ADVERTISEMENT

L’humoriste Michel Bouquet est mort à 96 ans

L’acteur Michel Bouquet, monument du théâtre français connu pour avoir interprété pas moins de 800 fois “Le Roi est mourant” d’Eugène Ionesco et deux fois cessé pour ses rôles à l’écran, est décédé ce mercredi à l’âge de 96 ans, a annoncé son service de presse. à l’AFP.

“Michel Bouquet est décédé (mercredi) en fin de matinée dans un hôpital parisien”, a-t-on précisé.

ADVERTISEMENT

Si vous préférez le théâtre au cinéma, Michel Bouquet a joué dans plus d’une centaine de films, remportant deux Césars pour “Comment j’ai tué mon père” (2002) et “Le Promeneur du Champ de Mars” (2006).

ADVERTISEMENT

— « Jambes blanches » (Jean Grémillon, 1948)

Michel Bouquet débute au cinéma avec méfiance, jusqu’à ce que Jean Grémillon lui offre un rôle écrit par Jean Anouilh dans “Pattes Blanches” en 1948.

Il incarne Maurice, un jeune paria qui utilise son amante, Suzy Delair, pour se venger de son demi-frère. Avec sa silhouette élancée, ses yeux sombres et son jeu torturé, il crève l’écran. Dans “Mémoire d’acteur”, il se dit “ébloui” par Jean Grémillon, sans qui il ne se serait jamais lancé dans l’aventure du cinéma.

« Il avait une connaissance phénoménale de l’histoire, (…) il a osé créer des résumés bouleversants avec une puissance évocatrice digne de Shakespeare (…) J’avais vingt ans. J’étais presque analphabète. La fréquentation de Jean Grémillon a été un déclic décisif. Je me suis dit : +maintenant tu dois te cultiver (..) essayer d’être moins con, pour comprendre le monde aussi !

— « La femme infidèle » (Claude Chabrol, 1968)

Avec Claude Chabrol, qu’il considérait comme « son révélateur », Michel Bouquet a réalisé six films. Dans “La femme infidèle”, écrite spécialement pour lui, il incarne le meurtrier bourgeois et devient l’archétype du héros chabrolien.

“D’une certaine manière, il jouait pour moi, il me manipulait. Mais admirablement”, confiait-il à propos du réalisateur devenu son ami. “Voilà un grand metteur en scène ! Avec juste sa caméra, il a donné de l’intensité à ma performance.

Avec Truffaut (« La Sirène du Mississippi », « La mariée était en noir ») ou Yves Boisset (« Un condé »), il se spécialise dans les personnages inquiétants.

— « Les Misérables » (Robert Hossein, 1982)

Dans Les Misérables de Robert Hossein, il est l’inspecteur Javert, le chien que Victor Hugo compare à un chien policier qui poursuit inlassablement Jean Valjean, sa proie.

“Je n’ai pas la peau de Javert”, se défendait-il devant le réalisateur en 1982. “Il s’est battu pour que je le fasse et en le faisant je m’y suis habitué (…) Au fond, peut-être qu’il avait raison demander”. JE. Mais ce n’est pas un rôle que j’affectionne particulièrement.

— « Toto le héros » (Jaco Van Dormaël, 1991)

Le réalisateur belge Jaco Van Dormaël lui offre un rôle de grand échec dans ‘Toto le héros’, César du meilleur film étranger en 1992.

Il incarne Thomas, géomètre à la retraite, persuadé d’avoir été échangé à la maternité avec Alfred, son voisin d’enfance, élevé dans une famille aisée. Enfermé dans ce fantasme d’une existence volée, Toto, rêveur impénitent coincé dans l’enfance, perd la vie.

– “Comment j’ai tué mon père” (Anne Fontaine, 2000)

C’est “grâce à Anne Fontaine”, la seule femme à l’avoir réalisé, que Michel Bouquet avoue avoir enfin compris le cinéma. “Est-ce qu’une femme avait besoin de se faire accoucher par un acteur de 75 ans ?”

Dans “Comment j’ai tué mon père”, il incarne un père médecin qui réapparaît dans la vie de son fils (Charles Berling) trente ans après avoir quitté sa famille pour soigner les malades en Afrique.

Sans mièvrerie, le film décrypte la tragique absence de relation entre les deux hommes. À la fois vrai père et père fantasmé, Michel Bouquet est au sommet de son art.

— « Le promeneur du Champ de Mars » (Robert Guédiguian, 2005)

Dans “Le promeneur du Champ de Mars” de Robert Guédiguian, il incarne François Mitterrand, “tombé dans la solitude absolue” deux ans avant de mourir d’un cancer.

“Il y a un caractère inédit dans Mitterrand”, a expliqué l’acteur.

« Si le film est une fiction sur Mitterrand, c’est aussi un document sur l’art de Michel Bouquet », précise Robert Guédiguian. « S’il n’y avait pas eu Michel Bouquet, je ne pense pas que j’aurais fait le film. Michel Bouquet a une théâtralité naturelle (…) Pour ce rôle, il me fallait une majesté (…)”.

Leave a Comment