La sécheresse au Maroc fait craindre une forte baisse de la production céréalière

La campagne agricole 2022 au Maroc se déroule dans des conditions difficiles. Selon le Réseau mondial d’information agricole, le temps sec et chaud des mois de janvier et février a fait chuter la production à des niveaux records, en particulier dans le sud du pays.

Les régions dont les plantations sont les plus touchées par la sécheresse sont Souss-Massa, Chaouia-Ouardigha, Rabat-Sale-Zemmour-Zaer, Gharb et Loukkos, souligne le GAIN du Département américain de l’agriculture (USDA). Etant donné le manque de pluie en janvier et février, poursuit la même source, la plupart des champs pluviaux de ces régions sont complètement dénudés ou laissés au pâturage du bétail.

Par conséquent, pour la campagne de commercialisation 2022/2023, la production céréalière devrait baisser de manière significative en raison des conditions sèches. Citant des sources du ministère de l’Agriculture, le Réseau mondial d’information agricole indique qu’environ 1,9 million d’hectares situés dans le sud du pays ont été gravement touchés par les conditions climatiques, dont quelque 500 000 hectares peuvent être considérés comme perdus.

En conséquence, GAIN estime que la production de la campagne de commercialisation 2022/2023 tombera à 2,25 millions de tonnes de blé et 0,6 million de tonnes d’orge (environ 70 et 78 % de moins que la campagne de commercialisation 2021/2022, respectivement). Le Réseau mondial d’information agricole s’attend également à ce que la consommation intérieure totale reste stable à 10,8 millions de tonnes. Cela reflète une consommation par habitant de 288 kg et une population de 36,2 millions d’habitants. Le blé tendre représente près de 70 % de la consommation de blé en milieu urbain et 66 % en milieu rural, ajoute la même source.

contrôle des prix du blé

Le réseau américain USDA souligne également que c’est l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) qui contrôle les prix du blé et subventionne la farine nationale pour soutenir les consommateurs à faible revenu.

« En février 2022, l’ONICL a rétabli un système de remboursement destiné à maintenir les prix du blé tendre en dessous de 270 $/MT. Les importateurs de blé sont subventionnés par la différence entre le prix de base du blé et 270 $/MT. Le prix de référence est calculé toutes les deux semaines et est basé sur les prix évalués de quatre origines (États-Unis, France, Argentine et mer Noire) », explique GAIN. Et de poursuivre que les prix de l’orge sur les marchés locaux ont atteint, pour la campagne 2021-2022, le niveau inédit de 355 dollars la tonne fin février et sont restés élevés le 29 mars 2022.

«Le Maroc utilise les droits d’importation pour protéger les producteurs céréaliers locaux pendant la saison de commercialisation, réguler les prix et gérer les stocks. À compter du 1er janvier 2022, le gouvernement marocain a prolongé la suspension des droits d’importation sur le blé tendre et ses produits jusqu’à nouvel ordre », poursuit GAIN.

commerce du blé et de l’orge

Le Réseau mondial d’information agricole, en revanche, s’attend à une forte augmentation des importations de blé à partir de la campagne de commercialisation 2022/2023 en raison de mauvaises perspectives de production céréalière. « Les perturbations de l’approvisionnement en provenance d’Ukraine et de Russie, qui représentent ensemble 24 % des importations de blé du Maroc, ont suscité des inquiétudes quant à la volatilité des prix. Cependant, les importateurs se disent confiants et travaillent avec d’autres fournisseurs dans l’UE, en Australie et en Amérique du Sud », dit-il.

En conséquence, GAIN prévoit des importations de blé à 6 millions de tonnes, soit 10 % de plus que lors de la campagne de commercialisation 2021-2022. « Les importateurs s’attendent à ce que la frontière soit ouverte aux importations même lorsque le blé national est disponible. Cette mesure vise à maintenir le coût des importations à un niveau compétitif et à constituer des stocks », précise l’USDA.

Les importations d’orge du Maroc devraient augmenter de manière significative dans les mois à venir. Pour la campagne 2022/2023, ils atteindront 0,5 million de tonnes pour satisfaire la consommation intérieure en raison de la faible croissance végétative des pâturages et de la baisse de la production.

Stocks de blé et d’orge

GAIN note également dans son rapport qu’il n’y a pas de statistiques officielles sur les stocks de blé et d’orge. « Cependant, des sources de l’industrie indiquent que la réserve de blé du Maroc au 1er mars 2022 est d’environ 3,6 millions de tonnes (quatre mois de consommation). Les stocks détenus par les agents agréés par l’ONICL, y compris les négociants en céréales, les coopératives, les transformateurs et les silos portuaires gérés par le gouvernement, sont généralement connus. Ces agents perçoivent une prime de stockage basée sur le blé stocké et déclaré à l’ONICL qui calcule la prime de stockage tous les 15 jours au taux de 2$/Tm. Seule une petite partie de l’orge marocaine passe par les circuits officiels de collecte et les données sur les stocks d’orge ne sont pas concluantes », explique GAIN.

Contrairement au blé et à l’orge, le Réseau mondial d’information agricole indique que le riz marocain est cultivé sous irrigation et que la production est concentrée dans les régions du Gharb et du Loukkos. Pour la campagne de commercialisation 2022/2023, il s’attend à ce que la surface récoltée reste stable autour de 8 250 hectares, tandis que la production est prévue à 42 000 tonnes, en baisse de 7 % par rapport à la campagne précédente selon les conditions climatiques.

Le Réseau mondial d’information agricole estime, enfin, que les importations de riz marocain pour la campagne 2022/2023 atteindront 40 000 tonnes, en se basant sur l’hypothèse d’une reprise des arrivées touristiques.

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