Les enjeux géostratégiques du Maroc : Rabat impeccable

Cette année 2022 marque la concrétisation d’une vision de la politique et des relations internationales dans un monde qui a changé de paradigmes. Dernières données sur cette politique fondée sur la logique et la raison, l’alignement de l’Espagne sur la position du Maroc concernant la question du Sahara marocain avec à la clé la visite officielle du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, qui ouvre ici une nouvelle page, plus serein, plus rationnel, dans les relations entre Rabat et Madrid.

Le Maroc, sans tourner le dos à la France, partenaire politique et économique historique, a multiplié les relations avec d’autres alliés beaucoup plus solides et clairs dans leur approche commerciale. Des alliés comme les États-Unis d’Amérique, avec un président aussi pragmatique que le roi Mohammed VI à la tête de la Maison Blanche. Joe Biden sait que le Maroc est le seul pays stable au sud de la Méditerranée. C’est à la fois un allié politique historique. C’est aussi un partenaire économique fiable. C’est avant tout un allié stratégique dans la lutte contre le terrorisme dans toute la région du Maghreb et du Sahel.

L’Algérie, qui traverse une nouvelle récession politique et sociale, est dans le pétrin. Ce que l’Espagne et la France n’ont pas du tout pris à sa juste mesure, se perdant dans un vague jeu d’alliances, hérité d’un autre monde, déjà dépassé. Cela explique pourquoi Paris et Madrid continuent de jouer le jeu d’Alger, dévoyé avec un État moribond et donc très dangereux pour la stabilité de toute la région.

Washington s’est lavé les mains en sachant ce qu’il complote avec la junte militaire algérienne dont les jours sont comptés, sa destination finale étant la Libye. Ce qui est maintenant enregistré et inévitable. L’Algérie vit les derniers souffles d’une puissance effondrée. Rabat assume du coup ses responsabilités pour incarner efficacement son rôle de pont mobile entre l’Europe, l’Amérique et l’Afrique, tout en étant aussi un Hub pour pénétrer le monde arabe. La messe a été dite. Chose qui ne plaît pas aux défenseurs d’une certaine idée de la France-Afrique à Paris, qui multiplient les attaques contre Rabat, venant de derrière les pédés des affaires d’espionnage, se faisant passer pour des amateurs de leurs propres services secrets, la DGSE. , comme des dilettantes du renseignement qui en viennent à vouloir tirer sur n’importe quelle souche mouillée accusant le Maroc d’espionner la présidence de la République, des journalistes et d’autres organisations en manque de crédibilité. Un attentat en bonne et due forme qui s’ajoute à celui mené par Madrid dans l’affaire du chef présumé du groupe terroriste dénommé Polisario.

Rabat, sans s’en offusquer, sachant qui est qui, dans le rapport de force, tord la main à l’Espagne en levant le bras sur la gestion de l’immigration du Sud vers le Nord. A chacun ses moyens de pression. Chacun a sa façon de réagir et de défendre quand les coups sont tous en dessous de la ceinture. C’est un jeu équitable, après tout. Aussi efficace que l’alliance avec Israël, qui a porté un coup mortel au moral des concurrents marocains, tous désireux de faire affaire avec Tel-Aviv, mais critiquant la décision finale de Rabat, qui assume ses élections et ses vues politiques et économiques sur l’échiquier des puissances mondiales. Cela n’a en rien sapé la participation du Maroc à la paix en Palestine. Cela n’a en rien ébranlé la solidité des relations avec les pays du Golfe, qui ont aussi leurs relations avec l’Etat hébreu. C’est ce déploiement sur plusieurs fronts, mené par le roi du Maroc, qui dérange, agace, déstabilise, génère une agitation politique au sein des appareils d’État, autrefois alliés comme la France, l’Espagne et l’Allemagne. Cette dernière a fait preuve d’un catastrophisme aberrant dans sa gestion de la crise, initiée par Berlin, avec Rabat.

Là aussi, le Maroc est resté ferme sur ses bottes. Soit nous sommes des alliés basés sur le respect mutuel, soit nous ne le sommes pas. Pas de demi-mesure. Le temps des hésitations et des approximations est définitivement révolu. Désormais, c’est le Maroc qui choisit ce qui lui convient, ce qui va dans le sens de sa vision des liens stratégiques, ce qui répond à ses exigences nationales, à la fois politiques, économiques et humaines. En d’autres termes et pour faire simple : le Maroc n’a de leçon à recevoir de personne. Dans un monde divisé qui a compris qu’aujourd’hui ce sont les pôles qui peuvent répondre aux grandes crises mondiales, le Maroc crée son propre cercle, selon ses options et ses intérêts. Ni supervision ni suivi, mais une attitude de leadership qui prend l’initiative et assume la responsabilité. C’est cette émancipation du Maroc qui bouleverse grandement plusieurs chancelleries européennes, qui ont réagi trop tard à la crise économique mondiale qui les a fragilisées, réalisant en même temps que des régions entières sont en train d’être effectivement prises par la main, avec d’autres alliances. comme c’est le cas entre le Maroc et la Chine, entre le Maroc et la Russie.

Le Maroc a compris, depuis au moins deux décennies, que l’avenir du monde se joue en dehors de l’Europe, continent exsangue et sénile, sans vision claire de l’avenir, qui se débat encore avec des pratiques archaïques, résidus sans contenu d’une politique colonialiste vision. d’entreprise en totale contradiction avec les réalités du monde actuel tel qu’il se manifeste aujourd’hui et se dessine pour l’avenir.

Abdelhak Najib
écrivain-journaliste

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