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Sahara : quel enjeu pour le briefing d’avril au Conseil de sécurité ?

Le Conseil de sécurité a prévu une réunion sur le Sahara le mercredi 20 avril 2022. Si cette réunion est habituellement cyclique et sans paris, la vérité est que la guerre en Ukraine et la réactivation du processus politique, inhérente aux tables rondes, Ils peuvent lui donner un ton particulier. Décodé.

La question du Sahara sera à nouveau sur la table du Conseil de sécurité, mais cette fois tous les regards seront tournés vers l’Ukraine… et l’Algérie. Ce sera le mercredi 20 avril, à New York, à l’occasion d’un briefing marqué par une présentation du représentant personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Staffan de Mistura, ainsi que du chef de la MINURSO, Alexander Ivanko . « Tout porte à croire que le ton sera positif. M. de Mistura devrait présenter les conclusions de sa première tournée dans la région, mais aussi annoncer une nouvelle visite, qui le conduira probablement aussi dans les provinces du sud”, indique une source diplomatique.

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Si Alexander Ivanko devra présenter un rapport technique sur la situation sur le terrain, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara devrait faire une présentation sur les conclusions de sa première tournée dans la région, organisée en janvier dernier. et définir le cap pour les étapes suivantes. Sur ce dossier, il annoncera probablement la relance du processus politique, inhérente au format des tables rondes auxquelles participent le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario. C’est le principal défi pour les prochaines étapes de la tournée Staffan de Mistura. Et pour cause, l’Algérie a formellement et officiellement exprimé son refus de participer aux tables rondes.

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Alger, rappelons-le, avait catégoriquement refusé de participer à ces réunions. Une semaine avant l’adoption de la résolution 2602 du Conseil de sécurité le 30 octobre 2021, un responsable algérien, l’hilarant Amar Belani, a déclaré à l’agence de presse étatique algérienne : “Nous confirmons notre rejet formel et irréversible de ce soi-disant format de table ronde”.

Si le régime pensait que son rejet des tables rondes impressionnerait les membres du Conseil de sécurité, il a été cruellement rappelé à l’ordre. Car ce “rejet irréversible” de la junte algérienne n’a eu aucun écho et la résolution 2602 exhorte l’Algérie à participer aux tables rondes. Que va faire l’Algérie maintenant que l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU s’apprête à relancer le processus politique ? Camper dans sa position contre-productive qui le bannit de la communauté internationale ? Faire profil bas et participer au processus de table ronde en arguant de votre volonté de « faciliter un dialogue entre le Royaume du Maroc et le Polisario » ? Etre plus tendu en surfant sur le fait que la guerre en Ukraine a transformé le Conseil de sécurité en champ de bataille et non en terrain d’entente ?

Le Maroc est dans une position confortable. Il considère que la résolution 2602 doit être la boussole qui définit le cours des négociations politiques. La présence de toutes les parties au conflit, notamment l’Algérie, à ces tables rondes est un préalable indispensable. « Pas l’Algérie, pas le Maroc ! », affirme cette source proche du dossier, qui explique que « l’Algérie pèse lourd dans cette affaire et chaque jour un peu plus sort de la manche. Vous gagneriez à établir un équilibre entre vos actions et vos paroles.

L’Algérie a officiellement rejeté la résolution 2602, alors qu’elle a été approuvée par 13 voix pour et 2 abstentions : la Russie et la Tunisie. Son engagement en tant que protagoniste du conflit du Sahara est flagrant. Preuve en est sa réaction hystérique au tournant historique pris par l’Espagne sur la question du Sahara, Madrid soutenant fermement la proposition marocaine d’autonomie comme seule base sérieuse et crédible pour résoudre le conflit. L’Algérie n’a pas hésité à appeler son ambassadeur à Madrid, a menacé de revoir les prix du gaz vendu à l’Espagne et de prendre d’autres mesures de rétorsion. Une réaction fulgurante et irrationnelle d’un pays qui crie sur tous les toits qu’il ne fait pas partie du conflit du Sahara atlantique.

Les tensions qui règnent aujourd’hui au Conseil de sécurité, transformé en champ d’affrontement entre les membres permanents après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, peuvent-elles peser sur la question du Sahara ? Rien ne le suggère à ce stade, d’autant que le briefing n’est pas sanctionné par une résolution.

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