on a lu le dernier livre d’Yvon Quiniou

Dans la perspective des élections présidentielles, les questions liées aux femmes deviennent récurrentes dans la campagne. À partir de Valérie PécresseLa candidate LR, qui promet de faire de la santé des femmes l’une des grandes causes de son quinquennat, dans l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon ou le vert Yannick Jadot qui veulent allouer un milliard d’euros contre les violences sexuelles, les promesses parviennent aux 34 millions de femmes qui composent la société française. Les électeurs, quant à eux, sont environ 40 % à vouloir voter pour l’un des candidats en lice. “L’avenir de l’homme, c’est la femme”écrit Louis Aragon, âgé Le fou d’Elsa (1963). Convaincu par cette proclamation, Yvon Quiniou, philosophe et auteur, dans son dernier essai Pour que l’homme ne soit pas l’avenir de la femme (éditions L’Harmattan), questionne les revendications féministes actuelles.

Si les revendications féministes sont nées dans l’inconscient collectif à la fin du XIXe sièclemoi siècle avec la revendication du droit de vote, Yvon Quiniou rappelle que le 18moi Le XIXe siècle et la Révolution française constituent un moment crucial, avec, par exemple, Nicolas de Condorcet défendant l’éducation des femmes et l’égalité des droits. Mais seuls les hommes se verront accorder le titre de citoyen et le droit de vote, à condition qu’ils jouissent d’un minimum d’autonomie financière. Un droit étendu à tous les Français en 1848, mais que les Françaises n’obtiendront qu’en 1944.

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Mais au-delà du droit de vote, certains, au XXemoi siècle, la question de l’égalité sociale sera posée, conscient que l’égalité politique n’abroge pas l’exploitation au travail dans la hiérarchie capitaliste. La féministe allemande Clara Zetkin a vu dans l’ouvrière “collègue de travail, d’esclavage et d’armes” du travailleur

Ce féminisme, qui prône une stricte égalité entre hommes et femmes, repose aussi sur des identités différentes mais complémentaires. Simone de Beauvoir, dans son livre le deuxième sexe (1949), mettra en lumière une différence féminine spécifique, qu’elle considère comme une force. Grâce à cette différence entre l’homme et la femme, le couple évite l’ennui de se retrouver nez à nez avec son double.

L’homme, avenir de la femme ?

Illustrer la rupture avec le féminisme contemporain, qui apparaît à la fin du 20ème sièclemoi siècle, Yvon Quiniou met en lumière une autre écrivaine féministe : Virginie Despentes. Ô temps, ô manières ! l’auteur de Théorie de King Kong (2006) signe une volonté de revanche sur les hommes et la féminité vécue comme de la « putasserie ». Dans une logique d’indifférenciation, la femme doit devenir identique à l’homme, jusqu’à adopter ses pires défauts. En 2014, on parlait d’une vidéo de la société américaine FCKH8, dans laquelle apparaissaient des filles déguisées en princesses et jurant comme des automobilistes. L’impolitesse, longtemps considérée comme inappropriée pour une femme, est revendiquée comme un pas de plus vers l’égalité des sexes.

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Mais la grossièreté n’est pas le seul défaut chez les hommes : Yvon Quiniou cite le goût effréné du pouvoir (que l’on retrouve en politique), une ambition personnelle extrême, et parfois une cruauté que Sigmund Freud voyait comme la preuve d’une pulsion de mort chez l’homme. .

Inspiré par les luttes des femmes au début du XXe siècle.moi siècle, l’auteur défend l’égalité des sexes dans la différence. Au lieu de voir les femmes revêtir les défauts des hommes, il déclare préférer voir tous les êtres humains revêtir des qualités féminines, affirmant ainsi avec Louis Aragon que la femme est en fait l’avenir de l’homme.

*Yvon Quiniou, Pour que l’homme ne soit pas l’avenir de la femme. Quelle égalité hommes-femmes ?, Editions L’Harmattan112 pages, 13 €

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