Santé. Espaces verts, protection contre les AVC

En France, chaque année, selon le ministère de la Santé et des Solidarités, plus de 140 000 personnes sont victimes d’un AVC. chez les femmes, qui vivent plus longtemps, l’AVC est même la première cause de décès, devant le cancer du sein.

Pollution atmosphérique et sonore

Mais, quelle est la relation entre l’apparition de cette pathologie et l’environnement ? Existe-t-il un lien entre les AVC et un environnement plus vert près de chez vous ? C’est ce que les chercheurs espagnols ont voulu savoir. Il y a quelques années, cette équipe de l’Hospital del Mar, à Barcelone, avait déjà apporté la preuve de l’existence d’une relation entre les agressions atmosphériques et sonores et le risque de subir un AVC. Tous ces facteurs, Pollution de l’air et le bruit agissent comme des déclencheurs d’AVC selon les chercheurs. A cette occasion, ils ont voulu aller plus loin et comparer les données épidémiologiques avec la présence d’espaces verts. Leurs résultats ont été publiés début mars dans la revue “Environment International” (1).

L’impact des niveaux de particules

L’étude a pris en compte des informations sur l’exposition à trois polluants chez plus de 3,5 millions de personnes sélectionnées parmi les 7,5 millions d’habitants de Catalogne de plus de 18 ans, qui n’avaient pas subi d’accident vasculaire cérébral avant le début de l’étude (en 2017).

Plus précisément, l’équipe s’est penchée sur l’impact des niveaux de particules liées au trafic automobile : particules inférieures à 2,5 microns, dioxyde d’azote (NOdeux) et des particules de suie. Ils ont lié ce niveau au lieu de résidence de chacune des personnes étudiées. Le nombre et la densité des espaces verts dans un rayon de 300 mètres autour de leur habitation ont également été étudiés.

Le dioxyde d’azote est causé par le trafic routier.

Les résultats indiquent plusieurs choses, à commencer par une relation directe entre les niveaux accrus de NOdeux dans l’atmosphère et le risque d’AVC ischémique. Ainsi, pour chaque augmentation de 10 microgrammes (µg/m3), ce risque augmente de 4 %. Il en va de même avec les deux autres types de particules étudiées, le risque augmente. Ces chiffres sont les mêmes pour l’ensemble de la population, quels que soient les autres facteurs socio-économiques, l’âge ou le tabagisme”, expliquent les scientifiques dans l’étude. Le dioxyde d’azote est principalement causé par le trafic routier.

Réduction du stress, augmentation de l’activité physique.

Dès lors, les conclusions des chercheurs sont claires : « Si nous voulons vraiment réduire les risques multiples que ce polluant fait peser sur la santé des personnes, nous devons mettre en place des mesures audacieuses pour réduire l’utilisation de la voiture en ville. »

Une deuxième découverte est l’impact de la proximité des espaces verts autour de l’habitat. “Notre étude montre que les personnes qui sont entourées de plus de végétation dans leur lieu de résidence réduisent de 16% le risque de subir un AVC”, poursuivent les scientifiques. En général, l’exposition aux espaces verts est considérée comme ayant des effets bénéfiques à travers une variété de mécanismes, tels que la réduction du stress,Augmentation de l’activité physique et les contacts sociaux, et même l’exposition à un écosystème microbien enrichi ! La troisième leçon est plus militante.

« Nous devons parvenir à des villes plus durables »

L’étude a montré l’existence de risques dérivés de niveaux de concentration en particules inférieurs, en moyenne, à ceux établis par les autorités européennes, pourtant considérés comme sûrs ! “Malgré le respect des niveaux fixés par l’Union européenne, nous sommes confrontés au paradoxe qu’il existe toujours un risque pour la santé. Il existe une relation directe entre l’exposition aux polluants de notre environnement et le risque de subir un accident vasculaire cérébral », explique l’étude, avec cette phrase en guise de conclusion : « Nous devons nous efforcer d’avoir des villes et des villages plus durables pour y vivre, c’est le cas ne signifie pas augmenter votre risque de maladie ! »

(1) « La pollution de l’air et la végétation environnante en relation avec l’AVC ischémique : une étude de cohorte basée sur la population », publiée dans « Environnement International », mars 2022.

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