Un mauvais sommeil, un risque de développer la maladie d’Alzheimer, sérieux ? | salle de presse

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La maladie d’Alzheimer est la forme de démence la plus répandue, touchant la France actuellement près d’un million de personnes. Avec le vieillissement de la population, le nombre de cas devrait augmenter significativement dans les années à venir. En dehors des médicaments pour soulager les symptômes de la pathologie, il n’existe actuellement aucun traitement disponible. De nombreux travaux de recherche visent donc à améliorer la prévention et à retarder l’apparition de la maladie, en identifiant les facteurs de risque et en proposant des interventions pour réduire son impact.

Dans ce contexte, le sommeil est l’un des facteurs qui suscite beaucoup d’intérêt, des données suggérant qu’un mauvais sommeil pourrait être associé à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer. Ce message a d’ailleurs été très souvent repris dans les médias, parfois de manière assez alarmiste. Canal Détox fait le point sur l’état des connaissances.

Accumulation de protéines toxiques

Les problèmes de sommeil sont connus depuis longtemps pour être parmi les symptômes que les patients présentent fréquemment atteints de la maladie d’Alzheimer, dès les premiers stades de la maladie. Ces dernières années, un nombre croissant d’études suggèrent que la relation entre le sommeil et la maladie d’Alzheimer est, en fait, “bidirectionnelle”. Ainsi, les lésions typiques de la maladie s’accumulent dans les régions qui contrôlent le sommeil, et vont dégrader la qualité de ce dernier. Au contraire, les troubles du sommeil vont également augmenter le risque de développer la maladie en favorisant l’accumulation de protéines toxiques.

Les troubles du sommeil seraient donc un facteur de risque sur lequel il serait possible d’agir. De plus, ces troubles pourraient être un marqueur précoce de la maladie au stade préclinique, avant l’apparition des premiers troubles cognitifs.

Les données disponibles sont principalement basées sur des modèles animaux, en se concentrant sur les biomarqueurs les mieux caractérisés de la maladie : la présence d’agrégats de peptide β-amyloïde et de protéine tau dans le cerveau. diverses études ont montré que les animaux privés de sommeil avaient des niveaux élevés de ces protéines toxiques associées à la maladie d’Alzheimer. Chez l’homme, les données suggèrent que la privation de sommeil augmenterait les niveaux de peptide β-amyloïde et de protéine tau dans le liquide céphalo-rachidien[1].

Étudiez différents aspects du sommeil.

Dans ce contexte, une partie de la recherche se concentre désormais sur l’identification des mécanismes sous-jacents qui expliqueraient le lien entre les troubles du sommeil et le développement de la maladie.

Mais un autre problème se pose : il est encore difficile de dire avec certitude quels aspects du sommeil sont réellement décisifs pour prédire l’évolution de la maladie. La maladie d’Alzheimer est-elle davantage liée au manque de sommeil et aux nuits trop courtes, aux difficultés d’endormissement, voire aux nuits trop fragmentées ? Selon les scientifiques, il est important d’en savoir plus sur ce sujet, de mieux cibler les messages de santé publique et de définir des stratégies de prévention pertinentes.

Parmi les ouvrages significatifs sur le sujet, un étude 2013 ont montré que les personnes qui dormaient en moyenne moins de 6 heures par nuit avaient des quantités plus élevées de protéine β-amyloïde dans leur cerveau, ce qui suggère qu’une courte durée de sommeil peut augmenter le risque de maladie d’Alzheimer.

Ces résultats ont été confirmés par des études épidémiologiques, menées notamment au sein de l’Inserm, montrant que les personnes qui dorment mal (durée de sommeil inférieure ou égale à 6 heures par nuit) à l’âge de 50 ou 60 ans ont un risque à long terme plus élevé de développer une démence. Ces résultats suggèrent donc que la durée du sommeil pourrait être un paramètre important à prendre en compte dans la prévention de la maladie d’Alzheimer.

Il existe également des études qui se concentrent sur des troubles spécifiques, tels que apnée du sommeil ou insomnie – qui montrent un plus grand risque de développer des troubles cognitifs et/ou une plus grande vulnérabilité de certaines régions du cerveau aux lésions typiques de la maladie. Enfin, d’autres études ont montré que réfléchir constamment aux idées négatives, phénomène qui peut survenir notamment au moment du coucher, a également eu un effet néfaste dans le cerveau

Des interventions pour atténuer les risques ?

Pourtant, loin des gros titres fracassants qui font de la maladie d’Alzheimer une fatalité pour les jeunes ou les mauvais dormeurs, les scientifiques pensent que des interventions sont possibles pour moduler les risques liés aux troubles du sommeil.

Par exemple, plusieurs études sont en cours qui évaluent l’impact de l’activité physique ou de la réserve cognitive (correspondant à la capacité de résister ou de faire face aux changements cérébraux causés par le vieillissement ou la pathologie) sur la qualité du sommeil.

Des interventions telles que la pratique de la méditation sont également à l’étude pour prévenir la démence. UN étude pilote menée avec des participants experts, avec plus de 10 000 heures de pratique de la méditation, a montré que la méditation a un effet positif sur le vieillissement du cerveau. Cette pratique réduirait le stress, l’anxiété, les émotions négatives et les problèmes de sommeil qui ont tendance à augmenter avec l’âge. Ces résultats restent à confirmer et font l’objet d’un projet européen mené en Ils tombent avec des sujets âgés.

[1] Fluide dans lequel baignent le système nerveux central et la moelle épinière

Texte rédigé avec le soutien de Géraldine Rauchs, chercheuse au laboratoire Physiopathologie et Imagerie des Troubles Neurologiques (PhIND) – Physiopathologie et imagerie des maladies neurologiques (Unité 1237 Inserm/Université de Caen Normandie/Etablissement du Sang Français)

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