Un nouveau protocole d’IRMf en russe permet une cartographie préopératoire des zones linguistiques.

Des neurolinguistes de l’Université HSE, en collaboration avec des radiologues du Centre national médico-chirurgical de Pirogov, ont développé un protocole en langue russe pour l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), qui cartographie les différentes zones linguistiques avant les opérations neurochirurgicales. L’étude a été publiée dans Aux frontières des neurosciences humaines.

Lorsque les neurochirurgiens opèrent des tumeurs cérébrales, leur objectif est d’éliminer les tissus malades tout en préservant autant que possible les zones environnantes essentielles pour diverses fonctions motrices et cognitives, y compris le langage. La capacité à préserver les zones linguistiques détermine si le patient aura des problèmes de langage après l’opération et sera capable de communiquer facilement avec les autres, d’avoir un travail et de mener une vie normale.

L’emplacement exact des zones linguistiques diffère d’une personne à l’autre, de sorte que des méthodes spéciales doivent être utilisées pour les cartographier pour chaque patient. La méthode la plus précise est la stimulation électrique directe pendant la neurochirurgie. Mais parfois, le neurochirurgien a besoin de savoir à l’avance où se situent les zones linguistiques d’un patient donné afin de mieux planifier l’opération. Cette cartographie préopératoire est réalisée par IRM fonctionnelle ou IRMf. Dans un scanner IRM, le patient effectue des tâches liées au langage. L’analyse des données montre quelles zones du cerveau sont activées.

Jusqu’à présent, la plupart des protocoles de cartographie linguistique préopératoire utilisant cette méthode ont été développés en anglais. Des scientifiques de l’Université HSE ont développé le premier protocole d’IRMf en langue russe qui utilise une tâche linguistique recommandée par la communauté scientifique internationale : la complétion de phrases.

Le patient doit lire à haute voix une phrase dont il manque le dernier mot (par exemple, “Le public a vu un long métrage…”) et terminer la phrase par un mot approprié (par exemple, “jeu” ou “film”). Cette tâche est unique en ce qu’elle implique à la fois la production et la compréhension du langage au niveau de la phrase, permettant une cartographie complète des zones linguistiques du patient.

Les chercheurs ont validé le protocole dans un groupe témoin de 18 volontaires sains russophones âgés de 30 à 53 ans. Le protocole a permis de cartographier avec succès les zones linguistiques les plus importantes dans les lobes frontaux et temporaux du cerveau et de révéler la latéralisation individuelle de la fonction langagière, c’est-à-dire la mesure dans laquelle cette fonction dépend des hémisphères gauche et droit du cerveau. . Les chercheurs ont également démontré la grande fiabilité du protocole : chaque volontaire a subi la procédure deux fois à plusieurs semaines d’intervalle, et les résultats étaient similaires. Il s’agit du premier protocole en langue russe à avoir fait l’objet d’une validation aussi poussée.

La première étape de l’étude est terminée, démontrant la validité et la fiabilité du protocole dans le groupe contrôle. Nous sommes maintenant en train de faire la partie la plus importante : tester le protocole dans la pratique clinique, en l’utilisant pour la cartographie vocale préopératoire chez les patients atteints de tumeurs cérébrales et d’épilepsie. Nous prévoyons de tester si le protocole fonctionne aussi bien dans les groupes cliniques que dans le groupe témoin. Nous vérifierons dans quelle mesure ses résultats correspondent à ceux de la cartographie peropératoire et, par conséquent, dans quelle mesure elle doit être appliquée en pratique clinique. »

Svetlana Malyutina, chercheuse au HSE Center for Language and Brain et co-auteur de l’article.

La source :

Université nationale de la recherche – École supérieure d’économie

Référence magazine :

Elin, K. et coll. (2022).Un nouveau localisateur d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle pour la cartographie préopératoire du langage à l’aide d’une tâche d’achèvement de phrase : validité, choix de la condition de référence et fiabilité test-retest. Frontières en neurosciences humaines. doi.org/10.3389/fnhum.2022.791577.

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