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Long Covid : symptômes persistants des mois après la première vague | salle de presse

Les participants ont rempli divers questionnaires sur leurs symptômes © Adobe Stock

Plusieurs mois après avoir été infecté par le SRAS-CoV-2, les symptômes persistent chez certains patients. On parle d’un état long de Covid ou “post-Covid”. Encore mal compris, ce phénomène est aujourd’hui étudié avec attention par les scientifiques pour enrichir les connaissances sur le sujet et proposer la meilleure prise en charge possible.

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Des chercheurs de l’Inserm, de l’Université Paris-Saclay et de l’Université de la Sorbonne à l’Institut Pierre-Louis School of Epidemiology and Public Health, en collaboration avec laANS | Maladies infectieuses émergentes, identifiées à partir des données de près de 26 000 volontaires de la cohorte Constances, dont les symptômes persistants sont les plus fréquents rapporté par les personnes qui ont été infectées par le SRAS-CoV-2 par rapport au reste de la population. Il s’agit principalement de la perte du goût ou de l’odorat, de l’essoufflement ou de la fatigue. Ces symptômes sont particulièrement observés chez les patients qui présentaient des symptômes typiques de Covid au moment de l’infection. Les résultats sont publiés dans la revue The Lancet Santé régionale – Europe.

De nombreuses personnes signalent des symptômes persistants plusieurs mois après avoir été infectées par le SRAS-CoV-2. Cet état « post-Covid » est encore mal connu, mais fait actuellement l’objet d’investigations rigoureuses pour mieux définir sa prévalence dans la population générale et décrypter les mécanismes physiopathologiques sous-jacents.

Parmi les symptômes persistants les plus décrits dans la littérature scientifique figurent la dyspnée (difficulté à respirer), l’asthénie (fatigue), les douleurs articulaires et musculaires, les troubles cognitifs, les troubles digestifs ou encore l’anosmie/dysgueusie (perte de l’odorat et du goût).

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Hormis ce dernier symptôme, ce sont des manifestations cliniques qui ne sont pas typiques du Covid-19 et qui pourraient être liées, par exemple, à d’autres infections contractées dans la même période ou à un accès plus restreint au système de santé pendant la pandémie.

Pour mieux comprendre et mieux gérer l’état “post-Covid”, il est essentiel que les scientifiques déterminent quels symptômes persistants sont les plus étroitement associés à une infection par le SRAS-CoV-2.

Une étude en population générale

La nouvelle étude publiée dans The Lancet Santé régionale analyser cette question. Cette étude tire son originalité en premier lieu du fait qu’elle a été réalisée dans une cohorte de population générale.

Les cohortes de la population générale diffèrent de celles construites à partir d’échantillons de patients Covid (par définition, tous “symptomatiques” et souvent avec des formes cliniques sévères ou hospitalisés), qui ne sont pas représentatifs de toutes les personnes infectées.

Ce type de cohorte permet donc d’appréhender les problèmes de santé publique en élaborant des groupes comparatifs, par exemple en fonction de la sévérité des symptômes présentés au moment de l’infection.

L’autre originalité du travail est que tous les participants ont bénéficié d’un test sérologique ultérieur pour rechercher un antécédent d’infection au SRAS-CoV-2. Cela différencie ce travail de la plupart des travaux qui ont été menés sur le sujet, qui portent sur des personnes ayant subi un test PCR et qui ont présenté des symptômes.

Ainsi, ce travail permet de comparer la persistance des symptômes sept à huit mois après la première vague de la pandémie dans quatre groupes de participants.[1] répartis en fonction des symptômes qu’ils avaient eus lors de cette première vague et de leur statut sérologique (témoin d’une infection au SRAS-CoV-2 ou non).

Symptômes à long terme selon le statut sérologique

25 910 participants de la cohorte Constanzas (voir encadré) ont répondu à deux questionnaires lors de la première vague de la pandémie de Covid-19, afin de déterminer la présence de symptômes dans la quinzaine précédente. Un test sérologique a ensuite été réalisé pour chacun d’entre eux, entre mai et novembre 2020, afin d’identifier ceux qui avaient été exposés au virus.

