notamment au déclenchement imprévisible de la guerre en Ukraine. Plus le premier tour des élections approche, plus les télévisions ouvrent leurs journaux avec des images du conflit. Rares sont les fois où la politique internationale a autant pesé dans une élection. Sur le front diplomatique, Emmanuel Macron écrase ses concurrents avant que sa projection ne l’éloigne trop des Français. Votre refus d’entrer dans la bataille aura reporté la programmation de cette campagne. Sa réélection, que beaucoup pensaient remportée il y a un mois, semble désormais moins certaine. S’il a su se remettre de l’émotion suscitée par les images des bombardements, sa rivale Marine Le Pen a su profiter des conséquences de la guerre. pouvoir d’achatune question persistante tout au long des cinq années depuis l’occupation des ronds-points de la France, était sa bouée de sauvetage tandis qu’Éric Zemmour souffrait plus que les autres candidats de la condamnation des admirateurs de Vladimir Poutine.

A l’heure où le retour du long terme s’annonce dans le débat public (réapparition de la commission d’urbanisme en 2020 ; Édouard Philippe lance son parti l’année suivante, promettant “voir loin”, tandis que Jean-Luc Mélenchon demande “Planification”), le vote est dominé par l’immédiateté. La fin du mois qui approche en raison de la hausse des prix de l’énergie, l’analyse de la manière qui prévaut sur le contenu dans les programmes comme les meetings et les polémiques virales sur les réseaux sociaux pèsera, dimanche, finalement plus que les quelques débats télévisés. organisés ces dernières semaines.

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