Marathon des Sables : les Marocains sont-ils toujours imbattables ?

Au terme de la course de 250 km dans le Sahara que s’apprêtent à affronter les 985 participants du Marathon des Sables 2022, un homme vise sa 9e victoire dans la course la plus célèbre du désert. Et si c’est bien un nouveau succès individuel que recherche Rachid El Morabity, c’est une course d’équipe que son clan devrait, une nouvelle fois, livrer pour secouer la concurrence. « A mon avis, c’est l’une des principales raisons qui explique sa domination incontestée, expliquait, en octobre dernier à l’issue de la 35e édition, Mathieu Blanchard, 3e de l’UTMB en 2021 et prétendant au podium l’an passé au MDS. Ils se comportent comme une équipe cycliste, travaillant ensemble pour que leur leader gagne et se partage les primes de course à la fin. »

Ne jamais mener le peloton dans les dunes pour ne pas diriger ses adversaires, donner un « faux rythme » dans les parties roulantes pour fatiguer la concurrence (quitte à épuiser l’un des siens) sont des techniques utilisées par les locaux. « Ils ont aussi une formidable capacité à accélérer en fin de course. Ils gèrent toute l’épreuve en groupe, en préservant Rachid pour qu’il puisse exploiter le peloton en fin d’étape », témoigne Méril Robert, le seul Français à être monté deux fois sur le podium ces dernières années (2019 et 2021).

“Tant que les coureurs occidentaux n’acceptent pas de courir en équipe, je ne vois pas comment ils peuvent rivaliser avec les Marocains”

Le Français a également déclaré à la fin de la 35e édition : « Tant que les coureurs occidentaux n’acceptent pas de courir en équipe, je ne vois pas comment ils peuvent rivaliser avec les Marocains. Le Marathon des Sables est une course où l’expérience prime. Il faudrait constituer un petit groupe de bons coureurs avec déjà une ou deux éditions du MDS au compteur et on pourrait y concourir. »

Et cela ne devrait pas arriver cette année, malgré la présence de très bons pilotes, notamment français. Julien Chorier, l’un des meilleurs traileurs du monde il y a quelques années et déjà présent au MDS à plusieurs reprises, est arrivé dans le désert quelques jours avant pour s’acclimater, quand Cédric Fleureton, l’un des meilleurs coureurs français aujourd’hui, n’est pas au Maroc pour faire des extras.

Merile Robert ne devrait pas jouer sur le podium

Quant à Mérile Robert, il jouera cette année la carte du collectif en roulant au sein d’une équipe créée par son patron, ce qui l’éloignera sûrement du podium. Soulignons également la présence de deux athlètes espagnols qui pourraient aussi “jouer” avec la tête de course, Miguel Heras Hernández (47 ans) ancien athlète de trail élite et Alejandro Fraguela, 7e en 2018. “Mais pour cette année encore, je pense qu’on peut s’attendre à une victoire marocaine.” conclut Merile Robert.

Reste à savoir si la dynastie Rachid El Morabity continuera de battre le record de 10 victoires de Lahcen Ahansal ou si son frère Mohamed, 2e des quatre dernières éditions, prendra le relais cette année. Mais il faudra aussi surveiller un autre Marocain, le jeune Aziz Yachou, qui l’an dernier a bien hué le clan El Morabity en terminant au pied du podium, notamment à cause d’une pénalité matérielle, “Pour l’avoir vu en course, je pense que Yachou a le potentiel pour rivaliser avec El Morabity”, dit Mérile Robert.

Le Raji marocain préféré, espagnol et français à l’affût

Pour les femmes, la course a toujours été plus disputée que pour les hommes. Sur 36 éditions, seules trois victoires sont pour les Marocaines, quand 13 sont pour les Françaises. Mais l’an dernier, Aziza Raji a facilement dominé la course et semble déterminée à entamer une série de victoires. Elle affrontera plusieurs athlètes de haut niveau, dont les Françaises Sylvaine Cussot, les Espagnoles Anna Comet Pascua et Manuela Vilaseca et la triple tricolore Laurence Klein.

“On espère que le taux d’abandon reviendra à son pourcentage habituel de 3 ou 4%”

Patrick Bauer, fondateur du Marathon des Sables

Au menu de ces coureurs d’élite, une course moins ambitieuse que l’édition d’octobre 2021, marquée par près de 50% d’abandons parmi les coureurs lancés par une chaleur exceptionnelle et un virus circulant dans le bivouac.

A moins de 24 heures du départ, la température ne dépasse pas les 25 degrés alors qu’elle frôlait les 40 degrés en octobre dernier (avec des sensations supérieures à 50 degrés C au soleil) et le parcours est dans la lignée des éditions précédentes sans Passage aussi compliqué. comme franchir les dunes de Merzouga qui avaient fait des ravages en 2021. “On s’attend à ce que le taux de décrochage revienne à son pourcentage habituel de 3 ou 4%”, On ne cache pas Patrick Bauer, fondateur emblématique du MDS, qui s’est toujours efforcé de rendre son aventure la plus accessible possible.

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