Présidentielle en France, J-2 : dernières heures d’une campagne extraordinaire

Médias en ligne, actions sur le terrain, meetings : les candidats à la présidence française profitent des dernières heures de la campagne officielle du premier tour vendredi pour rappeler les électeurs dans l’espoir de convaincre les indécis et les éventuels abstentionnistes.

Après une ultime salve de meetings jeudi soir, la campagne s’achève vendredi à minuit (22h00 GMT) en métropole.

Les réunions publiques, la distribution de tracts et la propagande numérique des candidats seront interdites. Aucune interview, sondage ou résultat estimé ne peut être publié avant les résultats dimanche à 18h00 GMT.

Jeudi après-midi, 69% des 47,9 millions d’enveloppes électorales contenant les professions de foi des douze candidats avaient été distribuées dans les boîtes aux lettres des électeurs, selon le ministère de l’Intérieur.

En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et en Polynésie française où le vote est avancé à samedi, la campagne s’est terminée localement jeudi à minuit.

écart comblé

C’est la fin d’une campagne de premier tour extraordinaire pour le Vmoi République en vigueur depuis 1958 : figée par la crise du Covid-19 et engloutie par la guerre en Ukraine.

En faisant flamber les prix de l’énergie et de l’alimentation, le conflit a encore souligné l’urgence de donner aux Français des réponses à leur pouvoir d’achat, leur principale préoccupation.

Dans ce contexte, les intentions de vote mesurées par les sondeurs brossent un scénario identique à celui de 2017, avec Emmanuel Macron (La République en marche, LREM) et la candidate d’extrême droite Marine Le Pen qualifiés pour le second tour, et Emmanuel Macron vainqueur. . à la fin.

Mais est-ce garanti ? En cas de second tour Macron/Le Pen, le « front républicain » pour barrer la route au candidat de l’Association nationale (RN) pourrait se fissurer alors que le quinquennat a vu naître un courant « anti- macronisme” dans l’opinion publique.

Marine Le Pen, qui s’est efforcée d’adoucir son image même si son projet reste “radical” sur le plan migratoire et institutionnel, gagne 2 points en une semaine, à 22%.

Alors que les intentions de vote d’Emmanuel Macron, qui a fait campagne au moins, ont chuté d’autant, à 26%, selon le dernier baromètre OpinionWay-Kéa Partners publié hier jeudi.

Et l’écart se resserre au second tour : Emmanuel Macron devancerait Marine Le Pen de 53-47 %, contre 55-45 % il y a une semaine.

Lors d’un meeting à Perpignan (sud) jeudi soir, Marine Le Pen a jugé que “l’alternative est simple : soit ce sera la dilution dans un grand magma mondial à travers une Union européenne qui en est le prélude, soit l’affirmation de la Nation comme “l’espace le plus protecteur pour notre peuple”. Il s’en est pris exclusivement à Emmanuel Macron, un “boxeur abasourdi” par les crises.

Le candidat à la présidentielle soutient pour sa part dans le journal le parisien ce vendredi que les “fondamentaux” du candidat RN “n’ont pas changé : c’est un programme raciste, qui cherche à diviser la société et d’une grande brutalité”. “Marine Le Pen a un faux programme social, parce qu’elle ne le finance pas”, ajoute-t-il.

Troisième des intentions de vote avec environ 16%, le candidat La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon espère jouer les trouble-fête, évoquant la nécessité d’un “vote utile” qui permettrait à la gauche de monter au second tour.

Le taux d’abstention, qui pourrait atteindre voire dépasser le record de 28,4% en 2002 (22,2% en 2017), sera l’une des clés d’explication des résultats électoraux.

Stockage, péage, apéritif

Pour être visible jusqu’à la dernière minute dans les médias, Emmanuel Macron accorde une interview à la radio RTL au petit matin…

… et une autre à 19h00 sur le média en ligne Brut, prisé des jeunes.

Matinée diffusée pour Marine Le Pen également sur la radio Franceinfo de Perpignan, puis elle ira se recueillir devant le Mur des Français disparus en Algérie.

A droite, Valérie Pécresse, aux côtés d’environ 9% avec le candidat d’extrême droite Eric Zemmour, sera à Cairanne (Vaucluse, sud) pour discuter avec les vignerons…

Alors que Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France, 2%) effectuait une “opération péage” à Saint-Arnoult (Yvelines, banlieue parisienne) et se dirigeait vers le Mont-Valérien, un monument près de Paris à la mémoire des résistants et soldats français de la Seconde Guerre mondiale.

De son côté, l’écologiste Yannick Jadot (5%) visite à Lyon (centre-est) “la plus grande chaufferie biomasse publique de France”.

Toujours à gauche, le communiste Fabien Roussel (5%) organise un “Apéroussel de fin de campagne” à Paris, tandis que le candidat NPA Philippe Poutou et la candidate Lutte ouvrière Nathalie Arthaud (1% chacun) célèbrent leurs derniers meetings à Grenoble (centre-est) pour le premier et Rouen (nord) pour le second.

Leave a Comment