Pourquoi cette reprise de “Paris Match” ne passe pas sur PPDA

VIOLENCES SEXUELLES – « Au début je me suis dit, je ne dirai rien. C’est pas bien, cette couverture, mais au moins on parle de nous. […] Mais ce n’est pas bon. Cela n’arrive pas”. C’est avec ces mots que Cécile Delaruejournaliste et auteur, a réagi aux gros titres de fête parisienne, publié ce jeudi 7 avril. Le titre du magazine en couverture : « PPDA, sa nouvelle vie de paria ».

Sur Twitter, Cécile Delarue, qui avait dénoncé sur les pages de S’échapper le harcèlement sexuel qu’il avait subi de la part de l’animatrice de TF1, Patrick Poivre d’Arvor, a rappelé la réalité à laquelle sont confrontées les victimes de violences sexuelles en France. “Il m’a été envoyé de partout, cette Une […]. Il y a cet homme qui marche dans la rue et c’est pour ça qu’il est en photo dans tous les kiosques de France”, a-t-il prévenu.

«Je ne prends aucun plaisir à devoir à nouveau parler en public et l’ouvrir devant vous tous. Mais vraiment, tout cela n’est pas possible. Tout cela est trop injuste”, a-t-il insisté.

Réduit au « tribunal des médias »

“Cela dit qu’un homme accusé d’un crime par des dizaines de femmes, pardon, par des dizaines et des dizaines de femmes, peut encore se promener tranquillement dans les rues de notre belle France aujourd’hui”, a souligné le journaliste, invitant tous ceux qui passeraient devant cela. Première page pour penser aux “autres”, “terriblement nombreux, qui passent devant elle et voient encore et encore ce qu’ils ont pu souffrir de cette personne”.

« Il est injuste qu’ils soient réduits à ce « tribunal des médias », car ils n’ont plus aucun droit à la justice. Il est très tard. C’est prescrit. Ça ne change pas que c’est dégoûtant”, a poursuivi le journaliste.

Cinq mois après le début de l’affaire PPDA, en février 2021, le parquet de Nanterre a pris la décision de classer sans tracer l’enquête préliminaire pour infractions contre l’animateur de télévision, jugeant les faits dénoncés prescrits ou insuffisamment qualifiés.

Seules deux enquêtes sont en cours aujourd’hui.. Le 17 décembre, le parquet de Nanterre a indiqué ouvrir une enquête après la plainte pour viol de l’écrivain. porcelaine florentine. En parallèle, une seconde enquête avait été ouverte, toujours pour viol, à la suite d’une plainte déposée par une femme qui accusait le PPDA de l’avoir violée lors du Festival de Cannes 1985, alors qu’elle avait 23 ans.

Le présentateur de TF1 a toujours fermement démenti les accusations portées contre lui et a notamment bénéficié du soutien de son confrère. Jean Pierre Pernautet son ex-petite amie et collègue Claire Chazal.

“Il ne se passe pas une semaine sans que je parle à une nouvelle femme qui raconte des faits terrifiants”, raconte Cécile Delarue. “Aujourd’hui, je pense à celle qui m’a dit que pendant des décennies, elle ne supportait pas d’avoir la télévision allumée à 20 heures du soir de peur de voir le visage de son violeur dessus”, a-t-elle ajouté.

réactions multiples

Depuis la parution de l’hebdomadaire, plusieurs autres personnalités se sont également exprimées sur le réseau social. Journaliste de France Inter, Giulia Foïsqui avait relaté dans son livre « Soy uno de dos » le viol qu’elle a subi à l’âge de 20 ans, a jugé la couverture de fête parisienne particulièrement violent. « Un jour, j’ai vu le visage de l’homme qui m’a violée en première page d’un journal. En guise d’épigraphe il disait : “Ils ont foiré ma vie”. C’était dans le petit kiosque de la gare TGV. J’ai lu, j’avais envie de me jeter sous un train. Sinon, très bien, votre choix éditorial”, a-t-il écrit sur son compte Twitter.

L’écrivain et journaliste Adrien Borne a déclaré qu’il “attendait une couverture et un article de 4 pages sur ce qui arrive aux femmes qui se sont exprimées avec courage”. Puis il a complété : « Vous souvenez-vous ? Vous souvenez-vous de son nom ? […] Rien ne changera tant que le point de vue ne changera pas. « Sortez les mouchoirs, braves gens. Sa vie est devenue si triste. Les victimes? Bah, on s’en fout », a plaisanté l’écologiste avec nostalgie. Sandrine Rousseau.

Le 28 avril, France 2 diffusera une série de enquête exhaustive présenté par Tristan Waleckx, qui devrait s’intéresser entre autres à Patrick Poivre d’Arvor. Un documentaire intitulé “La chute d’un intouchable”.

Voir aussi dans Le HuffPost : « #MeTooPolitique : pourquoi le discours peine à se libérer »

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