l’urgence est à des mesures immédiates et drastiques

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui publie tous les six à sept ans des rapports d’évaluation scientifique complets sur le changement climatique et ses effets. On dit cette fois qu’au rythme où va la planète, il est quasiment impossible d’atteindre l’objectif de 1,5 degrés Celsius fixé par l’Accord de Paris.

Pour atteindre cet objectif, des mesures doivent être prises dès maintenant pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), a déclaré le GIEC à la fin du troisième volet du rapport, intitulé Climate Change Mitigation.C’est maintenant ou jamais si nous voulons limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés Celsius. Sans des réductions immédiates et profondes des émissions dans tous les secteurs, cela sera impossible.a déclaré Jim Skea, coprésident du troisième groupe de travail du GIEC. “Nous sommes à la croisée des chemins. Les décisions que nous prenons maintenant peuvent assurer un avenir vivable. Nous avons les outils et les connaissances pour limiter le réchauffement climatique», a souligné pour sa part le président du GIEC, Hoesung Lee.

Pour ce troisième volet de la trilogie scientifique du rapport, un opus de près de 3 000 pages, experts du GIEC, le verdict est sans appel, la publication laisse peu de place au doute « sans réduction rapide, radicale et le plus souvent immédiate » des émissions de GES en tous les secteurs, il ne sera pas possible de limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l’époque préindustrielle, ni même à +2°C. Lors de la présentation de ce volet, nous aurons détaillé les moyens de limiter nos émissions de gaz à effet de serre et les changements climatiques, et de nous y adapter. Le Britannique Jim Skea, coprésident du GIEC, a également averti : «Plus on attend pour agir, plus les enjeux pour limiter les effets du réchauffement climatique sont grands».

Cependant, l’avertissement semble tomber dans l’oreille d’un sourd, puisque pour l’heure les États concernés ne sont pas, pour l’instant, à la hauteur du défi et ne semblent pas inquiets. Le réchauffement de +1,1°C, actuellement enregistré, a laissé la moitié de l’humanité très vulnérable, qui connaît une recrudescence des canicules, des sécheresses, des tempêtes et des inondations et aucun endroit de la planète n’est épargné. Nous prévoyons que sans aucun changement la planète se dirigera vers un réchauffement de +3,2°C d’ici la fin du siècle, c’est-à-dire si nous courons vers la catastrophe, sachant en cela que chaque dixième de degré supplémentaire dans le grand nombre de catastrophes climatiques. Pour éviter cela, le GIEC recommande que les émissions culminent avant 2025 et diminuent de près de moitié d’ici 2030 par rapport à 2019.

Les émissions mondiales doivent être réduites avant 2025 et d’au plus 43 % d’ici 2030. Dans le même temps, les émissions de méthane doivent également être réduites d’environ un tiers. Le GIEC a déclaré que les émissions annuelles moyennes de GES dans le monde étaient à leurs niveaux les plus élevés de l’histoire de l’humanité entre 2010 et 2019.La mise en place des politiques, des infrastructures et des technologies appropriées pour permettre des changements dans nos modes de vie et nos comportements peut entraîner une réduction de 40 à 70 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Cela offre un potentiel inexploité importanta déclaré Priyadarshi Shukla, coprésident du troisième groupe de travail du GIEC.

Outre le secteur de l’énergie, l’industrie (1/4 des émissions mondiales) est également confrontée au défi de la réduction la plus absolue. Limiter le réchauffement à environ 1,5 degrés Celsius, suggère le rapport du GIEC, nécessite de nouveaux processus de production, des émissions faibles ou nulles d’électricité, d’hydrogène et de captage et stockage du carbone. Les changements à opérer sont importants et impliquent une réduction significative des énergies fossiles, une augmentation des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique et de l’électrification, des changements dans les modes de vie, une augmentation substantielle des financements et des aides à l’innovation technologique selon le GIEC. Energie, transports, industrie, construction, tout doit changer selon les experts du GIEC, qui pointent du doigt le mode de vie et les habitudes des humains. Celles-ci ont montré que les villes africaines, souvent injustement mises en cause, ne sont pas responsables de l’augmentation des émissions. “Au contraire, les modes de vie accélèrent la crise. Pour inverser cette tendance, les États doivent veiller à leur industrialisation».

Telles sont les principales conclusions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publiées ce lundi 4 avril, dans la troisième et dernière partie de son sixième rapport d’évaluation, dont la synthèse est prévue en septembre.

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