pratiquer la boxe, un autre combat contre la maladie

AA / Tunisie / Hend Abdessamad

Lenteur, rigidité ou tremblement, l’apparition de deux de ces trois signes est typique de la maladie de Parkinson, ces symptômes moteurs sont communément appelés la triade parkinsonienne.

La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer, caractérisée par la destruction des neurones dopaminergiques de la substantia nigra du cerveau, qui sont impliqués dans le contrôle des mouvements.

“Il s’agit d’une pathologie neurodégénérative chronique, qui entraîne des lésions progressives et sélectives des cellules cérébrales”, explique le professeur français Philippe Damier, neurologue et président du conseil scientifique de l’association France Parkinson, dans une interview publiée par le journal français Journal des femmes.

Le spécialiste précise : « Cette destruction prématurée progressive et irréversible de certains neurones de la substantia nigra du cerveau entraîne un déficit en dopamine. Celle-ci est alors à l’origine des symptômes classiques de la maladie : tremblements au repos, lenteur des mouvements et rigidité musculaire dite plastique”.

La personne atteinte de la triade motrice (lenteur, rigidité et tremblement), ressent une fatigue, un engourdissement, voire une sensation de blocage, jusqu’à l’impossibilité d’effectuer le moindre mouvement.

L’akinésie, qui est une lenteur, est le signe le plus courant de la maladie, où l’individu a des difficultés à initier des mouvements, en particulier des mouvements nécessitant de la précision et des mouvements semi-automatiques, comme la marche ou l’écriture.

Tendu, penché en avant, la tête baissée, c’est ainsi que s’observe la rigidité chez une personne atteinte de cette pathologie. Cette hypertonie, qui peut toucher tous les muscles du corps, conduit parfois à se pencher d’un côté, notamment en position assise.

Un tremblement lent, relativement régulier et peu étendu est le troisième signe qui apparaît après plusieurs années d’évolution de la maladie. Non comparable au tremblement essentiel, ce symptôme s’accentue au repos, c’est-à-dire lorsque le membre atteint ne participe à aucun mouvement, et inversement, si la personne amorce un mouvement, le tremblement s’arrête.

Les membres supérieurs sont généralement les plus touchés, c’est-à-dire la main et le poignet, cependant, cela ne peut affecter qu’un seul doigt.

“L’âge moyen au diagnostic est de 58 ans. La maladie ne réduit pas l’espérance de vie”, souligne l’Association française Parkinson sur son site officiel.

Depuis 1997, le 11 avril, jour anniversaire de la naissance de James Parkinson, est devenu la Journée mondiale de la maladie de Parkinson.

* Pourquoi la maladie de Parkinson

En 1817, le médecin britannique James Parkinson est entré dans l’histoire en décrivant avec précision la maladie alors inconnue de la paralysie due aux tremblements dans son essai “An Essay on Tremor Paralysis”, examinant l’un des six patients présentant des symptômes de la maladie et les observant pour recueillir les informations nécessaires pour votre étude.

60 ans plus tard, la pathologie a été rebaptisée en son honneur, une condition proposée par le neurologue français Jean-Martin Charcot.

Les causes de la maladie de Parkinson restent inconnues, malgré des années de recherche, les médecins évoquent l’hérédité et l’environnement.

Pour la plupart des cas, l’hypothèse de l’association de facteurs environnementaux et génétiques prédisposants est actuellement la plus plausible.

« Les causes de la maladie de Parkinson sont multiples, mais nous ne les avons pas encore toutes identifiées : nous savons que dans 10 à 15 % des cas il y a une origine génétique. Ensuite il y a un gène en cause, mais dans le reste des cas ils sont multifactoriels. : elle peut être à la fois génétique et liée à un facteur environnemental”, précise Philippe Damier.

Plusieurs spécialistes pointent un lien de causalité entre commotions cérébrales et répétition de traumatismes et chocs fréquents en boxe, rugby mais aussi football.

“Environ 30% des boxeurs développent des troubles neurologiques après leur carrière”, précise Jean-François Chermann, neurologue, spécialiste en France des commotions chez les sportifs, responsable de la consultation “Commotions cérébrales et sport”, dans son livre paru en 2010 “KO, le dossier troublant”.

Le 19 juillet 1996, aux Jeux olympiques d’Atlanta, le légendaire boxeur Mohamed Ali Clay, honoré pour avoir allumé la flamme olympique, expose sa maladie de Parkinson à la surprise de centaines de millions de téléspectateurs à travers le monde.

Cette apparition a suscité beaucoup d’émotions parmi ses fans.

Diagnostiqué à l’âge de 42 ans, l’apparition précoce de la maladie de Parkinson chez Clay a soulevé de fortes suspicions autour de la boxe aux yeux des médecins.

Dans son livre, Chermann raconte que Mohamed Ali “à la fin de son entraînement, a baissé sa garde et a demandé à son sparring-partner de le frapper sur la tête pour montrer qu’il était le plus fort”, avant de conclure qu'”il y a un lien entre son maladie actuelle et ce type de pratique.

*Boxe sans contact, pour un autre combat

Force, agilité et équilibre mais comment renforcer les trois piliers de l’appareil locomoteur chez une personne qui a du mal à se relever en cas de chute.

Rock Steady Boxing est une organisation américaine à but non lucratif qui propose un programme basé sur l’entraînement à la boxe sans contact, spécialement adapté aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson à un stade modéré ou sévère.

Combattre la pathologie au sens littéral et figuré est la devise de cette initiative.

La boxe exerce toute l’agilité du corps et de l’esprit en incitant la personne en mouvement à se déplacer à petits pas dans tous les sens sans trop penser aux pieds. Le bénéfice de cet exercice pour le corps et le cerveau est le fait de bouger les mains et les bras tout en maintenant l’équilibre du bas du corps.

Les séances de kinésithérapie basées sur la boxe sans contact, qui sollicitent à la fois des capacités physiques et des fonctions cognitives, visent à améliorer la démarche, la coordination des mouvements, la force, la dextérité, ou à stimuler l’attention par des jeux de mémoire associés au mouvement.

La lutte contre la maladie de Parkinson améliore le quotidien des patients, aide à mieux contrôler la maladie et pourrait même ralentir sa progression.

Le programme Rock Steady Boxing trouve ses origines dans des études menées entre 1980 et 1990 qui ont montré que des sports très physiques comme la boxe pouvaient aider de manière significative les personnes atteintes de la maladie.

Pour l’instant, la prise en charge des sujets atteints de la triade parkinsonienne repose principalement sur l’administration de dopamine, pour compenser les effets liés à la neurodégénérescence, ou d’autres traitements médicaux pour atténuer les symptômes non moteurs de la maladie.


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