Marine Le Pen, Emmanuel Macron, deux visions du monde opposées

On veut réformer l’OTAN, tout en développant une Europe autonome en matière de défense. Son adversaire, de son côté, évoque une sortie de l’Alliance atlantique, une fois la guerre en Ukraine terminée. En plein conflit ukrainien, les questions de défense et de diplomatie trouvent une place inédite dans la campagne présidentielle. Le second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen est prévu le 24 avril.

Le président sortant, Emmanuel Macron, est favorable à la coopération européenne et internationale. Contre lui, le candidat d’extrême droite du parti du Regroupement national (RN) s’accroche à des positions plus nationalistes et souverainistes. ” Je remplacerai la diplomatie loquace d’Emmanuel Macron par la diplomatie du silence et de l’action confidentielle », a déclaré le candidat lors d’une conférence de presse le 13 avril.

Revue des relations internationales.

Si elle est élue, Marine Le Pen entend retirer la France du commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Il s’agit d’une alliance visant à assurer la sécurité de ses pays membres par des moyens politiques et militaires. ” Je ne mettrai tout simplement jamais nos forces armées sous un commandement qui ne relève pas de la souveraineté nationale française, ni d’un commandement intégré de l’OTAN, ni d’un futur commandement européen. », réaffirme Marine Le Pen. Il prône donc une force purement française.

Sur les 12 candidats au premier tour, 7 sont favorables au retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN

  • Marine Le Pen n’est pas la seule candidate favorable au retrait de la France du commandement intégré de l’Otan.
  • Nicolas Dupont-Aignan, Éric Zemmour, Jean Lassalle, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, Philippe Poutou étaient également favorables à cette proposition.
  • Nathalie Arthaud n’a pas formulé de position claire sur cette question et prône le non-alignement.
  • Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Yannick Jadot et Emmanuel Macron restent favorables au maintien de l’alliance.

Marine Le Pen affirme toutefois qu’elle ne “ ne renoncerait pas à l’application de l’article 5 », obligeant un État membre à venir en aide à un autre, en cas d’agression. Il a également l’intention de rester dans l’OTAN. Le candidat d’extrême droite ne souhaite donc que s’éloigner du côté purement militaire de cette alliance. Emmanuel Macron, pour sa part, a renforcé la participation de la France à l’Otan depuis le début de la guerre en Ukraine. En 2019, il critique l’Alliance, s’inquiéter pour elle Mort cérébrale. » Il considère désormais que l’OTAN a reçu un ” électrochoc » avec la guerre en Ukraine, qui lui a permis de trouver un « clarification stratégique », a-t-il déclaré lors de la présentation de son programme pour la présidentielle du 17 mars.

Le président sortant se présente comme un défenseur de l’autonomie stratégique de l’Europe. Elle souhaite notamment renforcer la défense de l’Union européenne. C’est dans cette perspective que s’inscrivent les grands programmes d’armement européens, notamment l’accord entre la France et l’Allemagne en 2020. Les deux pays se sont mis d’accord sur trois grands programmes pour une Europe de la défense. Il y a la conception d’un drone de renseignement, baptisé Eurodrone, mais aussi le futur avion de combat air combat system (SCAF) et le char franco-allemand ou MGCS (pour Main ground combat system). Ces programmes s’inscrivent dans la volonté de consolider l’autonomie européenne dans le volet industriel de la Défense.

Les points de vue des deux candidats sur la coopération militaire entre différents pays sont diamétralement opposés. Marine Le Pen est favorable à la rupture de tous les accords de coopération militaro-industriels conclus depuis 2017. Elle évoque notamment les grands programmes d’armement entre la France et l’Allemagne, approuvés en 2020 ». Nous arrêterons toute coopération avec Berlin – avions de chasse comme chars du futur – pour poursuivre nos propres programmes de remplacement des chars Leclerc et Rafale. », soutient le candidat d’extrême droite le 13 avril.

Différences dans les relations avec la Russie

Lors de sa conférence de presse du 13 avril, Marine Le Pen a également exprimé le souhait de voir un « rapprochement stratégique entre l’OTAN et la Russie », à la fin de ce qu’elle appelle « la guerre russo-ukrainienne. Le candidat du RN est également hostile aux sanctions économiques contre Moscou. Elle craint qu’ils ne sapent le pouvoir d’achat des Français à long terme.

La candidate d’extrême droite s’interroge sur sa relation avec Vladimir Poutine lors de sa conférence. elle dit être totalement indépendant de tout lien, de tout pouvoir, de toute entreprise de toute nationalité d’ailleurs. En 2017, lors de la campagne présidentielle, elle est reçue par le dirigeant russe au Kremlin. Elle est également toujours en train de rembourser un prêt d’environ 9 millions d’euros à un créancier russe. Il avoue avoir des difficultés à obtenir des prêts auprès des banques françaises et met « à la disposition de toute banque américaine ou sud-américaine qui souhaite reprendre le prêt ».

De son côté, Emmanuel Macron l’accuse de « complaisance envers Vladimir Poutine. Lors d’un déplacement à Denain, dans le nord de la France, le 11 avril, il a déclaré que le candidat d’extrême droite est « dépendant de la Russie. Côté programme, le président sortant veut continuer à appliquer la stratégie européenne et punir la Russie. Il a utilisé la guerre en Ukraine pour justifier son entrée tardive dans la campagne présidentielle, se positionnant comme un leader et un interlocuteur privilégié dans les négociations avec Vladimir Poutine.

Leave a Comment