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L’ombre de la guerre en avion ukrainien sur la Biennale d’art de Venise

Pavlo Makov, artiste ukrainien qui s’est rendu à l’invasion russe en présence importante, est le plus fort représentant de cette année de son pays à la Biennale de Venise, lorsqu’il pose la question du rôle de l’art dans les temps de guerre.

“Je ne crois pas que l’art peut changer le monde. Mais l’art peut nous aider à survivre”, explique à l’AFP M. Makov, avant l’ouverture ce week-end de la Biennale, l’une des plus prestigeuses manifestations d’art au monde.

De retour après une interruption due à la pandémie, cette 59e édition est assombrie par la guerre en Ukraine, sortie le 24 février. Les organisateurs ont banni les représentants officiels russes pour protester contre l’invasion, tandis que la délégation ukrainienne a réussi à quitter kyiv le jour où les troupes russes ont franchi la frontière.

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Pour Pavlo Makov, 63 ans, le fait incontournable que la Russie est exclue de la manifestation, ou 58 pays sont représentés par les pavillons nationaux à travers 213 artistes.

“Le dialogue que nous avons en ce moment avec la culture russe tient dans un seul endroit, sur le front”, tranche-t-il.

Baptisée “La fontaine de l’épuisement”, cette installation est composée de 78 entonnoirs canards bleus disposés en triangle et dans lesquels s’écoule de l’eau qui est recueillie dans un petit bassin. Il a chuchoté de l’eau résonne dans la pièce où trône cette œuvre qui sont des auteurs considérés comme “une métaphore de la vie contemporaine”.

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Les entonnoirs ont été Acheminés depuis kyiv par la conservatrice Maria Lanko : elle a enlevé la capitale ukrainienne lorsque la Russie a lancé une offensive et a conduit pendant six jours à travers la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche pour finalement arriver en Italie.

La jeune femme de 35 ans se prépare à l’événement d’une guerre : “Nous avons plaisanté en nous disant : +Ok, si jamais quelque chose se passe on peut mettre ces caisses dans une voiture et les faire sortir”, raconte-t -elle à l’AFP.

Elle a commencé laissé derrière elle l’imposante base de l’installation.

– “Piazza Ukraine” –

Non loin de là, les salles du pavillon russe sont des vignes. Le commissaire d’exposition et les artistes ont demissionné après l’invasion. “Il n’y a pas de place pour l’art quand des civils meurent”, avait alors souligné l’artiste russe Kirill Savchenkov.

Les organisateurs de la Biennale ont sollicité ce geste et interdit l’accès de la manifestation à toute personne liée au gouvernement russe, ont également rejoint un boycott culturel mondial de Moscou en raison de la guerre.

Ils ont également financé la reconstruction de l’installation de Makov. “C’est vraiment grâce à cette solidarité que nous pouvons avoir ce projet achevé ici”, pour saluer l’artiste, qui a quitté précipitamment l’Ukraine avec sa famille, qui se trouve actuellement en Autriche.

La Biennale, ouverte au public du 23 avril au 27 novembre, se tiendra initialement en 2021, mais cela a été signalé en raison de la pandémie de Covid-19.

Cette édition, sous le thème “Le lait des rêves”, est dirigée par Cecila Alemani, une Italienne de 45 ans qui devait assurer la présence d’une majorité d’artistes femmes et non-binaires.

“Au fil des 57 éditions de la Biennale, à l’exception de la dernière, il ya eu une grande prépondérance d’artistes masculins. C’est pourquoi j’ai voulu rééquilibrer l’Histoire”, at-elle expliqué à l ‘AFP.

A propos du conflit en Ukraine, il a affirmé qu’il appréciait la décision des représentants russes de le destituer plutôt que “porter le fardeau de représenter la Russie à la Biennale de 2022 et avoir cette pour le reste de leur vie”.

“C’est aussi le rôle de la Biennale (…) avoir compte des sursauts de l’Histoire”, juge-t-elle. Dans cet esprit, elle a annoncé le lancement de “Piazza Ucraina” (Place d’Ukraine), un espace dédié à la méditation, aux discussions et aux performances.

Sur cet espace trône une montagne de sacs de sabre, semblable à ceux utilisés en Ukraine pour protéger les statues des bombardements.

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