Le nouveau fair-play financier est une aubaine pour le PSG / France / PSG / SOFOOT.com

Annoncé il y a longtemps, c’est désormais officiel : le fair-play financier fait peau neuve. Et avec cette nouvelle version, les clubs se voient offrir une bien plus grande liberté de dépenser toujours et même plus. Une aubaine pour le Paris Saint-Germain, qui peine à prolonger sa star, Kylian Mbappé.

Dès juin prochain, ce sera une porte ouverte sur le marché européen des transferts. L’UEFA a présenté jeudi sa nouvelle version du fair-play financier. Dites adieu au contrôle comptable et à l’interdiction de dépenser plus que vous ne gagnez. Place à plus de liberté et moins de freins. En gros, les clubs, qui ont subi tous les effets de la crise sanitaire, pourront dépenser autant qu’ils le voudront à la seule condition de respecter un plafond sur leur budget total.

Renonciation aux sanctions sportives

A partir de la saison prochaine, les salaires des agents, les indemnités de transfert et les commissions ne pourront pas dépasser 90% du budget. Puis progressivement, pour permettre aux clubs de s’adapter et de mettre à jour leur contrat, ce seuil sera abaissé à 80 % en 2024-2025 puis à 70 % en 2025-2026. Autrement dit, ils auront encore trois ans avant de subir ce plafond symbolique. Autre point de rattachement, la possibilité d’endettement, s’il était couvert par l’actionnaire, double en trois ans. De 30 millions d’euros jusqu’à aujourd’hui, il passera à 60 millions d’euros.

Dernier point important, et non moins important, les sanctions sportives sont abandonnées. Le risque d’être exclu de la Ligue des champions ou que seuls 22 joueurs puissent être inscrits au lieu de 25, voire d’être interdit de transfert, est révolu. Maintenant, il s’agira de payer si vous voulez avancer. Une simple amende sera infligée, taxe de luxedont les sommes récoltées seront ensuite redistribuées aux clubs sains, en équilibre, qui respecteront les nouvelles règles.

Une nouvelle version allégée en faveur du PSG


Clairement, en étudiant cette mise à niveau, on se rend compte à quel point elle va servir le Paris Saint-Germain, qui peine actuellement à prolonger Kylian Mbappé, quitte à faire exploser l’addition. Certains parleraient même d’un contrat colossal avec une prime à la signature de 150 millions d’euros. Autrefois, on aurait dit impossible. L’Instance de Contrôle Financier du Club aurait trouvé sa parole et aurait empêché l’équipe parisienne de dépenser autant, surtout après la signature de Lionel Messi la saison dernière. Mais maintenant, les choses changent.

Un club qui peut se targuer de facturer plus de 600 millions d’euros aura le droit de consacrer 90 % de cette richesse aux salaires et aux frais de transfert. Ils peuvent donc faire sauter la banque. Aux 300 millions de masse salariale déjà atteints cette année, ils pourront encore ajouter plus de 200 millions d’euros dans leurs dépenses. Et même s’ils dépassent ce seuil, ils n’auront qu’à payer une amende pour passer inaperçus. Alors même si le plafond devrait baisser, ce n’est qu’à partir de 2025-2026, alors qu’on parle d’un contrat de deux ans pour Mbappé. Magnifique. En clair, c’est un nouveau jeu équitable financier qui servira les intérêts du PSG.

Le PSG, cheval de Troie du libéralisme ?

Et on a le droit de dire que Nasser al-Khelaïfi y est pour quelque chose. Le nouveau penseur en chef du football européen, président de l’ECA, le syndicat des clubs et nouveau meilleur ami d’Aleksander Čeferin, aurait pu pousser à une telle réforme. S’il était évident qu’il allait faire partie des clubs dissidents, supporters de la Super League européenne, que tous les documents de Football Leaks avaient des plans actualisés, déjà en 2016, qui incluaient le Paris Saint-Germain dans une compétition privée et autonome, le En avril dernier, retournement de situation : le PSG de Nasser al-Khelaïfi n’y sera pas.

Au lieu de cela, il a approché l’UEFA, qui l’avait sanctionné deux fois dans le passé, et a été élu président du puissant syndicat. En coulisses, beaucoup admettent qu’il faisait partie d’un plan bien exécuté : approcher les autorités, montrer à quel point il est proche du football traditionnel, méritocratique, populaire, avec pour seul objectif de le changer de l’intérieur. Dès qu’il est choisi, le fair-play financier change et se réduit fortement. Pareil côté compétition, avec la Ligue des champions qui évolue et passe à un système hybride, avec des places offertes dans le coefficient UEFA. Le point culminant a également été atteint lorsque, dans une interview au média britannique The Athletic, le président du PSG a déclaré vouloir s’inspirer de la NFL et du Super Bowl pour améliorer l’image de la Ligue des champions et se poser des questions sur l’accessibilité. de matchs pour d’autres continents, notamment entre fuseaux horaires.

Il semble que Nasser al-Khelaïfi propose une philosophie pire que celle défendue par les partisans néolibéraux et mondialistes de la Super League. Pour être honnête, on ne voit pas vraiment ce qui est populaire dans cette version du football.

Par Pierre Rondeau

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