Pandémie – Crise alimentaire mondiale : le scénario effrayant !

LLes terriens sont-ils maudits ? Une crise alimentaire mondiale faisant suite à une pandémie, voire les deux juxtaposées : c’est le scénario catastrophe que redoutent tous les observateurs.

La crise sanitaire du Covid-19 dure depuis deux ans et nous n’en sommes pas complètement sortis. Il est vrai que le virus n’est plus aussi violent et meurtrier, mais il fait toujours des victimes. Au 5 avril, on dénombrait 494 millions de cas de contamination pour 6,17 millions de décès dans le monde. Au-delà du drame humain, cette pandémie de deux ans a profondément fragilisé les économies, plongeant plusieurs pays dans une sévère récession, mais surtout elle a bouleversé l’ordre économique mondial établi. Et jusqu’à présent, l’économie mondiale ne s’est pas totalement remise de cette crise sanitaire.

En effet, grâce à la forte reprise économique, des déséquilibres se sont créés entre l’offre et la demande, notamment en raison de goulots d’étranglement dans les chaînes de production, auxquels s’ajoutent la hausse vertigineuse des coûts de transport et de fret, la hausse des prix de l’énergie, les interruptions de le trafic des aéroports, ainsi que les pénuries de certains produits, tels que les semi-conducteurs, etc. Cette situation a créé une forte pression sur les prix des produits alimentaires notamment. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les prix du blé et de l’orge, par exemple, ont augmenté de 31 % dans le monde au cours de l’année 2021, tandis que les prix de l’huile de colza et de l’huile de tournesol ont augmenté de plus de 60 %. %.

Greniers

La Russie et l’Ukraine sont des “usines” céréalières pour le monde. Ces deux pays représentent 15 % de la production mondiale de blé et près de 30 % des exportations. Ils fournissent également 19 % de l’approvisionnement en orge et plus du tiers des exportations mondiales de céréales.

Depuis le 24 février 2022, date à laquelle les chars russes sont entrés en Ukraine, il y a eu une augmentation des prix des denrées alimentaires en raison, entre autres, des sanctions imposées à la Russie, des interruptions des chaînes d’approvisionnement et de distribution des céréales, des restrictions à l’exportation décidées par l’Ukraine… Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que 13,5 millions de tonnes de blé et 16 millions de tonnes de maïs sont bloqués en Russie et en Ukraine, soit 23 % et 43 % de ses exportations prévues en 2021-2022. Ainsi, les prix mondiaux du blé ont augmenté d’environ 21 %, ceux de l’orge de 33 %, tandis que certains engrais ont vu leur prix augmenter jusqu’à 40 % depuis l’invasion russe. A fin mars, les prix ont augmenté en un an de 48% pour les céréales, dont 79% pour le blé.

Les pays qui souffrent le plus de cette situation sont ceux qui ont une dépendance « alimentaire » vis-à-vis de la Russie et de l’Ukraine… Rien que pour le blé, une cinquantaine de pays en dépendent pour leur approvisionnement. Mais ce sont surtout les pays africains qui préoccupent les experts. « 45 pays africains et pays les moins avancés importent au moins un tiers de leur blé d’Ukraine ou de Russie ; et 18 de ces pays en importent au moins 50 %. Cela comprend des pays comme le Burkina Faso, l’Égypte (le plus grand importateur de blé au monde, ndlr), la République démocratique du Congo, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. “Nous devons faire tout notre possible pour empêcher un ouragan de famines et l’effondrement du système alimentaire mondial.”averti, soulignant que cette guerre aurait un impact “agresser les plus pauvres et semer les graines de l’instabilité politique et des troubles à travers le monde”.

En d’autres termes, le conflit russo-ukrainien fait planer le spectre d’une crise alimentaire pire que celle de 2008, notamment parce que Guterres rappelle que “Les prix des céréales ont déjà dépassé ceux du début du printemps arabe et des émeutes de la faim de 2007-2008.” Cette insécurité alimentaire mondiale, alimentée par les pénuries alimentaires et la hausse des prix des denrées alimentaires, continuera de croître tant que durera ce conflit. Et cela affaiblira davantage certains pays, voire les plongera dans la famine. Déjà, avant la guerre en Ukraine, il y avait environ 44 millions de personnes au bord de la famine dans le monde.

“L’invasion de l’Ukraine pourrait conduire à la pire crise alimentaire mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale”prévient le patron du PAM, David Beasley, devant le Conseil de sécurité des Nations unies.

Pandémie, guerre en Ukraine, inflation, crise alimentaire mondiale… : tels sont donc les ingrédients qui risquent d’alimenter des crises sociales majeures qui engloutiront plusieurs pays si les gouvernements restent passifs.

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