Enfin, entre décembre 2020 et février 2021, les participants se sont vu proposer un troisième questionnaire sur les symptômes persistants ou persistants depuis au moins deux mois. Ce questionnaire comprenait la liste des symptômes recherchés lors des premières vagues de questionnaires, mais aussi de nouveaux symptômes dont se plaignaient les personnes atteintes de “long Covid” (troubles de la concentration et de l’attention, douleurs thoraciques, etc.).

Les chercheurs ont comparé des individus qui présentaient des symptômes évocateurs d’une infection respiratoire aiguë en fonction de leurs résultats sérologiques. Ils ont observé que les personnes symptomatiques avec une sérologie positive présentaient une anosmie/dysgueusie, une dyspnée et une fatigue plus persistantes que les personnes séronégatives pour le SRAS-CoV-2. Les autres symptômes avaient une fréquence équivalente.

Liens entre les symptômes présents au moment de l’infection et les symptômes persistants

Les auteurs ont ensuite exploré le lien entre l’infection, les symptômes aigus et les symptômes persistants. Les résultats de leurs analyses statistiques montrent que l’infection par le SRAS-CoV-2 a essentiellement un effet sur la persistance des symptômes si elle induit certains symptômes au moment de l’épisode aigu d’infection.

« Nos résultats confirment l’importance de l’expression clinique de l’épisode infectieux initial dans le risque de développer des symptômes persistants. Ils peuvent aider à orienter les politiques publiques en fournissant des données plus précises sur le type de symptômes persistants de la COVID-19 et en encourageant le développement de stratégies de gestion plus efficaces. Promouvoir des thérapies et des approches préventives, telles que la vaccination, qui réduisent les symptômes pendant la phase aiguë de la maladie pourraient également avoir un effet bénéfique dans les états post-Covid », notent les auteurs de l’étude.

Ces résultats témoignent de la complexité des mécanismes pouvant expliquer les symptômes persistants, soulignant que ces symptômes peuvent être liés au virus, à la présentation clinique initiale de l’infection et à d’autres causes non spécifiques.

Ils suggèrent également l’importance de mener des études sur les états post-infectieux, quel que soit le microorganisme responsable.

D’autres travaux sont en cours pour comprendre les mécanismes sous-jacents à ces états “post-Covid” et pour quantifier la proportion de ces symptômes persistants attribuables à l’infection par le SRAS-CoV-2.

La cohorte Constance

Constances est une grande cohorte épidémiologique française, composée d’un échantillon représentatif de 220 000 adultes âgés de 18 à 69 ans au moment de l’inclusion. Les participants sont invités à passer un examen de santé tous les quatre ans et à remplir un questionnaire chaque année. Les données de ces volontaires sont comparées chaque année avec les bases de données de l’Assurance Maladie. Cette large cohorte est prise en charge par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et financée par le Programme d’Investissements d’Avenir.

Les données recueillies portent sur la santé, les caractéristiques socioprofessionnelles, le recours aux soins, les paramètres biologiques, physiologiques, physiques et cognitifs et permettent d’en savoir plus sur les déterminants de nombreuses maladies.

Constances fait partie des trois cohortes sur lesquelles porte le projet SAPRIS-SERO soutenu par l’Inserm et l’ANRS | Emerging Infectious Diseases, qui vise à quantifier l’incidence du SARS-CoV-2 dans la population française grâce à des tests sérologiques.

Pour plus d’informations : www.constantes.fr

[1] Le premier groupe de participants comprenait toutes les personnes testées positives pour le covid 19 et qui ont signalé des symptômes lors de la première vague. Dans le deuxième groupe, les individus ont été testés positifs mais n’ont présenté aucun symptôme. Le troisième groupe était constitué de ceux dont le test sérologique et les symptômes étaient négatifs, tandis que le quatrième groupe était asymptomatique lors de la première vague, avec un test sérologique négatif.

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