Serie A – Inter Milan – Hellas Vérone – Adrien Tameze : “Je m’amuse en Italie”

Il est partout, tout le temps. Cette saison, Adrien Tameze a disputé 31 matchs (20 titularisations, 11 apparitions) pour Hellas Verona en Serie A sans en perdre un seul. Et le milieu de terrain, qui parcourt en moyenne une bonne dizaine de kilomètres par match, est aussi le deuxième meilleur ramasseur de balles de son équipe. Igor Tudor, son entraîneur depuis septembre dernier, en a rapidement fait son couteau suisse. L’ancien niçois a évolué comme ça à presque tous les postes depuis l’entrejeu. Qu’est-ce qui altère ses performances ? Certainement pas.

Avec une moyenne de 6,41/10 au carnet de notes de La Gazzetta dello Sport, est l’un des meilleurs joueurs de Serie A à son poste. Sa capacité d’adaptation, son volume de jeu, sa tuerie, ses courses, sa technique : tout le monde est séduit par le Franco-Camerounais, qui est déjà annoncé dans le viseur du Napoli pour le prochain mercato estival. A 28 ans, Tameze s’éclate comme jamais en Italie.

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04/03/2022 à 20:56

Quatre buts, deux passes décisives et aucun match perdu… A 28 ans, réalisez-vous la meilleure saison de votre carrière ?

AT : Oui, j’ai l’impression d’avoir progressé dans beaucoup de domaines. Et c’est vrai que j’ai aussi dû évoluer en termes de statistiques. Cette année, j’ai marqué des buts et j’ai donné des passes décisives. Je suis content d’être à ce niveau aujourd’hui.

A Vérone, le journal “L’Arena” l’a récemment qualifié de “stakhanoviste de qualité”. C’est flatteur, non ?

AT : C’est évidemment très sympa. Quand vous faites de grandes choses et que les gens le remarquent, c’est amusant. Ça veut dire que je travaille bien, que je progresse. C’est la chose la plus importante pour moi.

Tu parcours 12 kilomètres par match et tu es le deuxième meilleur ramasseur de balles de ton équipe…

AT : On a un style de jeu qui nous oblige à faire beaucoup de kilomètres, on s’entraîne beaucoup pour ça. C’est aussi ce qui nous fait réaliser une telle saison.

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L’un de vos secrets réside-t-il précisément dans l’intensité de l’entraînement que vous avez suivi depuis votre arrivée en Italie ?

A. T : Si nous ne nous entraînions pas au rythme auquel nous avons joué le week-end, nous ne serions pas en mesure de jouer à des matchs comme celui-ci. On court beaucoup, on pousse beaucoup… On a un style de jeu particulier. Il faut s’entraîner avec intensité pendant la semaine, c’est important. C’est ce qui fait la différence.

Les joueurs français qui découvrent la Serie A pointent souvent de nombreuses différences avec la Ligue 1.

AT : C’est pareil de mon côté, on en parle souvent avec les autres joueurs français. Il y a beaucoup d’aspects qui diffèrent de ce qu’on a vu en France, notamment l’aspect tactique. C’est une combinaison de choses qui nous fait bien travailler en Italie.

Peux-tu nous parler d’un entraînement classique en Italie ?

AT : On fait beaucoup de travail physique sans ballon, avec des runs “secs”. Mais on travaille aussi la possession, le jeu, avec et sans tactique. On fait des séances très complètes tout au long de la semaine, où on peut trouver un mix de tout pour arriver au match. C’est beaucoup de travail.

La Serie A, un championnat que j’adore

Dans quels domaines avez-vous le plus progressé ?

AT : Je veux dire la concentration. Il me manquait un peu. Je pourrais jouer un grand match pendant 90 minutes et faire une erreur en 91. Je ne dis pas que je n’en fais pas plus aujourd’hui, mais beaucoup moins. Je sais que j’ai fait d’énormes progrès à ce niveau.

En un peu plus de deux ans, il a été formé par Gian Piero Gasperini et Ivan Juric, considéré comme son « élève ». Pouvez-vous nous les décrire ?

AT : J’ai toujours eu de bons entraîneurs. Mais c’est vrai que quand tu es arrivé en Italie, avoir ce style d’entraîneur a changé beaucoup de choses. Gasperini, par exemple, venait d’être choisi entraîneur de l’année en Serie A. Gasperini, Juric… J’ai eu la chance de pouvoir évoluer sous leurs ordres, j’ai beaucoup appris d’eux. Aujourd’hui, c’est la même chose avec Tudor ici.

Il faut dire qu’il fait des miracles depuis son arrivée sur le banc Hellas en septembre dernier…

AT : C’est un entraîneur intelligent, comme tous les entraîneurs en Italie. Il est très proche de ses joueurs. Ce que j’aime, c’est ce que ça m’a apporté sur le plan mental. Avec lui, nous sommes tous devenus plus forts. Même quand on ralentit un peu, on arrive toujours à trouver le truc pour qu’on continue à utiliser nos ressources. Je pense que c’est exceptionnel de pouvoir faire ça. Il a une voix qu’il porte sur le banc, il vous dit toujours : “Mais si tu peux, allons-y !”. Si je pense aux buts que j’ai marqués, c’était souvent en fin de match… Ce n’est pas anodin. Cette force vient de lui.

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La presse italienne met généralement en avant votre grande capacité d’adaptation à n’importe quel poste, du milieu de terrain à un poste plus avancé, mais avez-vous une préférence ?

AT : Je préfère toujours jouer au milieu. Plus tard, découvrir d’autres postes fait aussi évoluer mon jeu, même s’il n’est pas toujours facile de s’adapter. Mais quand on a des blessures ou des absences, le coach me dit : « j’ai besoin de toi à ce poste » et je le fais sans problème. Je suis une personne qui aime la tactique et j’ai toujours été intéressé par tous les postes. Notre style de jeu m’aide aussi car nous jouons souvent en tête-à-tête. Au final, mon match est basé sur mon adversaire direct.

“Si je peux jouer tous les matchs…”

Vous êtes arrivé en Italie dans une période difficile pour le pays (au début de la pandémie de Covid-19, ndlr), n’était-ce pas trop difficile ?

AT : C’est avant tout un pays et un championnat que j’ai adoré. Et que j’aime toujours. Ici je me sens épanoui et je continue à apprendre des choses. Je suis heureux.

Que pouvez-vous nous dire de vos coéquipiers Antonin Barak et Giovanni Simeone, qui ont également réalisé une belle saison à Hellas ?

AT : Ce sont vraiment des joueurs “top” et des gars “top”, ainsi que de grands professionnels. Ils s’entraînent sans relâche chaque jour, tout comme notre équipe. Ils savent nous faire sortir quand il le faut, c’est du très haut niveau.

Il compte sept points de retard sur la Lazio, sixième et provisoirement classé pour la conférence de la Ligue Europa. Est-il trop tard pour prétendre à un diplôme en Europe ?

AT : J’aimerais qu’on finisse le plus haut possible. Après, la Serie A est un championnat homogène, très serré et très compliqué. Soit par scudetto, descendance ou places en Europe. Il est difficile de savoir où une équipe peut finir.

Et sur le plan personnel, comment comptez-vous terminer la saison ? Pour l’instant, vous n’avez raté aucun match…

AT : J’aimerais le finir encore mieux, même s’il ne reste plus beaucoup de jeux. On va continuer à travailler pour bien finir. Si je peux jouer à tous les jeux, je le ferai avec grand plaisir (rires). Avec cette mentalité de devoir toujours donner plus sans jamais abandonner, cela me pousse à continuer dans cette voie.

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