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Pourquoi l’euro fait-il les frais de la guerre en Ukraine ? – 25/04/2022 à 08:00

Valérie Mignon

Valérie Mignon

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Le climat d'incertitude généré par la guerre entre la Russie et l'Ukraine se traduit par la marche des changements par une défense d'investisseurs qui investissent l'euro au profit de la valeur refuge que constitue le dollar.  (Crédits photos : - L. Grassin)

Le climat d’incertitude généré par la guerre entre la Russie et l’Ukraine se traduit par la marche des changements par une défense d’investisseurs qui investissent l’euro au profit de la valeur refuge que constitue le dollar. (Crédits photos : – L. Grassin)

La guerre en Ukraine et la nouvelle énergie géopolitique ont ravivé les tensions économiques et financières sur le Vieux Continent. Valérie Mignon explique pourquoi les effets négatifs sur la croissance européenne ont engendré un déficit de l’euro et le profit du dollar.

Importante près de 45 % du gaz et 30 % du pétrole de Russie, l’Europe fait face à un choc économique et énergétique majeur à la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine. La hausse des prix de l’énergie constitue un choc inflationniste qui se traduit, de fait, par une hausse des prix de la consommation à hauteur du poids des produits énergétiques dans l’indice général des prix. Cette inflation est alimentée par le comportement des entreprises qui ont de l’impact sur le prix des ventes afin de restaurer les marges, et par les ménages qui réclament des revalorisations salariales pour limiter le pourcentage de leur pouvoir. La consommation, l’investissement, l’emploi et, par conséquent, la croissance, sont également touchés. Ces impacts sont d’autant plus importants que la hausse des prix dépasse le secteur de l’énergie et concernent un très grand nombre de matières premières, à l’urgence des céréales et des métaux.

Les effets négatifs sur la croissance économique européenne engendrent à leur tour une défiance envers l’euro au profit du dollar. La chute de la monnaie unique est non seulement liée à la proximité géographique de l’Europe avec la zone des combats, mais aussi à la très forte dépendance des économies européennes aux hydrocarbures russes. L’accentuation de la dépréciation de l’euro par rapport au billet vert s’explique par deux principales raisons.

Tout d’abord, le climat d’incertitude généré par la guerre entre la Russie et l’Ukraine se traduit par la marche des changements pour une défense des investisseurs envers l’euro au profit de la valeur refuge que constitue le dollar. En tant que monnaie de réserve mondiale, le devis américain est le plus liquide et le plus facile à échanger au niveau international, attirant les investisseurs en période d’incertitude. L’intensification du conflit russo-ukrainien ne renforce pas le dynamisme et le portrait des investisseurs de placements en euros. Les sanctions occidentales consistent à exclure des noms de banques russes de la plateforme interbancaire Swift pour empêcher toute transaction financière internationale ont en outre entraîné une forte demande de liquidités bénéficiant d’un dollar – renforçant d’autant plus sont poids face à la monnaie européenne.

Des marges de manœuvre réduites pour la BCE

Ensuite, les puissantes sanctions européennes à la probable de la Russie visant le secteur énergétique nourrissent les inquiétudes sur les marchés quantà l’économique de l’Europe. Sanctionner les exportations de gaz et de pétrole russes comprimerait en effet l’offre mondiale et alimenterait la hausse des prix des énergies. Les entreprises européennes s’exposent à des sanctions, affectant l’ensemble des prix à la consommation. La perspective d’une croissance économique européenne à Berne renforce le pessimisme des investisseurs en faveur de l’euro, accentuant sa dépréciation.

Le dévissage de l’euro face au billet vert alourdit la facture des pays européens liée à la hausse des prix de l’énergie et, en particulier, du pétrole, ces derniers étant principalement libellés en dollars. Ce renchérissement de la facture énergétique tire à son tour à la baisse de la devise européenne via ses impacts sur la croissance. On between even dans une spirale qui s’auto-renforce.

Face à la hausse du prix de l’énergie et au ralentissement de la croissance, les marges de manœuvre de la Banque centrale européenne pour défendre la valeur de la monnaie sont très réduites. Si une hausse des taux d’intérêt permet d’augmenter la rémunération des avoirs exprimés en euros et d’attirer ainsi les investisseurs, l’augmentation des prix de l’énergie est à même de créer des pressions inflationnistes pouvant fortement entrever la croissance en Europe. Accroître les taux d’intérêt dans un tel contexte pénaliserait encore plus la croissance économique. Par conséquent, si la guerre en Ukraine s’inscrit dans la durée, un resserrement de la politique monétaire visant à renchérir l’euro n’est pas à attendre à court terme.

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