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petits clics et grosses claques derrière les applications numériques et les réseaux sociaux

Que cache la gratuité et la virtualité du numérique ? Invisibles, les ouvriers du clic suivez le travail bien réel et dévalorisé des livreurs, micro-travailleurs et modérateurs de contenus dans ce webdocumentaire très explicite de France TV Slash, à voir sur France 5, le lundi 11 avril à 21h

Commandez à distance et recevez-le en un seul clic ; poser des questions et obtenir des informations via Siri, Google, Apple ; naviguer sans être choqué sur les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou Instagram ; services qualifiants avec un pouce levé, un sourire ou un ricanement ; autant de gestes devenus naturels que l’on croit basés sur des algorithmes brillants, des processus automatiques, en un mot sur l’intelligence artificielle. Mais comme il y avait révélée en septembre 2019, l’enquête Au secours, mon patron est un algorithme. Dans “Enquête de trésorerie”assurance France 2Ces tâches sont souvent réalisées manuellement, dans l’ombre, par des tailleurs de chair et d’os, dont le travail (travail numérique) jugé éphémère et sans valeur, est très mal rémunéré.

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Invisibles, les ouvriers du clicsérie documentaire en quatre épisodes de 26 minutes, il revient avec des témoignages forts sur ces humains qui nourrissent les machines, tout en éclairant quelques solutions alternatives. Henri Poulain et Julien Goetz, à qui l’on doit la série bouche de données sont les auteurs et réalisateurs de ce webdocumentaire, primé par la Sacem en 2021 et par les Bangkok International Awards en 2020. Ils donneront successivement la parole à des livreurs Uber Eats, des micro-travailleurs payés une misère pour améliorer les algorithmes de Google et des modérateurs de contenus pour Facebook, exposé quotidiennement à des images d’une violence inouïe.

400 euros pour 60 à 70 heures de surveillance hebdomadaire

Alors qu’Uber Eats a réalisé un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros en 2018, les chauffeurs-livreurs à vélo guidés par un GPS pour voitures, les emmenant occasionnellement sur des rocades ou des autoroutes, continuent de risquer d’être payés uniquement à la commande. Un livreur dit travailler sans sécurité sociale en moyenne 60 à 70 heures par semaine pour gagner péniblement 400 euros.

Révélation inédite webdocumentaireles primes alléchantes de 40 euros n’existeraient plus que le dimanche entre 19h et 22h, à condition toutefois d’effectuer 15 livraisons dans les délais impartis, mission quasi impossible même en faisant totalement fi du code de la route ! “Invisibles, les travailleurs du clic” met en lumière ces conditions de travail d’une autre époque à partir de l’expérience d’Antonio Casilli, enseignant-chercheur à Télécom Paris Université. «Les chauffeurs, même en attente de commandes, produisent des données de géolocalisation collectées par Uber pour faire fonctionner le service et préparer des processus automatiques. Ils forment les futurs robots livreurs», souligne ce dernier.

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Entre 45 et 90 millions de microtravailleurs dans le monde

Comme aucune machine n’est encore vraiment capable d’auto-apprentissage et de raisonnement comme un être humain, les microtravailleurs de l’ombre aident les algorithmes à s’améliorer chaque jour. Sans contrat de travail mais signataires d’une clause de stricte confidentialité, ils effectuent des tâches répétitives.

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En France ce serait 260 000, parfois occasionnels. Dans le monde, ce serait entre 45 et 90 millions, révèle le documentaire. Sur notre territoire ou à l’autre bout de la planète, ils travaillent pour Disneyland Paris, des banques ou de grandes enseignes françaises, pour répondre au service client. Ils adaptent et personnalisent les modèles standards. Ils ont également fait des comparaisons simples pour Google au fil du temps : « accrocher une photo sans percer » est égal à “comment accrocher des tableaux sans percer”: la moutarde de Dijon équivaut à la moutarde de Dijon !

Face aux décapitations et viols d’enfants

Le documentaire Invisibles, les ouvriers du clic revient aux tâches des modérateurs de contenu, qui surveillent en permanence les images et les vidéos pour le compte de Facebook. Cependant, pour qu’un contenu soit modéré, il doit d’abord être signalé par un utilisateur. Le documentaire révèle que tant à Barcelone qu’à Dublin, les employés du géant américain signent un NDA (Non Disclosure Agreement), qui leur interdit de parler de leur travail, même avec leurs proches. Mais chaque jour, ils peuvent être confrontés à des images de meurtre, de suicide, de violence domestique, de racisme, de discrimination, de bestialité, ou parfois même de décapitation et de viol d’enfants. Beaucoup d’entre eux doivent prendre des anxiolytiques ou des antidépresseurs.

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Les temps de pause (5 minutes par heure) et de déjeuner (20 minutes) sont strictement réglementés, précise un animateur. Au premier trimestre 2019, Facebook comptait plus de 2,38 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois et 1,56 milliard chaque jour dans le monde, à voir… la vue du visage humain emporté par une volée de mitrailleuses.

Demain, le meilleur des deux mondes ?

Les services et applications gratuits ont leur face cachée. Chaque jour, à l’aide de balises d’évaluation (thumb, hashtag, emoji), nous entraînons par inadvertance des algorithmes “d’analyse des sentiments” et des intelligences artificielles qui effectuent la reconnaissance d’images. En sommes-nous pleinement conscients ? Pour enfoncer le clou, les réalisateurs rassemblent également les témoignages de deux anciens « linguistes » d’Apple/Cork qui révèlent le volume ahurissant d’enregistrements réalisés au hasard et à notre insu lors de nos conversations et échanges. Enfin, face à l’ubérisation et à la multiplication du travail à la pièce, le documentaire propose quelques solutions alternatives (coopératives de livraisonsyndicats etc. à cette économie numérique dont on commence à peine à comprendre les tenants et les aboutissants.

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