Transmission. De “Sentinelles” à “Mister 8”, notre sélection du week-end

La série : « Sentinelles » à OCS

Dans la région de Mopti au Mali, la section du lieutenant Anaïs Collet, déployée dans le cadre de l’opération Barkhane, se consacre à la traque des terroristes. Mais une embuscade aux conséquences dramatiques ravive les tensions entre les militaires et la population malienne, qui accepte de moins en moins la présence française.

On a tendance à l’oublier avec la guerre en Ukraine, mais la France reste militairement engagée au Mali (pas pour longtemps pourtant, le 17 février, Emmanuel Macron officialise le retrait des militaires français du pays pour l’été et la fin de l’opération Barkhane) . Contrairement aux États-Unis, la fiction sur un conflit réel et en cours est extrêmement rare de ce côté-ci de l’Atlantique. Autant dire que la série « Sentinelles », présentée lors de la dernière Seriesmania à Lille et disponible sur OCS, relève du défi.

Mais un défi relevé d’une part grâce à son grand réalisme. Réalisme renforcé par la collaboration de l’armée française dans la production de la série. Un vrai changement de paradigme. « Le grand public connaît la police, la gendarmerie, mais très peu le monde militaire et les questions de défense, car il y a très peu de films et de séries sur notre univers. Il y a un vrai manque de connaissances qu’il faut combler, et la fiction peut être un outil”, explique Eve-Lise Blanc-Deleuze, cheffe de mission Cinéma et industries créatives du ministère des Armées, aux nouvelles de france. Du matériel et des uniformes militaires ont été fournis pour la production de la série (tournée en partie au Maroc), tandis que les acteurs s’exerçaient dans des casernes en France.

Pour autant, la série n’est pas une hagiographie de l’armée, et n’hésite pas à aborder des sujets comme la consommation de drogue ou les conséquences d’une bourde. Car « Sentinelles », c’est aussi un portrait de la France et de sa jeunesse. Sous le commandement du lieutenant Anaïs Collet (Pauline Parigot), l’une des rares femmes officiers de l’armée, se trouve un caporal musulman noir, Martial Mendy (Birane Ba), fils d’un éminent général blanc, Julien Ravalet (Louis Peres). . , et un militaire d’origine maghrébine Saadi Djibril (Samy Seghir). “L’armée française a presque toujours été beaucoup plus multiculturelle que les autres secteurs de la société”, dit Frédéric Krivineà l’origine de la saga historique A French Village, et scénariste de “Sentinelles” avec son créateur Thibault Valetoux.

Entre portrait de la France, politique-fiction et cinéma d’action (le premier épisode met ainsi en scène une caméra plutôt tendue), “Sentinelles” est un projet qui a des ambitions et parvient à les réaliser.

Le film d’animation : “Apollo 10 1/2 : Les fusées de mon enfance”

“Apollo 10 1/2 : Les fusées de mon enfance” raconte l’histoire du premier voyage sur la Lune de deux points de vue croisés. Le film raconte ainsi l’incroyable épopée de l’été 1969 à travers les yeux d’un garçon, Stan, qui vit à Houston, au Texas, mais qui se retrouve embarqué dans une mission spatiale secrète.

“Apollo 10 1/2 : Les fusées de mon enfance” est un film d’animation atypique. D’une part, parce qu’il utilise la technique de la rotoscopie, où le long métrage a d’abord été tourné en action réelle avant d’animer les images filmées. Une technique vue notamment dans « A Scanner Darkly » de Richard Linklater, qui a également réalisé cet « Apollo 10 1/2 : Rockets of My Childhood ».

D’autre part, parce que c’est “presque” un documentaire sur la vie des enfants américains dans les années 1960, comme… Richard Linklater, né en 1960 à Houston. Le film suit les aventures spatiales du jeune Stan ainsi que sa vie à l’école, ses samedis devant la télévision ou au parc d’attractions, dans les moindres détails. Un catalogue authentique renforcé par la narration de Jack Black (incarnant le Stan adulte), au ton entre nostalgie et une certaine forme de critique. A l’image de ce long métrage, qui sera surtout utile pour montrer la vie des années 60 aux plus jeunes.

L’autre série : “Monsieur 8” sur Canal+ Séries

Maria (Krista Kosonen), femme d’affaires indépendante, mène une vie bien organisée avec ses sept maris, un pour chaque jour : le coach sportif, l’humoriste, le poète romantique, le chasseur, le père de famille divorcé… Mais son monde change lorsqu’il tombe amoureux de Juho (Pekka Strang), un nouveau venu dans sa ville. Car cette dernière n’a qu’un seul but, être la seule relation de Maria.

La série finlandaise “Mister 8” se distingue par son esthétique soignée, entièrement en noir et blanc. Il marque aussi avec son intrigue, qui casse les codes de la comédie romantique, mettant une femme forte à la tête d’une cour de prétendants pas toujours très rusés. Celles-ci seront évidemment considérées comme les machinations de Juho pour se rapprocher de Maria. Sauf que ce dernier n’est pas dupe. À moins que…

Coup de coeur de nombreux festivaliers lors des Canneséries 2021, “Mister 8” a remporté le prix de la meilleure série longue durée et son acteur principal, Pekka Strang, pour son jeu d’acteur.

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