le livre et la culture contribuent à la solidarité avec l’Ukraine

Du jaune et du bleu ornent les tables des libraires, sous le chapiteau du festival Le Livre à Metz : ce qui n’est peut-être qu’un hasard, en tout cas il fait écho au grand drapeau ukrainien déployé sur le stand de la librairie. Partout dans le monde (44, rue de la Chèvre à Metz).

Galyna Dranenko, enseignante-chercheuse ukrainienne, auteure d’une thèse sur la littérature française du XXe siècle, professeure au Département d’études romanes et de traduction, qu’elle dirige également, à l’Université nationale de Tchernivtsi, dans l’ouest de l’Ukraine, près de la frontière roumaine.

« Le premier jour de la guerre “, elle explique, ” Je suis arrivé en France. Tchernivtsi, heureusement, n’a pas encore été bombardée, bien que des alertes aériennes retentissent plusieurs fois par jour. » « Pour le moment », ajoute inquiet.

La ville abrite aujourd’hui un grand nombre de réfugiés, qui ont fui l’est de l’Ukraine, brûlés et ensanglantés par l’invasion russe. ” Un grand nombre de réfugiés, équivalent à au moins 20% de la population de la ville, a rejoint Tchernivtsi. Mon appartement abrite ma famille de Kiev et de l’est de l’Ukraine, avec des amis, des gens que nous ne connaissons pas, qui logent également chez nos voisins. déclare Galyna Dranenko, soulignant la forte solidarité entre l’est et l’ouest du pays.

Dans son malheur, il a trouvé du soutien grâce aux contacts établis depuis plusieurs années avec l’Université de Lorraine et un réseau de soutien universitaire ukrainien, Échanges Lorraine Ukraine (ELU). Créée en 2004 et présidée par Violeta Moskalu, cette association est devenue ces dernières semaines une organisation qui gère la logistique des convois humanitaires, l’accueil des réfugiés et la collecte des dons. Symbole de cette proximité entre l’Ukraine et la Lorraine, le conseil municipal de la ville de Messine a voté une motion de jumelage entre Tchernivtsi et Metz.

Aide avec les livres

Arrivée en France après un périple alternant trajets en voiture ou à pied, Galyna Dranenko est immédiatement revenue dans son pays et ses habitants, et notamment auprès de Valeriia Kovalenko, une de ses anciennes élèves restée dans la ville de Kramatorsk, dans l’est de l’Ukraine. Rendue célèbre ce vendredi 8 avril pour une attaque russe meurtrière contre sa gare, la ville est en première ligne des bombardements.

« Je l’ai forcée à partir, car les bombardements ont continué et le bâtiment devant sa maison a été complètement détruit. », souligne Galyna Dranenko. « J’ai pris la décision d’aller en France. après un appel de son professeur, elle reconnaît Valeriia Kovalenko, dont les parents ont déménagé dans la capitale, kyiv. Elle est aujourd’hui réfugiée, recueillie par Anne-Marie Carlier, la directrice de la librairie. Partout dans le monde. « Je n’ai pas hésité longtemps avant de l’accueillir, puisqu’il avait une chambre chez lui. Je pense qu’il a trouvé son rythme. », avoue ce dernier.

Le stand de la librairie au festival Le Livre de Metz accueille Galyna Dranenko, Valeriia Kovalenko mais aussi Valery, la troisième réfugiée ukrainienne, également bénévole lors de l’événement. Les visiteurs du festival sont initiés à la littérature ukrainienne, mais pas seulement, pour les aider à mieux comprendre et comprendre l’actualité.

« Aujourd’hui [le 8 avril, NdR] lance le livre d’Aharon Applefeld, un écrivain israélien de Tchernivtsi, qui parle notamment de la guerre dans mon pays [La Stupeur, traduit par Valérie Zenatti, Éditions de l’Olivier] », note Galyn Dranenko. Andrei Kurkov, écrivain ukrainien francophone, est logiquement devenu une figure centrale de l’auteur, et bien sûr ses livres sont à l’honneur.

Valeriia Kovalenko s’attache aussi à faire de la littérature un porte-parole de la résistance ukrainienne et de la souffrance de la population : elle est aussi destinée à la traduction littéraire.” améliorer la présence des auteurs ukrainiens en France “. Il est actuellement engagé dans un travail de traduction autour d’une anthologie de poètes ukrainiens contemporains, en français, anglais et allemand, pour diffuser les poèmes et les textes ” écrit en ce moment, pendant la guerre, et posté sur les réseaux sociaux et YouTube, y compris ».

La librairie Anne-Marie Carlier se félicite de la forte mobilisation du réseau culturel messin, y compris lorrain. ” Le transfestival de Pasajes, avec Arsenal, a organisé une grande soirée de solidarité avec l’Ukraine : j’ai dit à Benoit Bradel, directeur de l’événement, que Galyna pouvait intervenir et passer des poèmes… Les actions se multiplient, tout s’enchaîne. »

Le défi reste, bien sûr, de maintenir cet engagement dans la durée si, malheureusement, le conflit piétine. Toujours sous le chapiteau, le Secours populaire, qui dispose d’un espace, vend des livres au profit de la population ukrainienne. ” Les fonds collectés ne sont pas envoyés directement en Ukraine, mais à des associations associées en Pologne ou en Moldavie, car ces dernières connaissent mieux les modes de vie, de manger, par exemple, des Ukrainiens : elles sont plus proches de la réalité, pour mieux répondre aux besoins . », expliquent Raymond et Stéphane, bénévoles depuis respectivement 6 et 5 ans.

Les ouvrages, vendus entre 1 et 10 euros, comprennent également quelques livres neufs, notamment une dizaine d’exemplaires des éditions Rue du Monde, achetés par la librairie Le Préau et offerts » avec une remise supplémentaire au Secours populaire. Une autre manifestation de solidarité dans le travail des acteurs du livre.

Archive : Le livre à Metz 2022 : journalisme et littérature, « même pas peur » ?

Photographie : Valeriia Kovalenko et Galyna Dranenko au festival Le Livre à Metz, le 8 avril 2022 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

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