PrEP, une révolution dans la lutte contre le VIH

Ce médicament, pris avant une relation sexuelle à risque, vous évite de contracter le VIH. explications.

Romain prend la PrEP depuis six mois. Pour ce Parisien de 27 ans qui travaille dans la communication, ce deal offre une sécurité supplémentaire qui le rassure, même s’il continue à utiliser des préservatifs lors des rapports sexuels.

“Un jour j’ai eu une relation à risque”, témoigne-t-il pour BFMTV.com. “C’était essentiellement un accident. Mon partenaire ne connaissait pas son statut sérologique et ne se souvenait pas de la date à laquelle il avait été testé pour la dernière fois.”

Romain panique et se rend aux urgences. On lui a alors prescrit un traitement d’urgence après une exposition au VIH. “Je me suis dit que je ne voulais plus jamais revivre ça”, se souvient Romain. Le jeune homme s’est alors tourné vers la PrEP.

Recommandé par l’OMS

acronyme en anglais prophylaxie pré-exposition (c’est-à-dire la prophylaxie pré-exposition), la PrEP est un traitement de prévention du VIH. Par conséquent, il est destiné aux personnes qui n’ont pas le VIH. C’est un traitement simple : il consiste à prendre un médicament antirétroviral par voie orale, continue ou intermittente.

Ce médicament associe deux antirétroviraux contre le VIH et son efficacité a été prouvée – il est même recommandé par l’OMS. “Ça bloque le cycle de réplication virale”, explique Nicolas Gateau, responsable du dossier minorités sexuelles de Sidaction et rédacteur en chef de revue croisée. “Il empêche le virus de se propager dans le corps. C’est le même principe que pour prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant.”

Médicament pris à heure fixe chaque jour de façon continue ou discontinue. Dans ce cas, il s’agit de deux comprimés vingt-quatre ou deux heures avant un rapport sexuel à risque, puis un comprimé vingt-quatre et un autre quarante-huit heures après un rapport sexuel. “L’utilisation discontinue est tout aussi efficace”, précise Nicolas Gateau.

L’effet négatif du Covid

Depuis sa sortie en mars 2017, quelque 40 000 personnes ont commencé à prendre ce traitement, indique Nicolas Gateau du Sidaction. Mais selon lui, la pandémie de Covid-19 et les deux dernières années de conditions sanitaires difficiles ont rendu difficile la propagation de la PrEP.

« Avant le Covid, ce médicament n’était disponible qu’en milieu hospitalier (à partir du 1er juin 2021, tous les médecins peuvent prescrire la PrEP, qui est également remboursée, rappelez-vous l’assurance maladie, NDLR) pour les services d’infectologie débordés par le Covid. Et puis le confinement a ralenti les rencontres, faisant perdre à certains l’habitude de prendre ce traitement.

C’est ce que confirme Sandrine Fournier, directrice du pôle financement, recherche et associations de Sidaction. « Cet outil était en cours de déploiement, avec une augmentation des prescriptions (20 000 personnes avaient débuté une prophylaxie pré-exposition en novembre 2019, selon l’ANSM, Note de l’éditeur). En 2020, ils avaient chuté de 17 % », déplore-t-il.

Si la PrEP était déjà une percée dans la lutte contre le VIH, la recherche a récemment fait un autre pas en avant. Une nouvelle formule de ce traitement préventif -déjà approuvée aux États-Unis- est actuellement distribuée au Brésil et en Afrique du Sud ; un programme soutenu par Unitaid.

“C’est une version injectable à action prolongée de la PrEP”, explique Nicolas Gateau. “Une injection tous les deux mois suffit pour que ce soit efficace. Les résultats sont plutôt positifs.”

Mais avant que cette nouvelle formule moins contraignante n’arrive en France, Nicolas Gateau souhaite que la PrEP soit plus largement distribuée. Tant au sein de la population masculine homosexuelle -qui représente plus de 40% des nouvelles contaminations, rappelle-t-il- que chez les professionnel(le)s du sexe, les personnes transgenres ou certaines femmes vulnérables, notamment en parcours migratoire.

“C’est un médicament destiné à toutes les personnes susceptibles d’être exposées au VIH. La PrEP devrait être plus largement adoptée”, insiste notre interlocuteur. Romain acquiesce : “C’est un traitement simple qui permet de se protéger et de protéger les autres.”

Pour rappel, la PrEP protège uniquement contre la transmission du VIH et non contre les autres infections sexuellement transmissibles.

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