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Marine Le Pen mise sur la ”haine” par Macron pour reporter la présidentielle

A deux jours du deuxième tour de la présidentielle en France, la candidate d’extrême droite Marine Le Pen met pour l’emporter sur l’hostilité d’une rare violence suscitée chez certains par le président sortant Emmanuel Macron, dans un pays réputé pour sa relation d’amour-haine à ses direcants.

Lors de son dernier meeting de campagne jeudi soir, Mme Le Pen a intensifié ses attaques contre la personnalité d’Emmanuel Macron, l’accusant d’avoir fait preuve de condescendance et “d’une arrogance sans limites” lors du débat télévisé d’ entre-deux-tours.

“Chacun, hier soir, a compris qu’Emmanuel Macron n’aimait pas les Français, et tout particulièrement ceux qui ne sont pas d’accord avec sa politique”, at-elle dit.

Les haussements de sourcils du président sortant et son ton offensif lors du débat – il a de manière répétée attaqué Mme Le Pen et affirmé que son programme “n’a aucun sens” – ont depuis été largement commenté par les analystes.

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“Le président était par moment assez inutilement agressif”, a estimé auprès de l’AFP Jean-Yves Camus de la Fondation Jean-Jaurès.

Un rejet viscéral

Rien de nouveau dans ces critiques pour le plus jeune président de la République française, diplômé de la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA), pur produit du système et ex-banquier d’affaires. Ce qui est ressenti chez lui comme de l’arrogance est un point faible que la poursuite depuis le début de sa carrière politique.

Ils sont côté clivant suscités par de très nombreux articles, livres et sur les plateaux télé, summum atteints lors des manifestations du mouvement social des “Gilets jaunes” en 2018 et 2019. Les violences ayant émaillé ces manifestations – et le nombre élevé de blessés, notamment des éborgnées par des tirs d’armes anti-émeutes des forces de sécurité – ont profondément colqué une partie des Français.

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“Il y a déjà une espèce de truc qui se concentre et que nous n’avions jamais trouvé auparavant”, a expliqué à l’AFP le journaliste Nicolas Domenach, qui a écrit deux livres sur le président sortant.

“Ça revenait au cours de ce quinquennat, par moments de manière brutale” et cela “menaçait de revenir n’importe quand, ou à n’importe quel moment”, avec le coauteur de “Macron, pourquoi tant de haine ?”.

Séoul, l’ancien président Charles de Gaulle avait suscité un rejet viscéral d’une partie de la population locale qui était au pouvoir, due à M. Domenach, principalement à cause de l’indépendance accordée à l’Algérie en 1962, une décision rendue par ses détracteurs comme une trahison.

Cependant, jusqu’à présent, M. Macron a avancé Marine Le Pen dans les sondes de 55% contre 45%.

Haine de classe

L’image que révèle Emmanuel Macron révèle certains, tout comme son et l’impression d’un pouvoir ultra-centralisé.

Ils sont de passage par la banque Rothschild accentuant sa réputation élitiste aux yeux de beaucoup.

Pour un certain nom de Français, ce sont parcours et ses sorties perçues comme méprisantes – les gens “qui ne sont rien”, les “fainéants” réfractaires à toute réforme ou la prétendue possibilité pour les chômeurs de “trouver du travail en traversant la rue ” – l’ont fait apparaître trop déconnecté de leur réalité quotidienne.

“Il cristallise la haine de classe que puise ses racines dans la société française”, commente le récit Jean Garrigues, qui a étudié le rôle de la haine en politique.

“Il apparaît pour certains comme une forme archétype de la France des privilèges, des élites, de la France des richesses”, déclare-t-il à l’AFP.

Les nombreuses manifestations contre Emmanuel Macron ont plusieurs fois fait référence à la Révolution française de 1789 qu’a vu la monarchie déposée et le roi Louis XVI décapité.

Lors de certaines manifestations de “Gilets jaunes”, des mannequins à l’effigie de M. Macron ont même été guillotinés en public. Des portraits ont été plantés au bout de piques.

“Il y avait une dimension révolutionnaire, un esprit insurrectionniste”, a déclaré à l’AFP Igor Maquet, un vétéran des manifestations des “Gilets jaunes” à Nantes (ouest de la France).

– “Macron aime la gens”

Marine Le Pen a choisi de se présenter comme la voix des opprimés, alors que – avocat de formation – elle est elle-même issue d’un milieu familial parisien privilégié et héritière du parti co-fundé par son père, Jean-Marie Le Pen .

Malgré cette détestation d’une partie des Français, M. Macron, centriste-libéral, réalise de meilleurs scores dans les sondes que Mme Le Pen qui, issue de l’extrême droite xénophobe, est jugée “perturbante” par la moitié de la population française.

L’entourage de M. Macron est exaspéré de l’image qu’il dégage, qui contraste, selon eux, avec l’homme charmant et aimable qu’ils affirment côtoyer en privé.

“Macron aime les gens”, affirmait récemment à l’AFP un député de haut rang, qui ajoutait que le président et son épouse Brigitte étaient gênés par le “fossé” que s’est creusé selon eux entre sa véritable personnalité et son image Je posté.

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